Hellfest 2026 : Jour 4

Hellfest 2026 jour 4 à Clisson – live report MRR
🔥 Lecture rock’n’roll : 24 min chrono

Un report de Coralie, Clément et PK— Photos : Clément / My Rock Revolution

Au matin du quatrième jour, le Hellfest semble avoir filé trop vite. Après trois jours de concerts et des kilomètres parcourus entre les scènes, la fatigue se lit sur les visages. Pourtant, personne ne semble prêt à renoncer aux dernières heures de cette édition 2026.

Le site se remplit plus lentement que les jours précédents. Les festivaliers adaptent leur arrivée à la chaleur, cherchent l’ombre et économisent leurs forces. Face aux températures extrêmes, l’organisation prend une mesure inédite : aucun alcool fort n’est servi et les bières sont limitées à 25 cl par personne et par commande.

Silhouette ouvre cette dernière journée au Temple. En fin de soirée, The Offspring, Down et Mayhem assureront simultanément les derniers concerts de cette 19ème édition. D’ici là, les six scènes ont encore plusieurs heures de concerts et de bonheur à offrir aux festivaliers. 

Visuel MRR du Hellfest 2026 jour 4 avec Thy Light sur scène à Clisson

Silhouette — Temple | 11h05

Nouvelle recommandation de Clément, et nouvelle découverte du côté du Temple. Originaire de Montpellier, Silhouette compte parmi les groupes français programmés pour cette édition 2026.

Le sextet développe un black metal atmosphérique marqué par les variations d’intensité, mais ce sont surtout les deux voix qui retiennent mon attention. Le chant clair d’Ondine apporte des respirations aux interventions hurlées de Yharnam. Lorsqu’ils se répondent, ce contraste donne davantage de relief aux morceaux et rend le groupe immédiatement identifiable.

Malgré la chaleur déjà accablante, le Temple affiche une belle affluence dès le début de la journée. C’est sans doute l’une des images que je retiendrai de cette édition : quelles que soient l’heure et la température, les premières scènes trouvent leur public.

Le Hellfest 2026 m’aura permis d’élargir un peu plus mes découvertes du côté du black metal atmosphérique. Silhouette fait partie des groupes qui auront accompagné cette ouverture, et ce premier concert donne envie de poursuivre l’écoute après le festival.

Silhouette - L'Étreinte de la Chute (Single track)

Silhouette – L’Étreinte de la Chute

Midnight Odyssey — Temple | 12h15

Après Silhouette, le Temple accueille un projet beaucoup plus rare sur scène. Créé en 2007 par l’Australien Dis Pater et longtemps resté cantonné au studio, Midnight Odyssey est souvent présenté comme l’un des pionniers du cosmic black metal, avec une musique largement nourrie d’ambient. Midnight Odyssey n’a commencé à se produire en concert qu’en 2023.

Pour ce passage au Hellfest, Dis Pater assure le chant et la basse, entouré de deux guitaristes, tandis que la partie rythmique et les nappes atmosphériques reposent sur des samples. Cette configuration inhabituelle surprend dans un premier temps, mais elle correspond à une musique pensée comme un ensemble de longues progressions plutôt que comme une succession de morceaux.

Les guitares et les nappes installent lentement des ambiances cosmiques, parfois mélancoliques, interrompues par les hurlements de Dis Pater et quelques accélérations plus marquées. Midnight Odyssey ne cherche pas à provoquer une réaction instantanée : il faut accepter la durée des morceaux, la répétition de certains motifs et le peu de mouvement sur scène.

Sous la chaleur du Temple, le public reste pourtant attentif et presque immobile. Cette lenteur assumée finit par imposer un rythme très différent de celui du reste du festival. Une prestation exigeante, qui peut dérouter, mais dont la singularité tient précisément à cette manière de prendre le temps.

Thy Light — Temple | 13h35

Il arrive parfois, en festival, qu’un concert ne trouve tout simplement pas d’écho chez soi. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec Thy Light. Le depressive black metal est un univers extrêmement codifié, dont l’approche très sombre et introspective demande une sensibilité particulière. Malgré toute la qualité de la prestation, je n’ai pas réussi à y entrer suffisamment pour en parler avec le recul qu’elle mérite.

Plutôt que de livrer un avis qui ne serait ni juste ni représentatif de ce que proposait le groupe, j’ai préféré tendre le micro à quelqu’un qui a vécu ce concert de manière bien différente. Dioxeur, membre actif du Forum officiel du Hellfest, en a fait l’un des grands moments de son édition 2026. Voici son ressenti :

Le black metal n’est déjà pas le sous-genre le plus accessible du metal, alors le depressive black metal… Pourtant, c’est précisément là que nous emmène le groupe.

Thy Light, c’est une mélancolie profonde qui mêle des riffs de guitare déchirants, des nappes de piano funèbres et un chant de désespoir absolu. Et c’est exactement ça que je suis venu chercher en live. Voir ce groupe sur scène, c’est plus qu’un simple concert : c’est une expérience quasi rituelle et introspective, où toute la noirceur de l’existence se matérialise devant soi.

Le début du set exige une certaine patience. Le groupe prend son temps pour installer une atmosphère digne de ce nom. Mais dès que les premiers riffs et les claviers s’élèvent, on se fait littéralement absorber par la musique. La lenteur se transforme en transe, et la noirceur des morceaux devient presque réconfortante. Face à une telle intensité, il m’a été impossible de retenir mes larmes.

Fulci — Altar | 14h20

Direction l’Altar pour découvrir Fulci, formation italienne dont le nom rend hommage au réalisateur de films d’horreur Lucio Fulci. Après une introduction aux sonorités sombres et inquiétantes, le combo bascule rapidement vers un death metal massif, teinté de gothic doom et d’accents horrifiques.

Les riffs sont lourds, le chant particulièrement caverneux et les nombreux passages mid-tempo donnent immédiatement envie de secouer la tête. L’efficacité est là. Malgré une chaleur déjà écrasante, les premiers rangs répondent présents. L’audience se laisse porter par cette avalanche de gros riffs qui ne cherche pas la subtilité. Une prestation solide et brutale.

Black Veil Brides — Mainstage 2 | 16h00

Impossible de ne pas ressentir une certaine nostalgie en voyant Black Veil Brides investir la Mainstage 2. Pour beaucoup, le groupe a accompagné les années lycée et les premières découvertes du metal, devenant au fil du temps l’une des formations emblématiques de toute une génération.

Sous un soleil toujours aussi implacable, Andy Biersack affiche une forme éclatante. Charismatique et parfaitement à l’aise, le frontman entraîne avec lui une foule déjà acquise à sa cause. La setlist fait coexister anciens et nouveaux morceaux, comme « Bleeders », sans oublier les classiques qui ont construit la réputation du groupe. Dès les premières notes de « Knives and Pens » ou « We Stitch These Wounds », les voix s’élèvent naturellement dans les premiers rangs.

Puis vient « In the End ». Des milliers de festivaliers reprennent le refrain à l’unisson, transformant la Mainstage en immense chœur à ciel ouvert. Le nombre de voix qui accompagnent le groupe montre combien ce titre reste lié aux années lycée et aux premières découvertes du metal d’une partie du public.

Black Veil Brides, live at Hellfest Open Air 2026 – ARTE Concert

Black Veil Brides – Live at Hellfest Open Air 2026 | ARTE Concert

Gehenna — Temple | 16h50

Retour sous le Temple pour l’une des apparitions les plus rares de cette édition. Gehenna se produit peu sur scène et les amateurs du groupe ont répondu présents, même si l’affluence reste plus modeste que pour d’autres concerts de la journée. Les Norvégiens nous offrent un black metal pesant et malsain, teinté de death. Sanrabb assure le chant et la guitare avec une présence austère, tandis que Svartalv, à la basse, occupe davantage l’espace. En retrait, Sarcana apporte avec ses claviers une dimension plus mélodique à plusieurs morceaux et accompagne les séquences les plus aériennes avant de disparaître derrière les guitares lorsque les compositions gagnent en agressivité. Sous une chaleur toujours aussi difficile à supporter, le public reste peu démonstratif. Gehenna livre un concert sobre, sans effets de scène inutiles, qui repose avant tout sur les morceaux et leur interprétation.

Three Days Grace — Mainstage 2 | 17h45

Difficile d’imaginer ce dernier jour sans faire un détour par Three Days Grace. Depuis plus de vingt ans, les Canadiens accompagnent les hauts comme les bas de toute une génération, et il suffit d’observer les premiers rangs pour comprendre que leurs chansons occupent une place particulière dans le cœur de nombreux festivaliers.

Le retour d’Adam Gontier aux côtés de Matt Walst donne au concert une configuration particulière. Les deux chanteurs se partagent les morceaux sans chercher à occuper seuls le premier plan. Adam prend également le temps de remercier les autres membres d’avoir continué à faire vivre Three Days Grace durant son absence.

« Dominate », extrait de leur dernier album, ouvre le set avant de laisser rapidement place à « Animal I Have Become ». Les titres plus récents côtoient ainsi ceux qui ont construit la carrière du groupe, tandis que Neil Sanderson maintient une frappe régulière derrière les deux chanteurs.

Lorsque résonnent les premières notes de « I Hate Everything About You », les paroles sont immédiatement reprises à pleins poumons. Je l’avoue, il m’est difficile de ne pas me laisser emporter moi aussi. Le morceau conserve manifestement une résonance particulière pour une grande partie du public.

« Riot » vient conclure le concert après un set durant lequel plusieurs circle pits se sont formés dans la fosse. Les bras se lèvent et les voix accompagnent le groupe jusqu’aux dernières notes. La réaction du public montre combien les titres de Three Days Grace restent liés au parcours personnel de nombreux festivaliers.

Three Days Grace, live at Hellfest Open Air 2026 – ARTE Concert

Three Days Grace – Live at Hellfest Open Air 2026 | ARTE Concert

Rise Against — Mainstage 1 | 18h40

La Mainstage 1 poursuit sa journée avec l’un des groupes les plus attendus de cette édition. Depuis plus de vingt-cinq ans, Rise Against s’est imposé comme une référence du punk rock mélodique grâce à des morceaux aussi engagés qu’efficaces, devenus de véritables hymnes pour toute une génération. Dès leur arrivée sur scène, les Américains sont accueillis par une foule déjà entièrement acquise à leur cause.

Le groupe ouvre les hostilités avec « Re-Education (Through Labor) », avant d’enchaîner une succession de titres qui ne laissent aucun répit. « Satellite », « Give It All », « Ready to Fall » ou encore « Prayer of the Refugee » sont repris en chœur par des milliers de festivaliers, transformant la Mainstage en une immense chorale. Entre deux morceaux, Tim McIlrath échange avec le public avec cette simplicité qui caractérise le groupe, laissant la musique et les messages qu’elle porte occuper le premier plan.

Lorsque résonne « Swing Life Away », le public reprend presque intégralement le morceau avant que
« Savior » ne vienne conclure le concert
. Sans artifices ni démonstration inutile, Rise Against rappelle pourquoi il demeure l’une des figures incontournables du punk rock moderne. Une heure de communion portée par des chansons qui, pour beaucoup, n’ont pas pris une ride.

Rise Against - Savior (Official Music Video)

Rise Against – Savior

Marduk — Temple | 20h50

Après des heures passées sous une chaleur étouffante, le contraste est saisissant avec l’arrivée de Marduk sous le Temple. Les Suédois ne viennent pas offrir un moment de répit, mais plonger Clisson dans une atmosphère beaucoup plus sombre. Dès leur entrée en scène, le ton est donné : ici, aucune concession, seulement un black metal lancé à pleine vitesse.

Face à un Temple une nouvelle fois bien rempli, Mortuus impose immédiatement sa présence. Sans multiplier les prises de parole, le frontman laisse les morceaux parler d’eux-mêmes, porté par un groupe qui avance avec une rigueur impressionnante. Les blasts s’enchaînent sans faiblir, les guitares dessinent des lignes acérées et les ralentissements ponctuels ne font que préparer les accélérations suivantes.

L’esthétique reste fidèle à l’identité du groupe. Corpse paint, éclairages minimalistes et attitude austère suffisent à installer cette atmosphère particulière, où tout semble pensé pour servir la musique plutôt que le spectacle.

Sans chercher à modifier sa formule, Marduk s’appuie sur la vitesse, la précision d’exécution et une scénographie réduite à l’essentiel. Le groupe referme ainsi son passage sous le Temple avec la même froideur que celle qui traverse ses compositions.

Napalm Death — Altar | 21h55

Direction l’Altar pour retrouver l’une des formations les plus emblématiques de l’histoire du grindcore. J’avais initialement prévu de rejoindre la Mainstage pour assister au concert de Bad Omens, mais impossible de résister à l’appel de Napalm Death. Un choix que je ne regretterai pas une seconde.

Dès les premiers morceaux, les Britanniques enchaînent blasts, riffs acérés et titres expédiés à une vitesse folle. Derrière cette brutalité, le discours reste profondément engagé. Entre deux morceaux, Barney Greenway profite de chaque prise de parole pour rappeler les valeurs que défend le groupe depuis plus de quarante ans, dénonçant le fascisme et toutes les formes d’oppression avec une conviction intacte.

La setlist ne laisse aucun répit, portée notamment par « Narcissus », qui figure parmi les temps forts du concert. Mais alors que le groupe semble lancé, un imprévu vient écourter la prestation : visiblement diminué, le guitariste John Cooke est contraint de quitter la scène (malaise lié à la chaleur ?). Napalm Death adapte immédiatement la fin de son set et conclut avec « Nazi Punks Fuck Off », reprise des Dead Kennedys, avant l’inévitable « You Suffer ». Quelques secondes suffisent à provoquer une dernière réaction dans la fosse et à refermer un concert dont la fin n’était manifestement pas celle qui avait été prévue.

Mayhem — Temple | 23h15

Difficile d’imaginer une conclusion plus symbolique pour refermer la programmation du Temple. Plus de quarante ans après ses débuts, Mayhem continue de fasciner autant qu’il intrigue, et l’affluence devant la scène confirme que les Norvégiens restent une référence du black metal.

Les lumières s’éteignent, « Realm of Endless Misery » ouvre la cérémonie et, en quelques instants, l’atmosphère change du tout au tout. Fidèle à lui-même, Attila Csihar occupe la scène avec cette présence si singulière qui oscille entre théâtre et rituel. Ses murmures inquiétants succèdent à des hurlements déchirants, tandis que les musiciens déroulent un black metal d’une redoutable efficacité, sans jamais chercher à en rajouter.

La setlist fait la part belle aux différentes époques du groupe. Les morceaux récents trouvent naturellement leur place aux côtés de classiques comme « Freezing Moon », accueilli par une véritable ovation, ou encore « Buried by Time and Dust » et « Deathcrush », repris avec ferveur par les nombreux fidèles massés devant la scène. Malgré l’heure avancée et quatre jours de festival dans les jambes, le Temple ne semble rien avoir perdu de son intensité.

Lorsque résonnent les dernières notes de « Pure Fucking Armageddon », un sentiment particulier s’installe. Plus qu’un simple concert, Mayhem referme le chapitre du Temple avec une prestation fidèle à son héritage : sobre, glaciale et profondément habitée. Une manière idéale de tirer le rideau sur quatre jours passés au cœur des musiques extrêmes.

La seule modification rédactionnelle réelle est « refermer la programmation du Temple », plus exacte que « refermer les portes du Temple ».

Mayhem - Psywar - Wacken Open Air 2024 (LIVE)(OFFICIAL VIDEO)

Mayhem – Psywar – Wacken Open Air 2024

Clap de fin sur cette édition 2026 du Hellfest. Quatre journées intenses, marquées par une chaleur accablante, un site noir de monde et une succession de prestations qui auront une nouvelle fois confirmé la place unique qu’occupe le festival dans le paysage des musiques extrêmes. Entre les groupes cultes, les belles découvertes et les temps forts vécus devant les six scènes, cette cuvée laissera sans aucun doute de nombreux souvenirs aux festivaliers.
Comme chaque année, la fin du Hellfest s’accompagne d’un sentiment partagé. D’un côté, la satisfaction d’avoir vécu quatre jours hors du commun ; de l’autre, ce petit pincement au coeur au moment de quitter Clisson, avec la sensation que le week-end est passé beaucoup trop vite. Commence alors une nouvelle attente, longue de 361 jours, avant de retrouver la terre sainte.

Mais avant même que les derniers festivaliers ne reprennent la route, Ben Barbaud et son équipe ont offert un premier aperçu de la suite. Rendez-vous est d’ores et déjà donné du 17 au 20 juin 2027 pour célébrer les vingt ans du Hellfest à l’occasion d’une « Absolute Edition » qui s’annonce déjà comme un événement. Dix scènes, près de 300 groupes et une édition anniversaire présentée comme la plus ambitieuse de l’histoire du festival. Une seconde Warzone, une seconde Valley, une seconde Altar et une seconde Temple viendront s’ajouter aux scènes existantes, tandis que les deux Mainstages seront conservées.

Cette évolution ne concerne pas seulement le volume de concerts. Elle doit permettre d’aller plus loin dans la représentation des différentes scènes musicales et dans l’expérience proposée aux festivaliers. La circulation sur le site, le confort du public, l’adaptation aux fortes chaleurs, la scénographie et l’organisation des espaces feront également partie des enjeux de cette édition anniversaire.

Le Hellfest 2027 ne se présente donc pas uniquement comme une célébration des vingt années écoulées. Il ouvrira aussi une nouvelle ère pour le festival, avec une formule élargie dont le public sera le premier juge. Il n’en fallait pas davantage pour raviver l’impatience de milliers de festivaliers. Une chose est certaine, le compte à rebours vers le Hellfest 2027 est déjà lancé.

Le regard de Fred (PK)

En parallèle du parcours de Coralie et Clément, Fred (PK) a suivi une autre partie de la programmation dominicale. Voici son regard sur cette dernière journée du Hellfest 2026.

Scour — Temple | 11h05

La grande star du jour n’est pas Phil Anselmo, même s’il joue dans deux groupes aujourd’hui. En effet, certains iront le revoir plus tard sur la Valley au sein de Down… Non, la star du jour, c’est la canicule, avec des températures descendues à peine sous la barre des 30 °C durant la nuit et qui dépassent les 40 °C dès la fin de la matinée.

Cette dernière journée a d’ailleurs bien failli ne pas avoir lieu et on imagine que les discussions entre la préfecture et les organisateurs pour prendre la meilleure décision possible ont certainement écourté une nuit de sommeil déjà compliquée pour les personnes chargées de trancher. Au final, plutôt que de renvoyer environ 60 000 personnes sur les routes en plein cagnard, une décision inédite tombe : aucun alcool fort n’est vendu ce jour et les ventes de bière sont limitées à 25 cl par personne et par commande.

En tout cas, cette chaleur écrasante affecte également les artistes et le supergroupe Scour, composé de membres et d’anciens membres de Cattle Decapitation, Misery Index ou encore Agoraphobic Nosebleed, en plus de leur leader qu’on ne présente plus (pour de bonnes comme de mauvaises raisons, avouons-le).

S’ils jouent leur black metal teinté de death avec brio, ils restent très statiques. Phil Anselmo est celui qui se déplace le plus quand il n’est pas scotché à son pupitre pour lire les paroles. Petit geste plutôt sympathique, il lance ses feuilles de texte dans le public entre chaque morceau.

Musicalement, c’est dense, agressif et profondément malsain, avec une intensité qui aurait mérité davantage de folie sur scène. Mais avec cette chaleur intenable, on ne peut que comprendre que ce ne soit pas le cas. Phil excelle dans un registre vocal black et death, bien loin de ce que l’on a l’habitude d’entendre de sa part avec Pantera ou Down. Il maîtrise parfaitement cet exercice, hormis un moment où il oublie d’entrer sur l’un des morceaux, obligeant le groupe à interrompre le titre avant de le reprendre depuis le début.

Au final, une prestation convaincante dans une chaleur extrêmement rude. Le groupe prend le temps de saluer les fans et de distribuer quelques médiators et baguettes. Je pense malgré tout que la fin du concert est un soulagement, aussi bien pour eux que pour nous, tant la température sous le Temple est encore plus élevée qu’à l’extérieur.

Gehenna — Temple | 16h50

Groupe culte de la seconde vague du black metal norvégien, Gehenna aurait pu choisir de ne pas arborer le corpse paint ce jour-là… Mais peu leur importe. La qualité de leur maquillage pourrait rendre jalouse n’importe quelle actrice des plateaux d’Hollywood tant il résiste à la chaleur et à la transpiration.

Une fois encore, j’adresse beaucoup de respect au groupe pour cette prestation sous le chapiteau du Temple. La température y est telle qu’elle me pousse, après quelques morceaux, à aller reprendre un peu d’air avant de tenter un retour… finalement de courte durée. Je renoncerai en effet aux concerts sous tente jusqu’à la tombée de la nuit.

Pour les morceaux auxquels j’ai pu assister, Gehenna livre une belle prestation de black metal symphonique, portée notamment par les claviers de Sarcana, première claviériste du groupe, de retour depuis 2024.

Pennywise — Mainstage 1 | 15h45

Ma recherche d’un peu d’air me faisant errer à l’extérieur, mon oreille s’accroche à un son punk pas dégueulasse du tout qui reprend les premières notes de « Stand by Me », le tube intemporel de Ben E. King… Il s’agit de Pennywise, qui termine son set sur la Mainstage 1 devant un public dense et réceptif, avec une belle énergie.

Si je n’avais pas du tout prévu d’aller voir ces punks américains, j’y réfléchirai à deux fois si l’occasion se représente. En attendant, il me reste une séance de rattrapage grâce à ARTE Concert, qui a filmé et diffusé le show, et que vous pouvez retrouver sur son site ou sur YouTube.

Pennywise, live at Hellfest Open Air 2026 – ARTE Concert

Pennywise – Live at Hellfest Open Air 2026 | ARTE Concert

Agnostic Front — Warzone | 17h00

Ayant abandonné l’idée de retourner sous les chapiteaux de l’Altar et du Temple, c’est vers la Warzone que je me dirige pour aller voir Agnostic Front, l’un des fers de lance du punk hardcore américain depuis les années 1980 (avec une séparation dans les années 1990).

Si seuls deux membres historiques, Vinnie Stigma (guitare) et Roger Miret (chant), sont encore présents dans les rangs, c’est avec une rage intacte qu’ils interprètent leurs morceaux, accompagnés de leurs acolytes un peu plus jeunes, mais pas moins énervés.

Ce n’est certainement pas le soleil de plomb qui va freiner leur énergie. Au contraire, les New-Yorkais semblent s’en nourrir, tout comme le centre de la fosse où les traditionnels slams, circle pits et pogos s’enchaînent sans interruption.

Roger Miret adresse d’abord une petite dédicace aux Ramones avant d’entamer une reprise de « Blitzkrieg Bop » qui, même plus posée que les compositions du groupe, fait inévitablement mouche auprès du public.

Son dernier hommage est réservé à son compagnon de route Vinnie Stigma, fondateur d’Agnostic Front. Avant de quitter la scène, il lance : « We were Vinnie Stigma and he is Agnostic Front », sous les applaudissements d’un public conquis.

The Hives — Mainstage 1 | 18h25

Les Suédois de The Hives viennent fouler le sol de Clisson pour la première fois et je dois bien avouer que, si c’est un groupe pour lequel je n’aurais pas forcément payé ma place afin d’aller le voir spécifiquement en salle, c’est un réel plaisir de le retrouver à l’affiche du festival.

Le plaisir semble d’ailleurs partagé, tant Per Almqvist et sa bande s’amusent sur scène. Le frontman s’adresse régulièrement au public, en français qui plus est, avec un accent tout à fait charmant et beaucoup d’humour.

Le garage punk du groupe est taillé pour la scène et leurs plus grands titres, comme « Main Offender », « Hate to Say I Told You So » ou encore « Tick Tick Boom », sont balancés dans la bonne humeur et repris en chœur par un public qui participe volontiers aux singeries demandées par le frontman.

Les morceaux moins connus ne sont pas moins efficaces. Les refrains se retiennent très facilement et l’énergie déployée par les cinq compères est communicative.

Bien sûr, nous sommes loin des musiques extrêmes historiquement défendues par le festival et la présence de The Hives peut alimenter certains débats, généralement entretenus par des personnes qui ne viennent plus au Hellfest… ou qui n’y sont jamais venues. Mais soyons clairs : avec trois groupes qui jouent simultanément tout au long des journées, les habitués savent qu’il y a toujours une alternative correspondant davantage à leurs goûts. Et l’annonce faite en fin de festival ne fera qu’élargir encore ces possibilités.

The Hives _ Hellfest Festival jour 4 _ MRR

Mayhem — Temple | 23h15

Si The Offspring, déjà présent au festival en 2024, officie sur la Mainstage, certainement avec brio, je préfère pour ma part terminer ce Hellfest 2026 avec les maîtres du true black metal.

Mayhem nous accueille sous le Temple avec un décor permettant aux musiciens d’évoluer en hauteur sur les côtés de la scène, complété par un jeu de lumières sophistiqué qui met parfaitement en valeur les ambiances lugubres dégagées par leur musique.

Leur set mêle des titres issus de presque tous les albums du groupe, à l’exception, me semble-t-il, de Daemon. Je jubile d’ailleurs dès les premières notes de « View From Nihil », car jusqu’ici je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre ce morceau en live depuis le départ de Maniac en 2004. C’est donc l’occasion de le découvrir interprété par Attila, qui s’est totalement réapproprié les parties vocales, leur donnant une nouvelle saveur sans pour autant renier le travail de son prédécesseur.

Soyons clairs : il y a eu une flopée d’excellents chanteurs et chanteuses durant cette édition du Hellfest, mais en matière de chant saturé, Attila reste, à mes yeux, le patron. Il envoie ses vocalises malsaines, qui semblent venir autant de ses entrailles que des enfers, avec une maîtrise et une endurance qui paraissent inaccessibles au commun des mortels.

Necrobutcher, seul membre fondateur encore présent, est toujours aussi déchaîné sur scène tout en assurant ses lignes de basse sans faiblir. Même si elles se fondent parfois dans le mur de guitares de Teloch et Ghul, l’âme du groupe reste intacte. Quant à Hellhammer, ses blasts, rapides, précis et implacables, continuent d’impressionner. Lorsqu’il ralentit le tempo, c’est pour mettre encore davantage en valeur des riffs comme ceux de « Freezing Moon ».

Bien sûr, nous avons droit aux incontournables « Deathcrush » et « Pure Fucking Armageddon », certainement le plus ancien morceau du groupe, avec lequel Mayhem choisit de refermer un set captivant.

Une fois de plus — et c’est aussi la raison de ma présence devant cette scène plutôt qu’une autre — Mayhem rappelle pourquoi il demeure, à mes yeux, l’une des références absolues du true black metal.

Une petite notification sur l’application Hellfest annonçait une surprise à l’issue des derniers concerts. Nous savions déjà qu’il ne s’agirait pas d’un feu d’artifice, celui-ci ayant été interdit en raison de la canicule. En revanche, personne ne s’attendait à l’annonce qui allait suivre.

Pour célébrer ses 20 ans, le Hellfest accueillera en 2027 non plus six, mais dix scènes, portant la programmation à plus de 300 groupes, tout en conservant la même jauge de public afin de préserver la fluidité des déplacements sur le site.

Autant dire que cette édition anniversaire s’annonce déjà hors norme. Après quatre jours marqués par une chaleur extrême et une programmation une nouvelle fois exceptionnelle, le rendez-vous est déjà pris pour 2027.


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