Heavy Week-End – Jour 3 – 08.06.2025
Du chaos, des cris, de la sueur … et du bonheur.
Le soleil tape encore sur le site et c’est dans une ambiance électrique que s’ouvre le troisième jour. Aujourd’hui encore je laisse Pauline nous faire vivre les concerts depuis le premier rang où elle est restée derrière les crash barrière pendant des heures pour ne pas louper une seule note du festival.
Nothing More
Dès les premières minutes on comprend que le dimanche ne va pas être doux. Nothing More est un groupe américain fondé en 2003 dont le frontman Johnny Hopkins se transforme sur scène en véritable créature féroce. Entièrement peint de noir et de doré, il incarne une rage viscérale, une bête enragée qui rugit ses textes avec une intensité troublante. Nothing More bouscule les codes avec un son audacieux mêlant nu metal, rock alternatif et influences hardcore bien assumées. L’artiste puise cette puissance autant dans ses blessures personnelles que dans l’influence de son idole, Mark Portnoy, batteur légendaire de Dream Theater – groupe mythique qui a enflammé la scène la veille. Une présence d’autant plus symbolique que Portnoy incarne pour Hopkins une figure paternelle, musicale et humaine. La scène est une arène et Nothing More s’y donne avec rage. Le troisième jour est lancé.
Rise Of The Northstar
La fierté francilienne originaire de la région parisienne enchaîne avec une prestation aussi millimétrée que dévastatrice. C’est un groupe à part sur la scène metal. Fusionnant thrash metal, hip-hop et une passion assumée pour la culture japonaise, ils livrent un son percutant et une esthétique ultra marquée. Armés de riffs acérés et de rythmes tranchants, les cinq membres renvoient de l’énergie brute. En kimonos et casquettes vissées sur le crâne, ils montent sur scène comme on entre dans l’arène : prêts à en découdre. Leur univers est une explosion entre le flow urbain, la puissance du metal et la mise en scène guerrière d’un shõnen en furie. Leur nouvel album est annoncé avec fracas et le public, conquis, répond à chaque breakdown comme à un appel au combat. Le chaos est organisé, l’identité est forte et ROTN s’impose comme un poids lourd du metal français.
Mass Hysteria
Mais quand Mass Hysteria monte sur scène, c’est une autre ambiance qui s’installe. Ils jouent à domicile et ça se sent. L’énergie monte encore d’un cran, elle est brute, directe, sincère. C’est la famille. Mouss, fidèle à lui-même, se laisse défier par le public de boire une bière cul sec. Il le fait, pas une mais plusieurs fois, sous les cris et les rire. Un vrai moment de complicité. Mais entre deux gorgées le rouleau compresseur reprend : « Positive à bloc », « Chien De La casse », « vae Soli », « L’Enfer Des Dieux », « Plus Que Du Metal »… les classiques sont là et ça fait un bien fou. On attendait peut-être le classique « Furia » en fin de set, un morceau quasi incontournable jusqu’ici, mais qu’importe. Car Mass Hysteria c’est avant tout une claque scénique, une transe collective, et le bonheur de les voir enflammer la scène encore et toujours.
Slipknot
Et puis bien sûr le sommet du week-end : Slipknot. Il fait nuit. La tension est déjà palpable avant même la première note. Et ils arrivent brutalement, balançant d’entrée de jeu des titres comme « Sic », »People=Shit » ou encore « Wait And Bleed ». Explosion immédiate. Une fosse déjà en ébullition, des corps compressés contre les barrières, des bleus pour le lendemain. Des regrets ? Aucun, on ne s’est jamais sentis aussi vivants. L’énergie est monstrueuse, sauvage, incontrôlable. Et au-dessus de nous les slams n’ont jamais cessé. Une pluie de corps volants, ininterrompue, qui a clairement surpris une sécurité débordée, visiblement pas préparée à encaisser un tel raz-de-marée humain. Le chaos régnait et on s’y est abandonnés avec plaisir.
Photo : © Jonathan Weiner
C’est violent, c’est pur, c’est Slipknot et Eloy Casagrande (ex Sepultura) « nouveau » batteur récent de Slipknot est une machine de guerre qui gère très bien les morceaux avec une dynamique et une précision fantastique. On aime ça. Pour le rappel quoi de mieux que trois titres sortis du tout premier album, ce pourquoi ils ont revêtu leurs combinaisons rouges. Mais surprise, pour le premier, « Spit It Out », ils ont préféré nous prendre à revers en se passant du fameux « Jump Da Funk » de d’habitude qui fait se lever furieusement et d’un coup un public entier pour nous rentrer directement dedans avec « Surfacing ». Puis, contre toute attente, l’ultime piste du même album, qui dure pas moins de 15 minutes, symbolisant la folie démentielle et torturée dont fait visiblement toujours preuve Corey Taylor depuis les débuts de Slipknot. Un final lourd, lent, tordu, parfait écho à la tension de tout le set. Une sortie en silence bruyant. Un dernier frisson.
Heavy Week-end 2025, c’est de la folie brute, de l’émotion, de la complicité et des cris jusqu’au bout de la gorge. Une seule certitude : on en ressort secoués, lessivés… et heureux.
Le retour de Marie
La grosse frustration pour moi et d’autres copains photographes est de ne pas avoir été autorisés à shooter Slipknot. Seuls quelques élus ont eu ce privilège, c’est en effet la production du groupe qui a décidé et nous étions tous dépités d’assister au concert depuis les gradins et d’imaginer les clichés qu’on aurait pu faire en voyant les lumières et autres superbes visuels.
Je tiens à remercier tout particulièrement Olivier Garnier pour l’accréditation et la confiance renouvelée et Geoffrey de Label LN pour sa bienveillance et son accueil royal à l’espace presse.
Mais sinon je peux dire que cette année le Heavy Week-End a frappé fort avec 8.000 personnes le vendredi et le samedi et le double le dimanche. Ce festival n’a pas vocation à concurrencer les gros festivals qui attirent un public avide de découvertes et de choix. Ici les groupes sont plus mainstream et le rythme est plus tranquille, on ne court pas d’une scène à l’autre, on peut choisir la fosse ou les gradins. Avec cette année une ouverture vers des groupes plus jeunes, français aussi. Gérard Drouot Productions veut pérenniser ce format et les dates de l’édition 2026 ont été annoncées à la fin de la soirée. Alors rendez-vous les 5,6 et 7 juin 2026.
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