Report : Pauline — Photos : Marie d’Emm / My Rock Revolution
L’ambiance tranche avec celle de la veille. Les tenues sont plus décontractées, plus colorées aussi, et l’on aperçoit dans la foule de nombreux clins d’œil à l’esthétique fluo des années 90.
Sous un soleil enfin revenu, cette ultime journée peut commencer.

Shaârghot
Le Zénith bascule dans une cité cyberpunk
17h30. Une épaisse fumée verdâtre envahit lentement la scène. Dans cette brume surgissent deux créatures rappelant des mantes religieuses, dont les bras semblent remplacés par d’impressionnantes lames, installant d’emblée une atmosphère inquiétante.
Quelques instants plus tard, Shaârghot, accompagné de ses fidèles « Shadows », fait son entrée. Le groupe parisien de metal industriel aux influences post-apocalyptiques et cyberpunk est chargé d’ouvrir les hostilités. Une étape symbolique pour la formation, qui se produit pour la première fois sur la scène d’un Zénith.
Visages et corps peints de noir, costumes élaborés et univers dystopique : dès les premières minutes, le ton est donné. Porté par la présence scénique magnétique de Shaârghot, alias Étienne Bianchi, le groupe entraîne immédiatement le public dans son monde.
Les riffs puissants et les sonorités industrielles s’accompagnent d’une mise en scène spectaculaire, marquée notamment par une pluie d’étincelles jaillissant de la guitare de Brun’o Klose. À cette noirceur assumée s’ajoutent les facéties de Skarskin, dont les maladresses volontaires font désormais partie du spectacle et en ont fait un véritable souffre-douleur, autant qu’un personnage adoré du public.
Dans la fosse, l’immersion est totale : circle pits, sauts de gauche à droite au rythme du groupe, et même des danses sur le fameux titre Shake Your Body. Certains festivaliers profitent aussi de l’occasion pour se faire peindre le visage par des membres du groupe, prolongeant l’expérience bien au-delà de la scène.
Une ouverture intense et immersive, qui donne le ton et lance de la meilleure des manières cette dernière journée du Heavy Week-End 2026.
SHAÂRGHOT – X YEARS OF CHAOS – LIVE IN PARIS
Ice Nine Kills
Le cinéma d’horreur s’invite sur scène
À 18h30, c’est au tour d’Ice Nine Kills d’investir la scène. Le groupe de metalcore, à l’univers résolument cinématographique, plonge le public dans les grands classiques du film d’horreur, multipliant les références à Hannibal Lecter, Freddy Krueger, Joker ou encore aux œuvres d’Alfred Hitchcock.
Malheureusement, les photographes n’étaient pas autorisés à immortaliser cette prestation, pourtant particulièrement spectaculaire. Le groupe déploie une mise en scène soignée et immersive, où tronçonneuses, couteaux, mannequins et autres accessoires macabres se succèdent pour donner vie à son univers horrifique.
Le public a également droit à une apparition remarquée sur deux morceaux. Avec son emblématique chevelure bleue, la chanteuse Alissa White-Gluz rejoint le frontman Spencer Charnas pour un duo.
Spencer Charnas offre d’ailleurs une prestation impressionnante par sa maîtrise vocale, naviguant avec une étonnante facilité entre chant clair et growl, tout en s’intégrant parfaitement à cette mise en scène horrifique qui ne laisse aucun temps mort.
Ice Nine Kills x Dead by Daylight – Play Dead
Crédit photos : Heavy Week-End
Three Days Grace
Un metal alternatif taillé pour le live
À 20h00, les Canadiens de Three Days Grace prennent le relais sous le soleil couchant qui enveloppe le Zénith de Nancy. Après l’univers plus sombre et théâtral du groupe précédent, le ton change immédiatement : place à un metal alternatif efficace, direct et taillé pour le live.
Le groupe est visiblement très attendu par le public français, qui lui réserve un accueil particulièrement chaleureux. Dès les premiers morceaux, la fosse s’enflamme et reprend les paroles en chœur, notamment sur Animal I Have Become, créant une vraie communion entre scène et spectateurs.
Porté par une énergie communicative et un public totalement investi, Three Days Grace signe une prestation puissante et fédératrice, qui fait monter encore un peu plus l’intensité de la soirée.
J’ai particulièrement apprécié le duo entre Adam Gontier et Matt Walst au chant. Leur complémentarité fonctionne parfaitement sur scène, chacun trouvant naturellement sa place dans l’interprétation des morceaux. Le retour d’Adam Gontier au sein du groupe en 2024 n’est d’ailleurs pas passé inaperçu. Il a clairement ravivé quelque chose chez une partie du public, notamment chez ceux qui ont grandi avec les premiers albums du groupe.
Une forme de nostalgie assumée, presque générationnelle, qui a rendu ce moment encore plus fort et marquant dans le concert.
Three Days Grace – Don’t Wanna Go Home Tonight
Electric Callboy
Un final complètement débridé
22h00. Dernier jour, dernier concert pour cette édition du Heavy Week-End 2026. Pour une clôture qui se devait d’être marquante, c’est Electric Callboy qui s’y colle. Un final très attendu, prêt à faire exploser une dernière fois l’ambiance du festival et à offrir aux festivaliers une conclusion à la hauteur de ce week-end placé sous le signe du rock et du metal.
Le rideau marqué du mot Tanzneid tombe, et tout explose. Ce groupe, qu’on l’aime ou non, embarque forcément le public dans une ambiance atomique. Difficile, voire impossible, de rester à l’écart. L’énergie est telle qu’on se laisse rapidement happer par le show et son côté totalement débridé.
Mais pas seulement. Les circle pits et les walls of death embarquent également toute la fosse. Ce n’est plus une partie du public, mais bien l’ensemble qui se met à danser, sauter et pogoter sous des pyrotechnies bleues et vertes.
Canons à confettis, pluie d’étincelles et visuels accrocheurs s’ajoutent à cette ambiance totalement dingue, transformant ce final en véritable déferlante festive.
Joie et rires illuminent les visages des festivaliers, qui vont même jusqu’à se surprendre à glousser en chœur avec le groupe.
Les Allemands ont clairement la recette. Entre reprises de tubes revisitées façon électro, tout y passe : In Too Deep de Sum 41, All the Small Things de Blink-182, ou encore Bodies de Drowning Pool.
Le groupe pousse même le contraste encore plus loin avec une version acoustique de Everytime We Touch de Cascada, baignée dans la lumière de milliers de téléphones levés dans le public. Un moment suspendu, presque inattendu, qui bascule ensuite dans une montée en puissance totale, retrouvant une énergie électro survoltée pour la suite du morceau.
Le Zénith se transforme en immense boîte de nuit pour cette dernière soirée de festival, qui conclut une édition presque éclectique.
Electric Callboy – vidéo officielle
Voilà, le Heavy Week-End se termine. Le festival grandit d’année en année et s’impose sur la carte des rendez-vous incontournables, avec une programmation de qualité et une réelle volonté d’améliorer encore le confort du public.
Les dates de la prochaine édition sont déjà annoncées : ce sera les 4, 5 et 6 juin 2027. On a hâte de connaître l’affiche.
Encore un grand merci à Olivier Garnier chez Replica Promotion et à Gérard Drouot Productions pour la confiance, ainsi qu’à Geoffrey et Max de Label LN pour l’accueil à l’espace presse.
À lire aussi sur My Rock Revolution : notre live report du jour 2 du Heavy Week-End 2026, avec Nova Twins, Cavalera Conspiracy, Trivium et Gojira.









































































