Le Death Metal old school dans toute sa splendeur
DEATH WHORE
« Blood washes everything away »
NO GOOD TO ANYONE, DUALITY Records, SPECIFIC Recordings, CRYPT OF Dr. GORE, HECATOMBE Records
- Genre : Death Metal / Sludge
- Sortie le 16 Mai 2025
- Chronique : Roland GERMAIN
Line-Up :
- Pierre « Gorgor » SCHAFFNER : Batterie
- Antoine DUFFOUR : Basse
- Fabien W. FURTER : Guitare & Voix

Crédit photo © Charlotte Beaune
La Bio de DEATH WHORE nous promet une musique « punitive, sale, expéditive et jubilatoire, mélange de Death Metal et de Crust-Punk, filtré par l’urgence du Hardcore et l’intensité sonore du Sludge ». Ceux qui connaissent leurs 2 EPs ou les ont vus en Live savent déjà, pour leur plus grand bonheur, que cette déclaration d’intention est respectée à la virgule près.
Car ce disque est tout sauf la tentative légèrement maladroite qu’on est en droit d’attendre d’un premier album : en général, on se cherche encore, même si l’on a déjà passé des années à poncer ses riffs en répétitions et en Live.
Dans le cas de DEATH WHORE, non seulement il s’agit déjà du troisième chapitre de leur aventure discographique, mais le groupe est une réunion de spécialistes et ça s’entend dès la première note.
L’ORIGIN STORY :
Le batteur Pierre « Gorgor » SCHAFFNER (PHAZM et ex-IMPERIAL SODOMY) et le guitariste-chanteur Fabien W. FURTER (ex-PHAZM et CHAOS ECHOES, et fondateur des gigantesques WHEELFALL et du Label NO GOOD TO ANYONE) décident en 2019 d’unir leurs forces pour un nouveau projet.
Ils s’entourent de Thomas DUBILLARD (guitare et choeurs) et Pat MULOT (basse et choeurs) pour enregistrer une carte de visite de 7 titres en 2020, naturellement intitulée « Death Whore ».
En 2022, la formation passe en trio en accueillant le bassiste Antoine DUFFOUR (fondateur du groupe de Prog-Metal HYPNAGONE) et réalise « Total Teutonic Torso », un 8 titres qui enfonce le clou et s’impose comme l’un des incontournables Death de l’année.
Le Power Trio revient nous hanter ce mois-ci pour présenter son premier album officiel, « Blood washes everything away », disponible sur pas moins de 5 Labels différents : NO GOOD TO ANYONE, DUALITY Records, SPECIFIC Recordings et CRYPT OF Dr. GORE pour la France, ainsi que HECATOMBE Records pour l’Espagne.
LA PRODUCTION TEAM :
En grands défenseurs du D.I.Y., le groupe chapeaute création et réalisation de A à Z : Pierre « Gorgor » SCHAFFNER est aux manettes et enregistre et mixe l’album. Seul le Mastering sera confié à l’une de leurs idoles, James PLOTKIN, célèbre pour ses travaux avec OLD, KHANATE et PHANTOMSMASHER, ainsi que pour des milliers de Remixes et de Masterings.Enfin c’est Ethan Lee McCARTHY, leader de PRIMITIVE MAN et graphiste de renom, qui se charge du visuel de la pochette.
Le son est incroyable : colossal, immersif et faussement crade, il rend hommage à des décennies de Death Metal Oldschool et de monstres proto-Death : ça gronde, ça speede, mais surtout ça sait ramper, c’est une créature digne de la littérature de Clive BARKER, hybride et menaçante mais parfaite dans sa difformité, une tempête de brutalité, aux ralentissements écrasants comme un rouleau-compresseur, qui laisse l’impression d’avoir été enregistrée dans une crypte.
UN DEATH QUINTESSENTIEL ET NOSTALGIQUE :
Fabien a souvent décrit DEATH WHORE comme une version Punk-Hardcore du « Realm of Chaos » de BOLT THROWER.
Le Death et le Grind ont toujours puisé leurs sources dans le Hardcore et le Crust, et le Sludge se voit comme un mix entre Punk, Metal et Doom, donc rien n’est plus cohérent que de mélanger toutes ces étiquettes en une mixture savante, surtout lorsque qu’on est passionné par les intersections entre tous ces styles.
On trouve donc tout à la fois chez DEATH WHORE l’épaisseur d’un OBITUARY et d’un BOLT THROWER, le D-Beat fondateur de DISCHARGE, l’urgence et l’agressivité de TERROR, le côté cru, dépouillé et immédiat d’un MOTORHEAD, d’un CADAVER période Necrosis ou du AURA NOIR de The Merciless, l’héritage Sludge de CROWBAR, mais aussi (et surtout pour moi) l’art de l’alternance entre lourdeur sépulcrale et méchanceté Thrash de HELLHAMMER, CELTIC FROST et TRIPTYKON, les projets majeurs de Tom G. WARRIOR (le chant est d’ailleurs régulièrement ponctué de ses légendaires « uh ! », indémodable clin d’oeil dont tout bon fan de CELTIC FROST s’emploie à truffer ses morceaux).

ENCORE UN INCONTOURNABLE : ESSAI TRANSFORMÉ
En résumé, cet album est un condensé de Death-Hardcore d’Outre-Tombe, millimétré et rageur, avec des Riffs directs et immédiatement mémorisables, enchaînant speederie réjouissante, syncopes futées, Breakdowns imparables et leçons de lenteur pachydermique et hypnotique. Un son de guitares et de basse dévastateur, une batterie au mix exceptionnel, toute en maîtrise et en variations, une cohésion parfaite et des voix idéales, agressives à souhait en Lead et inoubliables sur les refrains, véritables Punchlines scandées par une meute de chiens enragés.
Chaque titre est une perfection en soi, mais mon fétiche restera « Infernal Terror Machine » pour son ambiance incroyable. Il mélange tout l’extrême que j’aime en 4mn22.On parlera souvent de « Blood washes everything away » comme d’un disque « punitif et malaisant », mais personnellement, quand un album est aussi abouti et maîtrisé, je n’en retiens que le plaisir que me procure chaque écoute : une cure de jouvence pour tout métalleux qui a grandi avec le Death des années 80 et 90.
Un sans faute pour un grand groupe, et je n’en attendais pas moins d’eux.A écouter sans modération et à aller voir sur scène car ils sont aussi jouissifs en Live qu’en Studio.
Félicitations et bonne continuation, Messieurs, ce CD rentre d’office dans mon étagère « indémodables ».

TRACKLIST :
01. Inhaling the Dead
02. Noyé dans le Sang
03. Vile Display of Repugnance
04. Infernal Terror Machine
05. Chainsaw Alley
06. 12 Worm Wounds
07. None are forgotten
08. Motorthroat ’79
09. You Owe Me a Living
10. Savage aesthetic Revenge
11. I went to see my Grave



