Death Whore / Deez Nuts à L’Autre Canal

Death Whore + Deez Nuts à L’Autre Canal Nancy – live report
🔥 Lecture rock’n’roll : 7 min chrono

DEATH WHORE + DEEZ NUTS – L’Autre Canal NANCY – 27.11.2025

Je n’ai pas vu DEATH WHORE depuis octobre 2022, où ils avaient fait sensation en 1ère partie de BLOCKHEADS et KARRAS en présentant « Total Teutonic Torso » et « Death Whore », leurs 2 EPs dévastateurs au style si particulier.

J’ai attendu fébrilement la sortie de « Blood washes everything away » en mai, qui s’est imposé de mois en mois comme l’une des sorties Death Metal les + intéressantes de l’année et qui commence à avoir son petit succès à l’international – vous pouvez en redécouvrir la chronique ici

Hélas, j’ai réussi à rater la Release Party dudit album car la jauge du Club où ils jouaient a vite été dépassée. C’est dire si la promo s’annonçait bien. Après des mois d’écoute de ce petit bijou,  j’étais donc impatient d’assister à leur retour à l’AUTRE CANAL.

DEATH WHORE : Abyssus Abyssum invocat

DEAH WHORE prend donc possession de la scène devant un public qui n’attend que ça.

Baigné d’une lumière bleue qui renforce l’aspect sépulcral de leur musique, le trio présente les titres-phares de leur nouveau rouleau compresseur : « 12 Worm Wounds», « None are forgotten », mon favori « Infernal Terror Machine », Motorthreat ‘79 », « Inhaling the Dead » et « Noyé dans le Sang ».

Le reste de la Setlist est consacrée au 1er EP, avec « One Cut, one Knife », « Deceiver », le pachydermique « Violence », et « I’m into Murders ». En bonus, un petit détour vers le 2ème EP avec l’Industriel brutal de « Le Droit à l’Asphyxie » et un final idéal avec le désormais légendaire « Total Teutonic Torso ».


Le Death/Hardcore du répertoire fait des merveilles, comme d’habitude, car DEATH WHORE n’est pas seulement une Team de compositeurs pointus, il est évident à chaque Live que le projet est foncièrement taillé pour la scène. C’est tout l’art de l’épure : chaque note est pensée pour faire mouche.

Le basse-batterie-guitare est compact à souhait, le son massif et organique et les structures, de prime abord simples, révèlent vite leur lot de subtilités, truffées de breaks et de ralentissements, le guitariste et le bassiste se refilant sans cesse les accroches entre 2 riffs pour relancer la machine.

La basse saturée d’Antoine DUFFOUR, marteau pilon industriel, rappelle la grande époque du « Soul of a new Machine » de FEAR FACTORY.

La batterie de Pierre « Gorgor » SCHAFFNER, quant à elle, blaste mais peu, s‘évertuant à remettre à l’honneur le mid-tempo fondateur du Death des années 80 , des Beats d’une lourdeur quasi Doom et un jeu de cymbales et de roulements subtils. Si je devais me permettre une comparaison, j’oserais citer Pete SANDOVAL, qui a souvent montré avec MORBID ANGEL une créativité hors norme au service de l’ambiance et non de l’épate.

L’ensemble est soudé par les riffs de Fabien W. FURTER, qui vont toujours à l’essentiel, restent en tête et semblent couler de source alors que le groupe varie savamment les plaisirs  entre Death/Grind, Hardcore, Crust et Sludge.

Mais ce qui finit toujours de m’achever, ce sont les voix de Fabien et Antoine, grognements, grincements et cris à la texture travaillée, aux hauteurs et placements soignés : ils savent où placer le moindre Leitmotiv pour qu’il fasse le + mal possible, règlent leur questions-réponses au micron près et quand ils hurlent un refrain harmonisé, au mieux t’as les poils qui se dressent, au pire, tu perds tes cheveux.

Bref, j’ai encore pris ma claque, et DEATH WHORE reste le trio à double voix le + impressionnant que j’ai vu depuis le fabuleux « With all their Might » des anglais de DYSCARNATE.

Death Whore - "12 Worm Wounds" (OFFICIAL MUSIC VIDEO)

Death Whore – « 12 Worm Wounds » (OFFICIAL MUSIC VIDEO)

DEEZ NUTS : un tour d’horizon du Punk/Hardcore très complet

La tête d’affiche australienne monte sur scène et je découvre donc DEEZ NUTS pour la première fois. Je n’ai jamais entendu parler d’eux avant malgré leur déjà longue carrière mais on m’a prévenu que c’était un groupe réputé et fédérateur.

J’avoue ne pas être emballé tout de suite par le niveau du guitariste et du batteur, qui me semble plutôt simple, et j’en déduis bêtement que le Live risque d’être assez répétitif, mais la suite des événements me détrompera rapidement.

En revanche, le chanteur me gagne tout de suite par un capital sympathie évident, autant dans sa présence que dans sa gestuelle ou par son rapport au public. Étonnamment, il ne pousse pas sa voix comme un malade et multiplie les flows Hip-Hop ; il se met à me faire penser à Mike MUIR dans SUICIDAL TENDENCIES plutôt qu’au type de Hardcore que j’écoute habituellement, et c’est finalement ça qui remportera mon adhésion malgré ma réticence initiale vis à vis de la musique.

Le bassiste, quant à lui, tient sauvagement la baraque en faisant ronfler les riffs à mort et en assurant le côté bourrin du jeu de scène avec une attitude de tueur et des tonnes de choeurs hurlés dignes de TERROR.

Au fur et à mesure que la Setlist se déroule, je découvre que le guitariste assure des choeurs mélodiques souvent inattendus sur la moitié des morceaux qui contrastent avec les super gueulantes du bassiste ou les complètent.

Je découvrirai par la suite en écoutant les albums que le son de la guitare est beaucoup plus gonflé en studio car les pistes sont doublées et que c’est tout bêtement cette puissance qui m’aura manqué pendant le concert. Idem pour le batteur dont les beats me semblaient évidents mais qui s’avère plutôt futé dans ses roulements ou ses breaks.

Le groupe alterne donc Hardcore eighties, punk classique, refrains de stade, riffs simples et breaks  inspirés dans une mixture qui, si elle ne me convainc pas totalement sur scène, me donne envie de découvrir la discographie en rentrant.

Et c’est là que je comprends tout ce que j’ai raté sur place : tout est au service des voix et le groupe rend bel et bien hommage à des tas de styles punk différents. Même certains plans un peu Pub-Rock/Party Punk ne me dérangent plus une fois que je les redécouvre dans l’intégralité de l’oeuvre.

En étudiant la Setlist, je m’aperçois que le groupe a joué un Best of, allant de « Tonight We’re gonna party like there’s no Tomorrow », «I hustle everyday », « Stay true » et « Your Mother should’ve swallowed You » (issus de « Stay true », sorti en 2008) jusqu’à des nouveautés tirées de « Saudade », leur nouvel album paru le mois dernier : les Hits « ICU », « 5 Gold Chains », « Miss Me with that » et « Kill this Shit » sont justement les titres qui m’ont le + marqué durant le concert, et après plusieurs écoutes de la Playlist, je commence à trouver ce disque extrêmement plaisant et bien foutu.

DEEZ NUTS complète sa Setlist avec 5 chansons de l’opus précédent, qui date déjà de 2019 : « You got Me fucked up », « Singalong », « Crooked Smile », « On some Shit » et « DTDFL4eva », et 3 morceaux de 2013 à 2017 : « Popular Demand », « Face This on my own » et « Binge & Purgatory ».

Chose que j’ai trouvé intéressante sur place et qui ne vient pas des albums : chaque grappe de 3 ou 4 titres était séparée par un petit interlude instru Hip-Hop qui n’aurait pas dénoté sur un bon vieux CYPRESS HILL.

Moralité : quand on n’accroche pas forcément à la totalité du style d’un groupe en Live, ça vaut le coup de « donner une chance au produit » en allant jeter une oreille sur les productions.

Je regardais à certains moments autour de moi pendant le Live et j’ai saisi un paquet de sourires ravis sur le visage des fans et du chanteur, et c’est ça et le côté Rap et mélodie du groupe qui m’ont donné envie de creuser un peu l’affaire. Ça m’a permis de découvrir « Saudade », que je recommande vivement, et le reste de la discographie par rebond, qui m’a fait passer un chouette week-end.

DEEZ NUTS - Miss Me With That (OFFICIAL VIDEO)

DEEZ NUTS – Miss Me With That (OFFICIAL VIDEO)