Un report de Coralie et Clément — Photos : Clément / My Rock Revolution
La deuxième journée du Hellfest 2026 débute sous un soleil toujours écrasant, heureusement accompagné par moments d’une légère brise bienvenue.
À ce stade du festival, le programme de l’équipe My Rock Revolution est bien entendu déjà balisé. Les groupes à couvrir ont été repérés, les horaires croisés, les déplacements anticipés. Mais la richesse de la programmation impose forcément des choix : plusieurs concerts se chevauchent, certains accès photo restent limités (concerts sur liste) et chaque journée se construit aussi avec les contraintes du terrain.
Coralie et Clément abordent cette journée marathon avec un programme déjà bien chargé, épaulés par Fred, alias PK, qui complète ce report avec son propre regard depuis le public. Son parcours différent l’emmène sur plusieurs scènes, des concerts matinaux de l’Altar jusqu’aux grands rendez-vous des Mainstages.

Photo Daniel Tompkins Tesseract : Philippe Arcambeau
Killus — Temple — 12h15
Le Temple ouvre cette deuxième journée avec une formation que je découvre complètement, sur les conseils avisés de Clément, lui même sur les conseils encore plus avisés de Dr Popy. Une recommandation que je ne regretterai pas une seule seconde.
Avant même que les premières notes ne résonnent, Killus impose déjà son univers. Maquillages noir et blanc, crêtes dressées, silhouettes inquiétantes : les Espagnols de Villarreal, cultivent une esthétique à mi-chemin entre le shock rock et le cabaret macabre. Une identité visuelle forte qui trouve immédiatement son prolongement dans une musique aussi nerveuse qu’efficace. Sur scène, chacun semble animé d’une énergie inépuisable.
Derrière ses fûts, Anhell Stixx impressionne par la précision et l’aisance de son jeu. À la basse, Premutoxx ne cesse d’arpenter la scène, multipliant les allers-retours sans jamais laisser retomber l’intensité du show tout comme l’intenable Javi Ssagittar au chant.
Mêlant influences industrielles, touches électro dark et riffs puissants (de Rukatansky à la guitare), Killus propose une formule aussi singulière qu’efficace. Le public, pourtant réuni dès les premières heures de la journée, répond immédiatement présent. Les premiers headbangs se dessinent, les échanges entre le groupe et les festivaliers installent une véritable complicité, et l’ambiance monte rapidement d’un cran.
Pour une première découverte, le pari est largement réussi. Killus signe une prestation généreuse et intense qui mérite largement sa place parmi les belles surprises de cette édition 2026.
KILLUS feat. SUN – Déjà Vu
Brothers of Metal — Mainstage 2 — 12h50
À peine le temps de quitter le Temple que changement de décor sur la Mainstage 2. Nouveau groupe inconnu à mon répertoire, mais l’occasion est idéale de sortir de ma zone de confort.
Brothers of Metal assume pleinement son identité power metal aux influences nordiques. Entre les chœurs, les refrains épiques et les références à la mythologie viking, le groupe plonge rapidement le public dans son univers. À la tête de cette armée venue de Suède, Ylva Eriksson captive par une prestation puissante et parfaitement maîtrisée.
À ses côtés, Joakim Lindbäck Eriksson lui répond avec une complémentarité évidente, les deux voix se mêlant avec naturel tout au long du concert.
En arrivant au milieu du set, une chose saute immédiatement aux yeux : la foule est déjà particulièrement dense. Je dois bien l’admettre, j’avais largement sous-estimé la popularité de Brothers of Metal.
Actif depuis 2012, le groupe s’est forgé une solide réputation sur la scène power metal internationale, et cela se ressent sans difficulté devant la Mainstage.
Habituellement peu sensible à cette esthétique parfois jugée théâtrale, je me laisse pourtant rapidement embarquer.
Les musiciens prennent plaisir à communiquer avec le public, sans jamais tomber dans l’excès, tandis que Johan Johansson veille derrière sa batterie… accompagnée d’un étonnant ectoplasme qui semble avoir élu domicile parmi les toms. Une touche d’humour inattendue qui colle finalement assez bien à l’esprit décomplexé du groupe.
Sans révolutionner le genre, Brothers of Metal livre un concert fédérateur et sincère, porté par une énergie communicative qui fait rapidement oublier les quelques préjugés que je pouvais avoir avant leur passage.
Brothers Of Metal – Heavy Metal Viking
Sortilège — Mainstage 1 — 13h35
Place ensuite à une véritable institution du heavy metal français. Si l’on m’avait vendu Sortilège avec un enthousiasme plutôt mesuré avant le festival, le groupe parvient malgré tout à éveiller ma curiosité.
Dès les premiers morceaux, difficile de ne pas retrouver cette saveur si caractéristique du heavy metal des années 80. Les riffs rappellent instantanément cette époque où ce style dominait la scène, au point de me replonger dans quelques souvenirs de jeunesse passés manette en main sur Guitar Hero.
Sans chercher à moderniser sa formule, Sortilège assume pleinement son héritage. Sous une chaleur toujours aussi écrasante, le concert offre une parenthèse plus paisible au milieu d’une programmation particulièrement intense.
Installés dans l’herbe ou massés devant la Mainstage, les festivaliers profitent simplement du moment, bercés par ces sonorités intemporelles qui continuent de traverser les décennies.
La foule massée devant la scène témoigne à elle seule de ce côté intemporel, tous les âges se retrouvent à reprendre la totalité des paroles de chaque chanson du set en choeur, partant à tour de rôle chasser le dragon ou encore mourir pour une princesse, avec Zouille et ses comparses, merci pour ce moment Sortilège!
Sortilège – Colère
Bloodywood — Mainstage 2 — 15h55
S’il y a bien un concert qui attisait ma curiosité au cours de cette journée, c’était celui de Bloodywood. Il faut dire que voir un groupe indien sur les Mainstages du Hellfest reste suffisamment rare pour susciter l’intérêt. Le ton est donné dès l’ouverture avec Dana Dan.
Tous les musiciens entament le morceau dans une synchronisation presque militaire, leurs headbangs parfaitement coordonnés donnant immédiatement une puissance collective impressionnante. Mais Bloodywood ne se résume pas à son énergie scénique. Le groupe construit un univers où riffs massifs, rap, chants extrêmes et instruments traditionnels indiens cohabitent avec une étonnante fluidité.
L’arrivée de Sarthak Pahwa et de son dhol, percussion traditionnelle indienne encore très rare sur les scènes metal européennes, apporte une dimension supplémentaire à une identité musicale déjà particulièrement affirmée.
En pleine tournée mondiale, les musiciens de New Delhi démontrent pourquoi leur ascension ne doit rien au hasard. Bloodywood transforme rapidement la Mainstage en immense célébration collective : les mains frappent en rythme, les premiers pogos s’organisent tandis que les mélodies traditionnelles viennent se mêler à une section rythmique redoutablement efficace.
Impossible de rester immobile devant une telle décharge d’énergie. Bloodywood réussit le pari de réunir différentes cultures musicales sans jamais donner l’impression de forcer le trait. Une prestation aussi originale que fédératrice, qui s’impose sans difficulté parmi les grands moments de cette première moitié de journée.
Bloodywood – Nu Delhi (Live From London)
MØL — Temple — 16h45
Retour sous le Temple pour une nouvelle découverte. Avec MØL, je mets pour la première fois un nom sur un sous-genre dont j’avais déjà croisé les sonorités sans réellement savoir le définir : le blackgaze.
Le quintet danois propose une musique où la violence du black metal se fond dans les textures aériennes du shoegaze. Les déferlantes de blast beats et de guitares saturées laissent régulièrement place à des passages suspendus, presque contemplatifs avant de repartir dans une nouvelle accélération. Une dualité qui fait toute la richesse de leur identité musicale.
Sur scène, rien n’est laissé au hasard. Loin des codes traditionnels du black metal, les musiciens affichent une allure décontractée, presque ordinaire, qui tranche avec l’intensité émotionnelle de leur musique.
Face à eux, le Temple se transforme une nouvelle fois en véritable sanctuaire. Peu de mouvements, peu de démonstrations ; le public se laisse simplement porter par cette vague sonore, absorbé par les atmosphères que MØL déploie avec une maîtrise remarquable. Une prestation qui rappelle que le metal peut parfois frapper avec autant de délicatesse qu’avec violence.
MØL – Crush
Sylosis — Altar — 17h40
À peine le temps de quitter les nappes mélancoliques de MØL que l’Altar nous ramène brutalement à une réalité bien plus abrasive. Le contraste est saisissant.
Dès les premières mesures, Sylosis impose son identité avec une précision chirurgicale. Les Britanniques déroulent un death metal mélodique aux solides racines thrash, porté par des riffs d’une redoutable efficacité et une exécution irréprochable.
Josh Middleton mène les opérations avec l’assurance qu’on lui connaît, alternant parties vocales rageuses et interventions guitaristiques d’une grande finesse.
L’Altar affiche rapidement complet. Devant la scène, les premiers rangs s’animent au rythme des headbangs tandis que les circle pits se forment naturellement au fil du set. L’intensité ne retombe jamais, portée par un groupe qui enchaîne les morceaux avec une maîtrise impressionnante.
Ce qui frappe surtout chez Sylosis, c’est cette capacité à conjuguer technicité et efficacité. Derrière la complexité de certaines compositions, le groupe ne perd jamais de vue l’impact de ses morceaux en live. Chaque riff trouve sa place, chaque accélération déclenche une réaction immédiate dans le public.
Une démonstration de force qui confirme une nouvelle fois la place incontournable des Anglais sur la scène metal moderne.
Sylosis – Spared From The Guillotine
Carach Angren — Temple — 18h35
Retour sous le Temple pour une nouvelle recommandation de Clément, cette fois du côté du black metal symphonique. Un territoire que je connais encore très peu, mais qui allait une nouvelle fois me réserver une belle surprise.
Depuis plus de vingt ans, Carach Angren développe un univers où chaque album prend la forme d’un récit macabre. Fantômes, malédictions, meurtres et folklore hantent les compositions du trio néerlandais, qui pousse la dimension théâtrale jusque dans sa mise en scène. Grimés en squelettes, les musiciens donnent vie à cet imaginaire gothique dès leur entrée sur scène.
Musicalement, la richesse des orchestrations occupe une place essentielle. Les nappes de clavier d’Ardek apportent cette ampleur cinématographique qui caractérise le groupe, tandis que les accélérations fulgurantes de la batterie impressionnent par leur précision.
Dans le public, l’ambiance diffère des concerts plus frontaux de l’Altar. Ici, les festivaliers semblent presque hypnotisés. Les regards restent rivés vers la scène, les bras se lèvent à la fin des morceaux pour saluer les musiciens, mais l’attention portée à la musique prime largement sur l’agitation.
Carach Angren ne cherche pas à provoquer le chaos ; le groupe raconte une histoire, et le Temple semble suspendu à chacun de ses chapitres.
Si le black metal symphonique ne faisait pas partie de mes habitudes d’écoute, cette prestation aura largement contribué à élargir mes horizons. Comme souvent au Hellfest, il suffit parfois de se laisser guider par la curiosité pour repartir avec une découverte que l’on n’attendait pas, open your mind !
Carach Angren – Live at Hellfest Open Air 2026 – ARTE Concert
Rotting Christ — Temple — 20h35
À l’approche de la tombée de la nuit, le Temple se remplit peu à peu. Les lumières s’éteignent, un silence relatif s’installe, puis l’introduction retentit. Les premières notes de « Dies Irae » résonnent tandis que les musiciens prennent place sur scène.
En quelques instants, Rotting Christ plonge le public dans cette atmosphère si particulière qui fait sa réputation depuis 35 ans déjà.
Mené par l’immortel Sakis Tolis, le groupe grec impose immédiatement une présence scénique presque cérémonielle. Sans artifices, mais avec une autorité naturelle, les Athéniens déroulent un black metal aux accents mélodiques où se mêlent puissance, spiritualité et influences héritées des mythologies antiques. Chaque morceau semble prendre la forme d’un rituel auquel le Temple répond avec ferveur.
Malgré une chaleur qui ne faiblit toujours pas, les festivaliers répondent présents. Les bras se lèvent, les premiers slameurs apparaissent au-dessus de la fosse, tandis que les refrains sont repris en chœur par un public conquis. L’intensité ne retombe jamais.
La setlist traverse plusieurs décennies de carrière avec une aisance remarquable. « Non Serviam », véritable hymne du groupe, provoque une réaction immédiate dans le public, tandis que « King of a Stellar War » ou encore « Societas Satanas » rappellent toute l’étendue d’une discographie qui a profondément marqué l’histoire du black metal européen.
Rotting Christ livre une prestation à la hauteur de son statut. Une démonstration de maîtrise et d’expérience qui confirme une nouvelle fois pourquoi les Grecs demeurent une référence incontournable de la scène extrême.
Rotting Christ – Live at Hellfest Open Air 2026 – ARTE Concert
My Dying Bride — Temple — 22h45
Attendu depuis plusieurs années après son annulation en 2022, My Dying Bride faisait enfin son retour au Hellfest. Un rendez-vous que de nombreux festivaliers n’auraient manqué pour rien au monde tant les apparitions du groupe britannique se font rares.
Le contraste avec Rotting Christ est saisissant. Là où les Grecs libéraient une puissance presque rituelle, My Dying Bride choisit la retenue. Les compositions prennent leur temps, les guitares s’étirent dans une lenteur pesante et chaque note semble accentuer un peu plus cette mélancolie qui constitue l’ADN du doom britannique.
Ce soir, Aaron Stainthorpe laisse sa place à Mikko Kotamäki, chanteur de Swallow the Sun. Une absence qui pouvait susciter quelques interrogations, rapidement balayées par une prestation d’une grande justesse. Sa voix profonde épouse parfaitement les compositions du groupe et restitue toute la gravité émotionnelle de ce répertoire hors du temps.
Dans le Temple, l’ambiance est presque irréelle. Ici, nul besoin de pogos ou de circle pits : l’émotion suffit à captiver l’audience.
Rare, intense et profondément sincère, cette prestation de My Dying Bride s’impose comme l’un des grands moments d’émotion de cette deuxième journée.
My Dying Bride – The 2nd of Three Bells
Mastodon — Valley — 23h50
Dernier concert de la soirée pour nos équipes, et pas des moindres puisque cette deuxième journée s’achèvera sur la légendaire formation américaine, Mastodon.
Pour leur cinquième participation au Hellfest, les Américains attirent une foule considérable. L’ajout d’un clavier apporte encore davantage de richesse à des morceaux déjà particulièrement travaillés. Tout est exécuté avec une précision remarquable.
Les lumières hypnotiques accompagnent les longues montées en puissance et les riffs massifs qui font hocher les têtes à perte de vue. Mastodon transporte littéralement son public. Les flammes qui surgissent en façade de scène viennent réchauffer une soirée devenue plus fraîche. La conclusion sur « Blood and Thunder » laisse la Valley totalement conquise
Mastodon – Your Ghost Again (2026 Euro Tour Highlights)
Alors que les derniers concerts s’achèvent et que les festivaliers regagnent lentement le camping pour aller recharger les batteries — ou faire la chenille au Macumba jusqu’au bout de la nuit, au choix —, une seule idée occupe déjà les esprits : reprendre le chemin de la cathédrale dès le lendemain pour une troisième journée qui promet, elle aussi, son lot de moments inoubliables.
Un autre regard sur ce jour 2
Comme pour le premier jour, Fred, alias PK, apporte ici son regard de festivalier présent dans le public. Son vendredi ne suit pas le même itinéraire que celui de Coralie et Clément : il commence dès les premiers concerts de l’Altar, passe par la Warzone, la Valley et le Temple, avant de rejoindre les grands rendez-vous des Mainstages.
Impureza — Altar — 10h30
Il faut de la motivation pour aller voir Impureza, premier groupe à ouvrir les hostilités sous l’Altar à 10h30. Manque de bol l’ingé son façade a dû finir sa nuit un peu tard au Macumba, puisqu’il mettra un bon quart d’heure à nous sortir un son tout juste potable.
Ça fait long comme mise en place sonore sur un set de 30 minutes. On le sait tous, le son sur un festival est rarement bon avant le 3ème morceau, mais là le set de flamenco-death métal du quintet français en subit sérieusement les frais…
Qu’importe, le groupe qui n’a certainement pas les mêmes problèmes dans leurs retours se donne à fond, de même que leur danseuse qui exécute des danses hispaniques avec brio dans ses robes majestueuses. Esteban Martin le chanteur offre une bonne présence scéniques, de même que ses acolytes.
Plus de vingt ans qu’Impureza mélange son gros son death avec des nappes de guitares acoustiques flamenco et je ne peux que vous encourager à découvrir « Alcàzares » leur dernière offrande sortie l’an dernier via le label Season of Mist… Ou d’aller les voir en concert prochainement avec, nous l’espérons pour eux comme pour le public, des conditions sonores à la hauteur de leur talent.
Impureza – Covadonga

Gridiron — Warzone — 12h15
Rien de mieux pour se dégourdir que d’aller faire un tour à la Warzone. Le quintet de Gridiron monte sur scène et passé les 2 morceaux d’équilibrage sonore, nous pouvons profiter pleinement de la puissance du quintet américain qui nous joue un bon vieux hardcore des familles agrémenté de chant et paroles hip/hop.
On pense volontiers en les écoutant à Biohazard ou aux Australiens de Speed qui ont allumé la même scène avec autant de puissance 2 ans plus tôt. Bref, on en prend pour son grade, les pogos vont bon train et les amateurs de mosh ont l’occasion d’exécuter leurs meilleurs mouvements offrant un second spectacle en même temps que celui qui passe sur scène.
Gridiron n’a pas volé sa place sur l’affiche et nous passons un excellent moment quoique un peu court à ce moment de la journée où les sets ne durent que 30 minutes.
Gridiron – Lights Out
Crypta — Altar — 12h50
Fruit d’une scission des thrasheuses de Nervosa, Crypta offre une musique plus violente qui vire carrément vers le death metal. Une chose est sûre, les brésiliennes sont heureuses de se produire au Hellfest et nous le rendent bien, leur set de 40 minutes est plutôt agréable et même si mon cœur reste du côté de leur groupe d’origine, Fernanda Lira (basse et chant) et Luana Dametto (batterie) semblent bien parties pour s’écrire une nouvelle histoire pérenne avec Tainà Bergamaschi (guitare).
Bien que leurs 2 albums studios n’ont pas réussi à me convaincre, il faut avouer que leur musique sonne bien en live et c’est une Altar conquise qui verra les musiciennes quitter la scène.
Crypta – Live @ Bangers Open Air 2026
Ponte Del Diavolo — Temple — 13h35
Si la programmation du Hellfest sait nous faire plaisir avec des groupes dont la réputation n’est plus à faire ou avec les grandes sensations du moment, ses programmateurs s’appliquent également à nous présenter des groupes parfois un peu moins connus mais plein de surprises.
Ponte Del Diavolo en est une excellente ! Les italiens nous offrent un mélange assez atypique entre black metal, doom et post-punk avec des inspirations gothiques.
Pour la mise en œuvre, nous avons droit à un duo de bassistes aux parties intelligemment complémentaires, mises en valeur par le chant d’Erba del Diavolo qui mélange italien et anglais en chant clair, avec quelques pointes de saturations finement placées.
Dire que leur musique est sacrément bien foutue est un doux euphémisme et pour une fois que la guitare sert les basses et non l’inverse, voilà une figure bien à part et un groupe qui offre un son très personnel.
Histoire de pousser le bouchon un peu plus loin, certains morceaux sont agrémentés d’un tromboniste fou dont les apparitions se font autant remarquer que le magnifique sourire d’Erba et sa présence scénique ensorceleuse.
Vous l’aurez compris, cette découverte live est un véritable coup de cœur pour moi et je ne peux que vous inviter à découvrir ce groupe.
Ponte Del Diavolo – Every Tongue Has Its Thorns – Hellfest 2026
Dying Wish — Warzone — 16h45
S’il est une journée chargée en sourires, c’est bien celle-ci ! Et celui d’Emma Boster la frontwoman de Dying Wish est tout aussi communicatif que l’énergie dégagée par le quintet metalcore de ces américains.
Ça groove à mort provoquant du headbang impulsif et autres moshs car après tout chacun sa danse ou sa façon d’exprimer sa joie en plus du sourire ! En tout cas, impossible de rester de marbre face aux riffs et aux grooves sévèrement efficaces qui nous sont balancés avec énergie. Tous les musiciens se donnent à fond sur scène et Emma s’en donne à coeur joie de balancer des coups de pied en l’air en même temps que des growls furieux entre 2 passages en chant clair.
La Warzone est retournée et les commentaires du public s’extrayant à la fin du set sont unanimes : Nous venons de nous prendre une grosse baffe et on aurait bien tendu l’autre joue pour quelques minutes de chaos supplémentaires.
Dying Wish – I Don’t Belong Anywhere
Helloween — Mainstage 1 — 18h35
Helloween / Mainstage 1
Les légendaires maîtres du heavy métal allemands sont là et ils sont en forme ! Quel plaisir de voir le groupe sous sa forme que je qualifierai de la plus complète, puisque Michael Kiske et Kai Hansen sont présents et qu’il ne m’avait jamais été donné jusqu’à ce jour de voir le groupe sous cette forme.
Les duos de chants entre Michael Kiske et Andi Deris sont magiques, tout comme les parties à 3 guitares et les solos partagés. Le tout sur une setlist pleine de classiques comme « Future World », « We burn », « Ride the Sky », « I want out »… Là aussi, le plaisir est réel et les sourires partagés.
Que ce soit sur scène ou dans le public où tous les hymnes de Helloween sont repris en cœur, l’osmose est complète et il fait plaisir de voir ce groupe toujours aussi en forme après 42 ans de carrière.
Crédit Photos : © Philippe Archambeau
Iron Maiden — Mainstage 1 — 21h00
Une légende succède à une autre sur la mainstage 1 et c’est maintenant Iron Maiden qui en prend possession, comptant bien rappeler que pour ce qui est de faire chanter le public à l’unisson, ils sont les maîtres.
Certes Bruce Dickinson ne tient plus ses notes aussi longtemps que par le passé (j’ai le souvenir d’une performance digne d’entrer dans le livre des records en 2004), mais par contre niveau justesse, il a encore toute sa splendeur. La mise en scène est plus soft que certains de leurs shows passés mais nous avons toujours droit à quelques apparitions du mythique Eddie et globalement il y a toujours du mouvement sur scène.
Le set commence par des morceaux issus des 2 premiers albums initialement chantés par Paul Di’Anno avant d’entamer l’incontournable « The Number of the Beast » et d’autres joyeusetés comme « 2 Minutes to Midnight » ou « Run to the Hills »… Un set axé sur les grands tubes du groupe et c’est bien ce qu’attendent les fans, notamment lors d’un festival.
Finalement on revient au premier album avec le titre éponyme « Iron Maiden » puis les 6 membres du groupes quittent la scène quelques minutes avant de revenir inévitablement pour un rappel avec « Aces High », l’ultra attendue « Fear of the Dark » puis « Wasted Years ». Cette tête d’affiche du vendredi tient toutes ses promesses et c’est avec un petit pincement que nous les voyons s’éclipser de scène après avoir salué l’audience.
Iron Maiden – Things to see at EDDFEST…
Blood Incantation — Altar — 23h50
Si un prix devait être décerné pour le groupe dégageant l’atmosphère la plus mystique, Blood Incantation se verrait tout de suite décerner la Palme ! Le death métal du quatuor américain est en effet un curieux mélange entre du death old school ambiancé façon Morbid Angel et du rock progressif planant digne des meilleurs moments de Pink Floyd.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette alchimie des genres fonctionne à merveille et Blood Incantation nous embarque sans problème pendant une heure dans son univers brutal et psychédélique. Difficile d’en dire davantage sur ce show hors de l’espace et du temps, un tel moment se vit avec les sens mais est difficile à mettre en mots. Les fans du groupe me comprendront certainement…
Blood Incantation – The Stargate
The Dillinger Escape Plan — Warzone — 00h55
Aller de l’Altar à la Warzone peut prendre une vingtaine de minutes aux heures de pointe du week-end, mais à presque 1h du matin le vendredi soir, le parcours se fait sans embûches, surtout quand on est motivé pour ne pas rater le groupe culte qu’est The Dillinger Escape Plan !
S’ils démarrent un peu en retard, le moins que l’on puisse dire c’est que les américains ne font pas dans la dentelle…
Ayant vu un bon paquet de groupes de grind en live, je peux ce soir affirmer que certains font figure de easy listening en comparaison de la déflagration sonore qui nous est infligée. Comme si la violence auditive ne suffisait pas, ces grands absents depuis 2017, comptent visiblement rattraper le temps perdu ce soir et délivrent leurs structures alambiquées et très techniques en sautant dans tous les sens sur scène.
C’est Dimitri Minakakis, le chanteur originel du combo, qui officie pour ce retour du groupe et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est en colère… ou heureux… Certainement les 2 en fait…
L’énergie du groupe est communicative et la zone de pogos s’agrandissant au fil du set, il devient inévitable et jouissif d’y prendre part pour cette grande communion de violence sonore.
Difficile de terminer mieux une si belle journée de concerts, indéniablement remplie de belles surprises et découvertes autant que de performances plaisantes de groupes déjà connus.
À lire aussi sur My Rock Revolution : notre article sur le défi écoresponsable du Hellfest.






































































