Headbang Festival : une première qui s’impose

Head Bang Festival 2026
🔥 Lecture rock’n’roll : 10 min chrono

Présent sur le Headbang Festival 2026, My Rock Revolution n’a pas été en mesure de couvrir l’intégralité de l’événement comme initialement prévu, et nous nous en excusons. Nous vous proposons néanmoins un retour à travers le regard de Sixtine, qui revient sur plusieurs moments marquants de cette première édition. Les photos intégrées à l’article sont utilisées comme illustrations : elles proviennent d’autres concerts couverts par MRR et ne correspondent pas au Headbang Festival.

Le Headbang : un temple du metal dans le sud

Les médias sont nombreux à crier à qui veut l’entendre que le metal ne se résumerait quasiment qu’au Hellfest et que ce genre musical serait vieillissant. En dehors des grandes têtes d’affiche qui ont 20 ans de carrière et se sont installées durablement dans nos playlists, le metal, comme le rock, ne se renouvèlerait pas.

Pour autant, le metal en France ce n’est pas que le Hellfest. Pour autant, le metal en France ce n’est pas que Gojira. Pour autant, le metal en France, ce n’est pas qu’une niche musicale avec peu de public.

Preuve en est que les lieux spécialisés en metal persistent d’années en années et que les festivals dédiés à ce genre musical se multiplient de plus en plus. Sur les trois dernières années on a vu la montée en puissance de plusieurs groupes metal français qui ont conquis même à l’international. A croire que les médias mainstream ne sortent pas bien de chez eux.

D’ailleurs, très conscients de ce renouveau, les aixois du 6Mic se sont lancés dans la magnifique aventure du Headbang Festival. Il est temps de revenir sur l’évènement metal qui a marqué, dès sa première édition, le sud de la France.

Une line-up diversifiée

2 jours, 14 groupes, 2 scènes, c’était le pari du 6Mic d’Aix-en-Provence, pour lancer un événement métal majeur dans la droite lignée de ses « Headbang Club ». Et le pari est réussi !

Plus de 4.000 personnes se sont succédées dans cette structure, prouvant la présence et l’enthousiasme d’un public en quête de rendez-vous metal réguliers dans l’année.

4.000 personnes qui ont pu découvrir toute la diversité de la culture metal avec une programmation qui a mis un point d’honneur à représenter un maximum de sous genres (hardcore, black metal, électro metal,…) et à faire une balance maitrisée entre noms installés (Rise of the Northstar, Ten56, Carpenter Brut, Shaârgot,…) et  une scène émergente, voire même locale, (Aurore, Headbussa, Doodseskader, Yarostan,…).

Affiche du Headbang Festival 2026

Revenons sur les moments marquants de cette première édition

Rise of The Northstar (Jour 1) : ceux qui ne font rien à moitié

Evidemment, Rise of The Northstar était un des grands moments attendus de ce festival en étant LA tête d’affiche de la journée du Samedi. Et le public n’a pas été déçu.

Pourtant, cela n’était pas gagné ! Vithia (le chanteur) s’est blessé durant les balances, l’obligeant à passer son concert quasi intégralement assis, loin de l’énergie attendue pour un show de ce groupe.

Mais c’est dans ces moment que l’on reconnaît les grands de ce milieu : Vithia a démontré sa capacité à tenir ce set, à partager avec le public et à retourner la Grande Salle du 6Mic sans sourciller. Pendant ce temps le reste du groupe enchaîne sans faiblir et sans faire d’état d’âme face à leur frontman assis.

Le public lui est parti en vrille et s’est déchaîné à coup de classiques pogos, circle pit ou wall of death. Il était bien décidé à faire honneur à ce groupe qui, aujourd’hui, s’inscrit comme une référence de la scène métal française.

© Photos crédits : Ophélie Griffin

La setlist oscille admirablement entre les morceaux du dernier album et ceux plus anciens que le public hurle dans la fosse.

Pour les plus attentifs, ils auront pu remarquer une figure très connue dans le public : Flo, le chanteur de Landmvrks. C’était sans compter sur sa montée sur scène pour interpréter le titre « Back to basics ». Rise of the Northstar profitera aussi de la programmation de Ten56. pour interpréter avec Aaron Matts le titre « Nemesis ».

Au-delà d’offrir ces morceaux en live au public, ces featurings démontrent l’énorme collaboration de la scène metal française et sa solidarité pour grandir ensemble et faire évoluer le genre.

Finalement, le concert de Rise of The Northstar était attendu au tournant et le public en a eu pour son grade. Le public sort épuisé mais totalement conquis !

RISE OF THE NORTHSTAR - Back 2 Basics [feat LANDMVRKS] (OFFICIAL)

Rise Of The Northstar – Back 2 Basics (feat. Landmvrks)

Spleen (Jour 1) : L’émergence montpelliéraine

Spleen c’est le jeune groupe qui, après quelques scènes choisies, commence à faire parler de lui. Et il aurait été bien malvenu de louper une telle programmation sur la scène du Club.

Spleen, c’est une identité de projet maitrisée. Ils ne portent pas leur nom par hasard : dans un univers entre Metalcore, Hardcore et un soupçon de Deathcore, le groupe montpelliérain développe une atmosphère sombre, explorant les tréfonds de nos âmes dans un ensemble brut incroyable.

Ils ont su planter un décor pour entrainer directement le public dans leur univers : des chandeliers et un éclairage aux chandelles avant d’entamer un intro pesante et de lancer le show sur des musiques oppressantes telles que « Flatline » et « Hatred for everyone ».

Le public (y compris directement de Montpellier) est au rendez-vous et se retrouve immédiatement séduit par cette offre cathartique que propose le groupe.

Point culminant du show : le groupe invite les spectateurs à monter sur scène. Quelques jeunes montent, se déchaînent et, dans une belle allégorie du Spleen et l’Idéal, s’envolent spectaculairement dans le public montrant que même les côtés les plus tourmentés de l’être humain sont emplis de vie et ont toujours une part de lumière en face.

© Crédits Photos : Thierry Bouriat

SPLEEN - "Withering" Live at Headbang Festival

SPLEEN – Withering (Live at Headbang Festival)

Filmed by messy_gart 
Captured mix live by luanc.wav 
Mixed by vvv.productions

Aurore (Jour 1) :
Ceux qui ne seront pas « locaux » et « émergents » encore bien longtemps

Aurore, c’est le groupe qui jouait « à domicile ». Marseillais, ils s’imposent depuis quelques années sur la scène locale et font clairement parler d’eux depuis la sortie de leur album Sparks, une pure bombe, sorti en 2023 (le deuxième album devrait sortir début 2027). Nous les avions vus à Bordeaux lors de la tournée 2025 de Landmvrks en première partie et nous avions été impressionnés par leur prestation.

Ils ont de nouveau prouvé sur la scène de la Grande Salle du Headbang Festival que leur réputation était méritée avec un set plein d’énergie et d’envie.

La salle est déjà bien remplie et l’ambiance monte rapidement d’un cran. Dès les premiers morceaux, le public répond présent et les premiers mouvements de foule apparaissent au pied de la scène. Aurore déploie son mélange de metalcore, hardcore et touches nu metal avec une intensité constante, porté par des passages plus mélodiques qui viennent structurer l’ensemble.

Sur scène, l’énergie est immédiate. Les titres s’enchaînent sans temps mort et installent une dynamique qui ne retombe jamais. À quelques mètres de la scène, les pogos s’organisent naturellement, dans une fosse compacte et engagée.

Clément, le chanteur, descend de la scène pour venir au contact direct du public. Ce va-et-vient renforce une relation déjà bien installée avec les premiers rangs. Le groupe s’appuie clairement sur cette proximité pour maintenir la tension du set.

Une exécution solide, une présence scénique maîtrisée et une capacité à embarquer le public du début à la fin…

Aurore continue de filer comme une flèche vers le sommet et ceux qui disent que le metal manque de renouveau n’ont jamais vu un live d’Aurore ! Les absents regretteront dans peu de temps, de ne pas avoir profité de ce festival intimiste et accessible pour voir ces « stars » en puissance.

© Crédits Photos : Thierry Bouriat

Aurore - Ashes Season (Official music video)

Aurore – Ashes Season

Shaârgot (Jour 2) : La claque format industriel

Peu importe votre avis sur l’esthétique, si vous n’avez jamais vu Shaârgot en live :

  • Vous y remédiez de suite !
  • Vous ne pouvez pas dire que vous n’aimez pas.

Chose à laquelle je suis outrageusement sensible, Shaârgot pose un décor post-apocalyptique avec une direction artistique absolument incroyable sur scène. Tout est là, les décors baignés dans une lumière verdâtre inquiétante, les costumes et leurs masques à oxygènes, Skarskin qui badigeonne le premier rang de peinture noire. Ils n’ont rien lésiné, même pour ce festival à taille humaine.

Les premiers riffs retentissent et le public explose instantanément. Impossible de ne pas se laisser entraîner, autant par l’énergie et la scénographie du groupe que par le public en plein délire.

Chaque morceau est un tableau et Shaârgot nous a clairement kidnappés dans son univers. Qu’on ait été ou non d’accord au départ, on finit par se déchainer sur le danceflloor. On part à droite avec la foule, puis à gauche, on danse comme dans une transe et tout le monde a un sourire incroyable dans le public.

Sur cette scène, Shaârgot a rappelé pourquoi ils portent le titre d’Artistes ! Ils ont rappelé à tout le monde pourquoi on aime tellement la musique, pourquoi c’est un art et que le metal n’est pas une question de sous genre : quand c’est exceptionnel on aime forcément !

© Photos crédits : Ophélie Griffin

SHAÂRGHOT - TRADERS MUST DIE - X YEARS OF CHAOS - LIVE IN PARIS : LA CIGALE

SHAÂRGHOT – Traders Must Die (Live)

Harakiri for the sky (Jour 2) : l’émotion

Harakiri for the Sky clôturait cette journée du Dimanche mais également ce festival. C’était d’ailleurs un peu la déception d’avoir ce groupe en clôture sur un dimanche soir où beaucoup de festivaliers ont décidé de mettre les voiles en raison du lundi matin.

Parce que Harakiri for the Sky c’est une musique emplie d’émotion, une atmosphère mélancolique dans un post-black métal mélodique. On affronte des envolées aussi bien dans la voix du chanteur que dans les riffs de guitare.

Après autant d’énergie déployée sur deux jours, le public se pose face à ce moment poétique. Il y a une sorte de communion contemplative qui se laisse porter par des moments déchirants, de la douceur et de la rage contenue.

Il n’y avait pas de fioritures dans la scénographie, ni dans les tenues, mais qu’est-ce que c’était efficace ! Un talent brut que les Autrichiens ont déployé pendant 1h. La fin arrive à regrets et on doit s’arracher à ce moment suspendu qui nous a autant drainé que la journée de pogos.

Les absents ont clairement eu tort !

Harakiri For The Sky - Summer Breeze 2025 - ARTE Concert

Harakiri For The Sky – Live @ Summer Breeze 2025 (ARTE Concert)

Le Headbang : un festival ambitieux qui a tenu toutes ses promesses

Le Headbang annoncé une line-up ambitieuse mais extrêmement qualitative et ceux qui ont loupé cet événement peuvent s’en mordre les doigts.

Le festival a été en prime maitrisé de A à Z. Contrairement à de nombreux festivals, tout était clean et rapide : peu d’attente au bar, peu d’attente pour manger et pas d’attente aux toilettes (qui en prime étaient propres !). Une vraie leçon d’organisation.

Unique bémol de mon côté : des concerts qui se sont enchainés sans coupure sur toute la journée. Très frustrant car à un moment on doit avoir un break, aller manger, boire, aller aux toilettes, bref les pauses classiques pour un être humain. Il a donc fallu faire des impasses, louper des parties de sets pour survivre à ces deux jours et c’était dommage.

Peu importe les bémols, cette édition était incroyable. Mais surtout, les initiatives locales de ce genre de salles moyennes doivent être soutenues. Déjà pour que tout ne soit pas centralisé, mais parce que des salles comme le 6Mic font aussi vivre la scène locale toute l’année, proposent, risquent. Et, avec le Headbang, amènent des groupes d’envergure dans un festival accessible. Donc, soyez sur le pont, et prenez vos pré-ventes dès que possible pour la prochaine édition en mars 2027 !