Visions of Atlantis à l’abordage du Rocher

Visions of Atlantis live au Rocher de Palmer Bordeaux _ 2026
🔥 Lecture rock’n’roll : 9 min chrono

Visions of Atlantis + Edge Of Paradise

Jeudi 14 Mai 2026
Bordeaux – Cenon • Le Rocher de Palmer

By © Laurent Robert

Après leur concert Parisien à l’Élysée Montmartre le 12 Février dernier, Visions of Atlantis avait donné rendez vous à ses fans français pour deux nouvelles dates, à Bordeaux et Montpellier ! Prêts pour l’embarquement ?

Car Il y a des concerts qui ressemblent à des démonstrations techniques, fades et sans émotions, et puis il y a ceux qui fabriquent immédiatement une ambiance, une petite communauté temporaire faite de refrains repris à pleine voix, de sourires complices et de gens habillés comme s’ils revenaient d’un pillage en haute mer, public comme musiciens.


Les concerts de Visions of Atlantis appartiennent clairement à la seconde catégorie. Et ce sera la règle une fois de plus ce soir au Rocher.

Programmé dans le « petit » Salon de Musiques, rempli d’environ 250 à 300 personnes, le concert affichait cette proximité rare qui convient parfaitement au groupe. Pas de distance glaciale entre scène et public ici : les Bordelais présents étaient venus pour embarquer de gré, et le quintette austro-français n’a eu aucun mal à transformer la salle en navire pirate sous pression sonore. Seul bémol pour le photographe que je suis : pas de crash barrière pour shooter les groupes présents…

Edge of Paradise ouvre les hostilités

Avant de voguer avec les pirates Autrichiens, les Angelenos de Edge of Paradise avaient parfaitement lancé la soirée. Le groupe est en pleine tournée européenne et alterne les concerts en tête d’affiche et les premières parties de Visions Of Atlantis, qu’ils accompagnent à 6 occasions sur ce mois de mai.

Avec son mélange de metal moderne, de refrains accrocheurs et d’énergie futuriste, le groupe américain a chauffé une salle bien réceptive. Une première partie efficace, généreuse, et suffisamment intense pour préparer le terrain sans voler la vedette.

Cet équilibre devient rare. Porté par l’énergie magnétique de Margarita Monet, le groupe propose aujourd’hui une identité très particulière : un mélange de metal moderne, de hard mélodique, d’électro dystopique et d’esthétique cyberpunk qui tranche complètement avec l’imagerie pirate de la tête d’affiche du soir. Sur le papier, l’association pouvait sembler étrange. En live, elle fonctionne très très bien. Peut être est-ce la présence des deux voix féminines ?.

Dès “Prophecy Unbound”, Le groupe impose son univers futuriste et théâtral. Le morceau ouvre idéalement le set avec ses nappes électroniques et ses riffs massifs. Les musiciens affichent une vraie assurance scénique malgré la configuration compacte de la scène.

Le décor de VOA prenant beaucoup de place, impossible pour eux de virevolter, sauter, passer devant la batterie collée au bord de scène. Mais cela ne les empêche pas de prendre un plaisir manifeste.


“Hologram” pousse encore plus l’esthétique cyber-metal que le groupe veut se donner. Ce titre est devenu l’un des emblèmes récents de Edge of Paradise, grâce à son refrain extrêmement accrocheur et son ambiance presque cinématographique, les épaulettes bardées d’ampoules de Margarita n’y étant pas étrangères.

Puis le très attendu “Death Note” déclenche l’une des premières « grosse » réaction de la salle. Le morceau, inspiré par les thématiques sombres et psychologiques du célèbre manga du même nom, possède cette nervosité immédiate qui le rend efficace dès les premières secondes. Margarita Monet y alterne puissance et jeu théâtral avec beaucoup de naturel, sans tomber dans l’excès caricatural.

Ce qui, dans le metal moderne, relève parfois du miracle… (J’ai des noms au besoin… 😀 ).

Avec “Dark”, le groupe ralentit légèrement le tempo pour installer une ambiance plus lourde et émotionnelle. C’est aussi un bon exemple de la capacité d’Edge of Paradise à construire des morceaux très mélodiques sans perdre leur impact métallique. La qualité du son dans cette « petite » salle aide énormément : chaque couche électronique reste lisible sans être étouffée par les guitares.

Edge of Paradise _ Prophecy Tour 2026
EDGE OF PARADISE - Falling Light (Official Video) | Napalm Records

Edge Of Paradise – Falling Light

Puis arrive “Digital Paradise”, quasiment manifeste artistique du groupe. Impossible de ne pas voir dans ce morceau une réflexion sur notre époque hyper connectée. Je ne vise personne, moi même étant en pleine soumission digitale.. “The Unknown” et “The Other Side of Fear” maintiennent ensuite une bonne intensité.

Le second notamment possède une montée en puissance particulièrement efficace en live. Enfin, “Falling Light” conclut le set sur une note plus atmosphérique. Très bon choix de clôture : le morceau permet au groupe de montrer son versant plus mélodique tout en laissant une vraie impression de cohérence artistique.

Une excellente mise en bouche avant les grandes manœuvres maritimes de Visions of Atlantis.


Visions of Atlantis transforme la salle en navire pirate

Après un changement de plateau assez rapide (Je tiens le chrono à chaque concert…) l’intro “Jack Sparrow” The Lonely Island se fait entendre, et le public sait que dans quelques instants le sloop va appareiller … “To Those Who Choose to Fight » démarre, avec une Clémentine Delauney très en voix et a capella s’il vous plait.

Et on comprend bien vite que le groupe va nous embarquer dans un océan démonté. La voix de Clémentine illumine le refrain tandis que Michele Guaitoli apporte cette puissance plus rugueuse qui équilibre parfaitement le côté aérien des orchestrations. Le morceau, devenu un véritable manifeste depuis le dernier album Pirates II – Armada, impose immédiatement cette esthétique d’aventure héroïque qui définit désormais totalement le groupe.

Bien sur, cette tournée fait la part belle aux titres de ce dernier opus avec non moins de 9 titres joués, sur les 11 présents sur l’album.

2026-Visions Of Atlantis-_ My Rock Revolution Report Live

Le voyage continue avec “The Land of the Free” et “Monsters”, deux titres qui montrent bien la transformation du groupe depuis quelques années. Visions of Atlantis a trouvé une identité forte autour de son univers maritime et de refrains fédérateurs. Sur scène, cela fonctionne remarquablement bien : chaque morceau semble pensé pour être vécu collectivement et faire chanter le public.

L’arrivée de la soprano Clémentine Delauney en 2013 n’y est certainement pas étrangère. Originaire de Lyon, Clémentine est ravie d’être en France et de pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle avec le public. Malheureusement pas de date à côté de sa ville natale cette année…

Après une présentation du titre, “Heroes of the Dawn”, un classique du groupe, le refrain déclenche immédiatement les chants du public qui a l’impression de participer à une sorte de joyeux rituel sur le pont d’un sloop en pleine mer des Caraïbes.

Les sourires sont présents dans le public, de 7 à 77 ans. Vraiment. (Le metal symphonique reste probablement le seul genre où l’on peut parler de tempêtes océaniques imaginaires avec un sérieux absolu tout en portant des chemises à jabot quel l’on ai 10 ou 65 ans. Et pourtant, ça marche).

VISIONS OF ATLANTIS - Echos and Merveilles 2026 (Show Recap)

Visions Of Atlantis – Echos and Merveilles 2026 (Show Recap)

“Clocks” apporte une touche plus mélancolique, tandis que “Legion of the Seas” remet immédiatement les voiles dehors avec son énergie irrésistible. La dynamique du set est d’ailleurs très bien pensée.

Là ou en général les groupes démarrent tambour battant, avant de faire un milieu de concert plus calme puis de repartir toutes voiles dehors, le concert de VOA alterne des morceaux fédérateurs, passages plus calmes et hymnes taillés pour les festivals.

Sur “Tonight I’m Alive”, la salle répond massivement aux appels du groupe. On sent un vrai plaisir partagé, sans cynisme ni distance. Le milieu de set voit arriver “Collide” et surtout “Hellfire”, particulièrement efficace en live grâce à son intensité rythmique et son refrain explosif.

Le groupe affiche une maîtrise scénique impressionnante malgré la relative exiguïté du Salon de Musiques. Chaque membre occupe l’espace avec naturel, sans effet théâtral trop pensé et manquant de naturel.

Moment plus sombre avec “The Dead of the Sea” et “Underwater”, deux titres qui rappellent que derrière l’imagerie pirate assumée se cache aussi une vraie sensibilité mélodique. Clémentine Delauney y brille particulièrement, alternant puissance et fragilité avec une aisance remarquable.

D’ailleurs, je ne sais pas si vous le savez mais la partie chantée de Clémentine sur le pont de « The Dead of the Sea » était, au départ, totalement improvisée en studio. Et le groupe a tellement aimé qu’ils ont décidé de la garder sur la version finale du titre.

Puis vient l’inévitable déferlante finale. “Pirates Will Return” agit comme un cri de ralliement collectif, avant qu’un superbe “Melancholy Angel” ne ramène une émotion plus nostalgique. L’enchaînement avec “Master the Hurricane” fait exploser une dernière fois la salle : probablement l’un des morceaux les plus efficaces du répertoire récent du groupe, taillé pour le live avec ses accélérations et son refrain massif. Le public ne s’y trompe pas. Et enfin, “Armada” clôture la soirée dans une ambiance triomphale.

Difficile d’imaginer meilleur final pour Visions of Atlantis aujourd’hui. Je pense que ce titre n’est pas prêt de quitter la setlist du groupe. Celui ci ne s’y est pas trompé car ils ont sorti un superbe clip de ce morceau, au refrain plus que communicatif.

En quittant le Rocher de Palmer, les visages souriants parlent d’eux-mêmes. Visions of Atlantis n’a peut-être pas encore la taille des géants du genre, mais dans une salle comme celle-ci, cela devient presque une force.

Le groupe conserve une proximité et une sincérité que beaucoup perdent en grossissant, et le son reste compact et solide. Et franchement, voir 300 personnes chanter des hymnes de pirates un jeudi soir à Bordeaux n’est pas commun du tout.

Je pense sincèrement qu’au terme de cette soirée, Visions of Atlantis a surtout confirmé une chose : le groupe traverse actuellement la plus belle période de sa carrière, pourtant souvent traversée de doutes et de périodes sombres, comme avant l’arrivée de Clémentine en 2013.

Plus sûr de son identité, plus fédérateur que jamais (il suffit de voir le nombre de personnes déguisées dans le public) et plus solide scéniquement, le quintette réussit aujourd’hui à transformer chacun de ses concerts en véritable aventure. Arrivé de Genève ou il jouait la veille, le groupe, sitôt le concert fini, est déjà en train de charger son matériel dans son sloop qui l’attendait dans le bien nommé Port de la Lune, direction Bruguières et Montpellier.

Si vous désirez les retrouver en France, la prochaine « Boarding Party» aura lieu au Festival Motocultor l’été prochain.

Un grand merci à ACCESS LIVE PRODUCTION pour l’accréditation.

https://access-live.net/