Ultra Vomit + Howard – 11 décembre 2025
Live report à L’Autre Canal (Nancy)
Photo bannière : © Mathieu Ezan
- Report texte de Guillaume
- Photos live © Marie d’Emm
Mai 2025 : Ultra Vomit est programmé en tête d’affiche du Jardin Du Michel Festival tout près d’ici. Quelques jours avant le début des concerts, c’est le drame : le groupe est contraint d’annuler la date, ainsi que plusieurs autres (dont le Hellfest), car son chanteur Fetus doit subir en urgence une intervention chirurgicale pour traiter une hernie discale …
Mais le groupe n’allait pas laisser ses fidèles clients lorrains dans leur désarroi : deux mois plus tard, une date à l’Autre Canal est annoncée, et les billets seront intégralement vendus en quelques jours. Devant un tel engouement, un second concert est programmé le lendemain, et là encore, c’est un sold-out !
Howard en première partie
C’est donc muni du précieux sésame que j’assiste à la première des deux dates nancéennes du groupe. Le trio parisien Howard (ainsi nommé en hommage à l’écrivain H.P. Lovecraft) ouvre la soirée : leur concert prévu chez Paulette quelques semaines auparavant ayant été annulé, c’est une excellente occasion de finalement les découvrir. Lorsque les musiciens arrivent sur scène, je remarque un détail assez peu fréquent pour un groupe de rock : il n’y a pas de bassiste.
Mais cela ne signifie pas absence de basses fréquences : comme chez The Doors, ou chez les regrettés Birth of Joy, c’est le claviériste qui les produit au synthé, et ça fonctionne très bien. Le groupe propose un mélange efficace de rock fuzz/psyché/cosmique et de sons électro, avec notamment la présence sur scène d’un thérémine : ambiance spatiale garantie ! Leur son est très pêchu, virant presque à la transe hypnotique par moments. Le set se veut inclusif et bienveillant : le groupe transforme le classique « wall of death » en « wall of love », l’impact final entre les deux camps se transformant en câlin général ! Leur dernier concert de l’année se termine par une chenille géante dans la fosse, et un public bien chaud pour accueillir la tête d’affiche.
Howard – vidéo YouTube
L’écran derrière la scène indique d’ailleurs « Prochain groupe : Ultra Vomit
Le décor est « rouge Hollywood », avec la batterie bien en hauteur sur une estrade. Les lumières s’éteignent, une vidéo nous annonce que notre séance va bientôt commencer et procède à un « test sonore » du public : vu le niveau de décibels, on sent que la soirée va être bonne ! Les quatre joyeux lurons débarquent tout sourire : « Nancy ! Nous sommes Ultra-putain-de-Vomit ! » et entament direct avec le hit « Evier Metal », histoire de rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Fetus n’a même pas besoin de chanter les premiers mots, la salle le fait pour lui ! C’est la première fois que je les vois en concert, et leur metal parodique prend tout son sens sur scène : on rit autant qu’on kiffe leur musique !
La vidéo est très présente et fait partie intégrante du spectacle : sur « Doigts de Metal » par exemple, un tuto fort à propos nous permet d’effectuer correctement et proprement le signe de ralliement de tous les métalleux, et sur « Le Coq », elle permet à Rico, gallinacé ayant la fâcheuse tendance à abuser de substances psychoactives, d’accompagner le groupe avec ses gloussements hystériques.
La set-list contient essentiellement des morceaux des deux derniers albums (« Ultra Vomit et le Pouvoir de la Puissance » et « Panzer Surprise ! »), mais « Objectif : Thunes » n’est pas oublié, avec entre autres le Motörheadesque « Quand j’étais petit », « Machanical Chiwawa » et « Boulangerie Pâtisserie ».
L’humour très « pipi-caca » du groupe est bien sûr omniprésent. Fetus nous expliquera d’ailleurs LE principal traumatisme de son hospitalisation : la pose par voie trans-urétrale d’une sonde vésicale, alias « sonde de bite ». Nous aurons également droit aux poétiques « E-TRON (digital caca) », et « GPT (à l’instant) ».
Mais attention, sous ses dehors potaches, le groupe est musicalement très pointu et jongle sans accroches entre différents styles, allant de la chanson à boire (« Ricard Peinard ») au black metal (« Toxoplasma Gondii (Felinus Sanctus) », manuel démoniaque de possession féline). Flokos (guitare) et l’éternel petit nouveau Matthieu Bausson (à la basse, avec son sympathique T-shirt « Not Scientists ») envoient du lourd, et Manard confie sa batterie à son guitariste pour prendre le micro le temps de sa fameuse « Minute » : ne souhaitant pas chanter une chanson générée par l’IA, il nous interprète un morceau généré par Lio, et c’est parti pour un « Banana Split » repris en chœur par la salle. Le batteur mangeur d’enfants (selon ses propres dires) aura droit à un rappel, et ce sera « Keken », l’apéro de l’enfer !
Le grand moment du concert est pour moi l’arrivée d’Andreas Martin (ami de longue date de Fetus, avec qui il formait le duo Andreas & Nicolas) sur un trône, tout en plumes avec son costume de canard, pour chanter « Je collectionne des canards (vivants) » avec le groupe. Ce ne sera pas le seul featuring, puisque les joyeux drilles seront rejoints par Léa Bouchart pour interpréter « Mouss 2 Mass » (hommage au chanteur de l’orchestre de metal français Mass Hysteria, dixit Flokos) et « Dead Robot Zombie Cop From Outer Space II » où Rob Zombie rencontre le générique de Cat’s Eyes.
Le groupe quitte ensuite la scène, mais le public en veut encore : un héraut arrive alors pour annoncer le rappel à la trompette. C’est l’heure de « la Puissance du Pouvoir», hymne power-metal manowarien joué manches retroussées pour exhiber les muscles saillants de nos vaillants musiciens, et occasion pour Fetus de nous gratifier d’une imitation impeccable de Johnny Hallyday. Viendra ensuite le cultissime « Kammthaar », et la soirée se terminera tout en poésie avec « A.N.U.S. » (rien de plus à ajouter, tout est dans le titre).
En sortant de la salle, la file d’attente au stand de merch (tenu par Andreas, le roi des canards) est impressionnante et les sourires sont sur tous les visages : en ces temps de morosité ambiante, un concert d’Ultra Vomit est une vraie bouffée d’oxygène qui rassemble un public hétéroclite, allant du métalleux tatoué et barbu à la famille avec enfants. L’année 2026 sera d’ailleurs chargée pour le groupe, puisque une tournée des Zénith d’une douzaine de dates a été annoncée : nul doute qu’elle sera triomphale !
Ultra Vomit – vidéo YouTube
À relire sur MRR : Ultra Vomit et le Pouvoir de la Puissance



























