PSYKUP, «The Joke of Tomorrow»

PSYKUP _ « The Joke of Tomorrow » chronique
🔥 Lecture rock’n’roll : 9 min chrono
PSYKUP « The Joke of Tomorrow » : un glorieux anniversaire

PSYKUP

« The Joke of Tomorrow »

VERYCORDS
Genre : Fusion / Metalcore
Sortie le 11 Avril 2025

Chronique : Roland GERMAIN

Crédit photo © Cédric Gleyal

Line-Up :

  • Brice SANSONETTO : Batterie
  • Julian GRETZ : Basse
  • Julien CASSARINO : Guitare & Voix
  • Dorian DUTECH : Guitare
  • Matthieu ROMARIN : Voix

+ Anna RAMADE : Voix (Bigger than Life)
Audrey DUPONT, Lucile GAMBINI, Marie SAUVAN-MAGNET et Ophélie RENARD : Cordes (Whispers in the Morning/Death in the Afternoon)

Youpiiiiiiiiii !!!!
C’est Noël avant l’heure : PSYKUP célèbre joyeusement le 30ème anniversaire de sa carrière en sortant un 6ème album studio tonitruant, déjanté et riche en rebondissements.
Et comme à chaque fois, le gamin en moi déballe cette nouvelle collection de chansons en frémissant d’excitation et les yeux remplis d’étoiles.

Un peu d’Histoire d’abord

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore PSYKUP, j’aimerais rendre hommage à leur longévité en détaillant un peu leur parcours.

Il faut imaginer un ado autodidacte de Toulouse, biberonné au cinéma et à la musique classique, qui s’éveille au Metal, au Jazz, à la Soul et au Funk et développe une passion pour la musique de films.

Julien CASSARINO, guitariste/chanteur de 15 ans, compose « L’Autruche », un titre qui brasse en 15 minutes le + possible de ses fascinations dans un tout bordélique et névrosé mais déjà étonnamment structuré.
Ce morceau deviendra le carbone pour les expérimentations successives du groupe que Ju montera avec le chanteur Matthieu « MilKa » MIEGEVILLE, le batteur Brice SANSONETTO et le guitariste Yannick TOURNIER.

L’équipe enregistre en 2001 le EP « Sors la Tête » avec Etienne TRETON à la basse, puis le 1er album « Le Temps de la Réflexion » en 2002, avec Paul VERDALE à la basse.

Le trio Julien/Brice/MilKa, augmenté de David « Vidda » CASTEL à la guitare et à la basse, réalise « L’Ombre et la Proie » en 2005, puis ces 4 Fantastiques sont rejoint en 2008 par le bassiste Stéphane BEZZINA pour « We love You all ».

bandeau-Psykup-article My Rock Revolution
Un Hiatus porteur de 1000 fruits

Le groupe se sépare de 2009 à 2014, afin de se consacrer à leurs nombreux projets annexes et l’on voit les musiciens s’épanouir dans une carrière incroyablement florissante, toutes tendances confondues.

MANIMAL, SIMONE CHOULE, RUFUS BELLEFLEUR, MISTER TEAM, le PINK CITY ORCHESTRA et le REX LIVE ORCHESTRA voient Julien et ses amis étirer le médium musical dans tous les sens, du quatuor au Big Band en passant par la Fanfare.

De son côté, Matthieu explore Folk-Rock et recherches autour du piano et de la voix avec AGORA FIDELIO, MY OWN PRIVATE ALASKA, TERRE NEUVE COLLECTIVE, puis + récemment MIEGEVILLE, THE BLACK PAINTERS et CANCEL THE APOCALYPSE.

A l’instar de leurs modèles Mike PATTON et Devin TOWNSEND, qui n’ont cessé d’étudier le champ des possibles à travers des tas d’incarnations, les membres de PSYKUP enrichissent encore leur vocabulaire et leur maîtrise durant cette période.

De plus, la variété et l’originalité des styles qu’ils sont capables de pratiquer les fait accéder à la notoriété en tant que compositeurs, et non plus seulement en tant que groupe.
Quand ils annoncent la reformation, on n’est clairement pas prêts.

PSYKUP opère son grand retour en 2014 et l’Ère des chefs-d’œuvre commence

Si, malgré les dizaines d’influences qu’ils métissaient, leur patte était immédiatement identifiable et qu’ils évoluaient à chaque album en travaillant la nuance dans toute sa subtilité, leur musique pouvait encore sembler délicate à digérer pour un public non averti.

Ils se définissaient régulièrement comme une créature hybride entre STRAPPING YOUNG LAD, ALICE IN CHAINS, PRIMUS et PANTERA.

Mais pour ce qui était de délivrer ce savant mélange, on était tout de même + proche de Mr BUNGLE que de FAITH NO MORE : il fallait être équipé pour retenir des structures à 20 plans avant d’en savourer la douce folie.

Julien, grand défenseur du « changement dans la continuité », décide de conserver l’ADN du groupe et son côté foutraque, mais de déguiser l’ensemble en chansons + Live et + facilement mémorisables.

Ju, MilKa et Brice accueillent Julian GRETZ à la basse et délivrent en 2017 « Ctrl+alt+fuck », travail d’orfèvre qui mettra tout le monde d’accord.
S’ensuit en 2021 « Hello Karma », où la formation s’étoffe du guitariste Victor MINOIS.
L’essai est transformé et le succès énorme. La tournée durera 3 ans.

Nouvelle formation et pépite Deluxe

« The Joke of tomorrow » sortie le 11 Avril 2025

Tout d’abord, comme « Hello Karma » l’album est mixé par Fred Duquesne (guitariste et producteur de MASS HYSTERIA) et masterisé par DEVIANT LAB, qui a travaillé entre autres sur TREPALIUM et IGORRR.
De +, la signature chez VERYCORDS devrait enfin garantir à PSYKUP l’exposition qu’ils méritent depuis si longtemps.

Le travail du son a toujours été au cœur du projet, mais il n’a jamais été aussi énorme que sur les 3 derniers albums, quasi DreamPop sur les voix planantes et formidablement incisif et écrasant sur les plans brutaux. Et toujours tellement propre qu’on saisit à la perfection chaque note.

« The Joke of tomorrow » est le 1er album avec le chanteur Matthieu ROMARIN et le guitariste Dorian DUTECH, arrivés au cours des 4 dernières années pour remplacer Matthieu MIEGEVILLE et Victor MINOIS.

Les fans les connaissent déjà bien pour les avoir vu en Live sur la dernière tournée ou en Clip, mais quel plaisir de pouvoir enfin se délecter de leur travail pour un nouvel épisode discographique.

PSYKUP _ « The Joke of tomorrow » cover

L’une des principales volontés de cet album est de profiter de l’arrivée d’un nouveau chanteur pour écarter encore les tessitures des voix par rapport aux travaux passés.
Matthieu (UNEVEN STRUCTURE) fait preuve dès son premier couplet d’une puissance et d’une profondeur de Growl équivalente à Phil BOZEMAN de WHITECHAPEL, Serge KASONGO de LENG TCH’E ou Arno DHENAIN de BLACK BOMB A. Excusez du peu.

Combiné aux Screams médiums et aux aigus incroyables de Julien, ça arrache comme jamais : en question-réponse, c’est monstrueux et sur les chœurs de brutes, ils se permettent des harmonies tordues qui confèrent à certains passages des textures d’une violence et d’une étrangeté à vous glacer d’effroi. Magnifique !

La musique, quant à elle, est toujours aussi reconnaissable, voyageant sans cesse entre frénésie, suspense et plénitude, et recyclant toute la richesse passée au service de la lisibilité.
Mais attention, compréhensible n’est toujours pas synonyme de banal.

Le menu

« I will let You down » nous marque d’emblée par son refrain hypnotique entre litanie et comptine, entrecoupé de couplets Death dignes du « Occasus » de The AMENTA et de ponts au doublés de hurlements effrayants, avec des gueulantes de Killer Clowns sous adrénaline.
Ça commence bien.

Le résolument Hardcore « Drinks on Me » nous en fout plein la gueule, façon THE HAUNTED, après un Groove décalé qui nous rappelle que PSYKUP aime PRIMUS.

« Rise and Fall and… » développe son refrain inoubliable sur un Riff que ne renierait sûrement pas Gojira, alterné avec de beaux couplets planants qui invitent à la rêverie. Le réveil n’en est que + brutal à chaque retour du refrain où lors du développement speedé qui annonce le final.

L’intro de « Same Player » fleure bon le Retrogaming, avec son petit synthé qui servira de terrain à de nombreux passages de la chanson. Le Clip fera plaisir aux Geeks de tous âges avec des tas de références aux jeux et aux films qui ont bercé leur enfance.

Déjà un de mes titres préférés de l’album, avec ce swing, qui répond si bien à « Love is dead » et « Cooler than God », 2 bijoux du passé des toulousains, ces couplets aux mélodies envoûtantes, ces Shuffles à la TREPALIUM, ce solo ultra fun, ce refrain brutal en diable. Raaaaah lovely !

« Bigger than Life » détend l’atmosphère avec Anna RAMADE qui rejoint le duo au micro et prête sa voix aux passages Funkys et Pop, nous gratifiant au passage de superbes vocalises sur un Pont inattendu. Un tube qui enrichit d’une pointe de RAOUL PETITE un répertoire déjà vaste.

« Child interrupted » nous fait voyager entre Raps saturés, Spoken Words, Punk et Grooves Funkys pour nous surprendre d’un Refrain joliment harmonisé sur un Riff simple et lourd qui semble tourner au ralenti, nous laissant envahir par une torpeur bienvenue.

« Whispers in the Morning » nous laisse souffler le temps d’un Interlude où un Quatuor à cordes semble poursuivre le rêve dans lequel on vient de tomber à la fin du titre précédent.

« Death in the Afternoon » poursuit l’aventure en développant encore l’atmosphère ensorcelante, on ne s’est jamais senti + au cœur d’un film. Les chœurs sont de + en + lancinants et le morceau développe son ambiance autour d’un ensemble de cordes orientales (Dulcimer, Sitar et peut-être même Koto ou Shamisen, je n’arrive pas à savoir). Superbe.

« Fear is the Key » nous réveille avec son Lead entêtant à la DILLINGER ESCAPE PLAN et on revient aux Riffs et aux Breaks typiques de PSYKUP. Retour à la grosse force de frappe malgré la persistance du côté éthéré des mélodies principales.

La Whammy s’invite sur « Losers only » pour nous surprendre de ses accents aigus et ses bruitages tout au long de ce titre rageur qui nous annonce l’approche du final. Des tas de variations finissent de nous convaincre que le groupe sait combiner toutes les formes de Thrash existantes.

Avec « Burn after Hearing » le rêve de toute à l’heure semble progressivement tourner au cauchemar. Se répondent encore beaucoup de variations Thrash, Hardcore et Death autour d’une guitare Lead qui développe de petits motifs hallucinatoires. Les harmonies vocales se complexifient encore malgré leur nonchalance apparente et les questions-réponses entre les hurlements font partie des + syncopés et rythmiques de l’album.

Le voyage se conclut sur « The Joke of Tomorrow », où l’influence ALICE IN CHAINS revient sur le devant de la scène. C’est le seul titre construit sur des variations d’un seul riff pour un grand final en forme de ballade, façon générique de fin. La boucle et bouclée et on est obligé de remettre le disque au début.

Bref, un anniversaire à fêter dignement, une nouvelle formation à toute épreuve et un album génial de bout en bout, qui occupera forcément une des 1ères places dans mon Top 2025.
Merci les gars, pour cette nouvelle offrande, je vous adore encore et toujours, et vous souhaite une merveilleuse tournée.

PSYKUP Tour 2025