Une deuxième journée sous haute tension!
Jour 2 à Saint-Maurice-de-Gourdans, si ma petite troupe et moi-même avons décidé d’opter pour l’option luxe et de rentrer chez papa maman profiter du confort de la maison de famille, la majeure partie des festivaliers a elle choisi de séjourner dans le camping éphémère qui se dresse chaque année de l’autre côté de la route.
À entendre les voix de certains et la quantité de lunettes de soleil au réveil… La nuit a probablement été brève et agitée pour beaucoup…mais pas de temps à perdre, les hostilités commencent (trop) tôt!
Le programme de la journée s’annonce chargé et commence avant que le clocher du village sonne midi avec un groupe de la région qui a le vent en poupe…
LAFAYETTE
Un groupe de metalcore issu de la banlieue du football français, Lyon. Quelques jours seulement avant leur date au SYLAK, le groupe Lafayette avait annoncé le départ de son chanteur… Coup dur pour les fans, certains s’attendaient même à une annulation… Mais ils sont là et bien décidés à en découdre. Un set de 30mn peut paraître court, mais quand on intègre un groupe quelques jours avant… C’est une sacrée performance. Alternances de chant saturé superposé à des blast beasts et de chant clair couplé à des riffs plus éthérés, Lafayette a sû s’affirmer sur scène et figure parmi mes belles découvertes du week-end.
ASHED WINTER
Groupe local aussi, puisque de Roanne, Ashed Winter présente son univers très particulier au public déjà présent. Un mélange de death, aux teintes de groove, avec un chant alternant entre le growl et le chant tribal. Un mélange unique mais j’aime l’innovation. Sur scène ça marche et ça marche même fort. Au chant, Marie en impose. De même que Lana & Nicolas à la guitare, Greg à la basse ainsi qu’Adonis derrière les fûts. Je ne m’attendais pas forcément à ça et j’avoue que j’ai pris ma première claque de la soirée, encore un groupe à suivre de très près.
AKIAVEL
Ceux qui me connaissent savent que j’apprécié énormément Akiavel. En dehors d’être des humains foncièrement adorables, de très bons sujets photographiques, ce sont des musiciens talentueux qui proposent à chaque fois un véritable show sur scène et qui ont une énergie et une bonne humeur communicatives. Cette date au SYLAK ne fait pas exception à la règle, pour l’une des premières de Ranko derrière les fûts, Akiavel frappe extrêmement fort avec son melodeath très groovy. Auré nous gratifie de son growl caractéristique ainsi que de son personnage scénique torturé et impressionnant (Oui, c’est un personnage, elle est sympa en vrai, elle ne te hurle pas dessus quand tu la croises hein). Chris et Jay matraquent leurs cordes durant quarante minutes pour un rendu des plus appréciables. Cette fois-ci je savais à quoi m’attendre mais encore une claque de la part des sudistes d’Akiavel.
ARKANGEL
Venus tout droit de Belgique, c’est autour d’Arkangel de s’avancer sur la grande scène de Saint- Mau’. Simple, direct et efficace, le groupe délivre un hardcore assez classique et énergétique. Une intensité caractéristique de ce style. Le chanteur est charismatique mais j’ai eu du mal à rentrer dans le set, j’ai trouvé un problème de rythmique que je n’ai pas réussi à identifier… Dans l’ensemble, j’ai tout de même apprécié la prestation qui aura conquis le public et retourné le pit!
SEVERE TORTURE
Avec un nom aussi fin, il ne fallait pas s’attendre à du metalcore… en effet, pour la finesse, on repassera. Severe Torture délivre un brutal death à l’ancienne, sans chichi ni artifice, quarante minutes de pure violence sauce néérlandaise. En dehors de l’aspect chaotique de la musique il est important de noter la rigueur technique et la précision avec lesquelles le set s’est déroulé, chapeau bas!
HARAKIRI FOR THE SKY
Ah, là, la prog commence à vraiment faire plaisir. On n’a pas besoin de présenter HFTS, le groupe est un véritable pilier de la scène post-black actuelle. Si le style ne se prête pas forcément à un horaire où le soleil luit encore, les autrichiens arrivent tout de même à planter le cadre sombre et mélancolique de leur art, et ce, dès les premières notes. Le son est tout bonnement excellent et permet de faire ressortir la puissance brute émanant de la musique du groupe. Si le style contraste avec les précédents la foule est séduite et embarquée dans ce voyage interne, véritable marque de fabrique du black metal atmosphérique. Aucune fausse note sur ce set que je trouverai trop court, mais, une superbe prestation qui restera dans les mémoires.
PRO-PAIN
Je ne connaissais pas Pro-Pain et quand j’ai demandé à mon pote Ben (ouais, le roi de la mornifle, lui même) il m’a juste répondu en hurlant « NEW YOOOORK », et j’ai compris. Dans la lignée de tous ces groupes de hardcore new-yorkais, Pro-Pain délivre un hardcore à l’ancienne, aux teintes de thrash. Gary, au chant envoie du lourd, tout en mettant de sacrées pralines sur les cordes de sa basse. Marshall et Adam, à la guitare, enchaînent des riffs lourds au possible qui casseront les cervicales de beaucoup. Et Jonas à la batterie vient poser le cadre rythmique avec précision et intensité. Entre les morceaux, le groupe fera l’effort de remercier le public et l’organisation en français, un public qui lui rendra en enchaînant pogos et farandoles de la première à la dernière note. Une seule chose à dire « NEW YOOORK »
I AM MORBID
Même si ils ont désormais la forme d’un tribute band, les ex-Morbid Angel David Vincent et Pete Sandoval s’avancent devant nous, accompagnés de monsieur Bill Hudson (DORO, TSO, Savatage), en guise de soliste, et quel soliste… Richie Brown, absolument excellent à la guitare rythmique. Je déteste cette qualification de tribute band, j’ai l’impression de parler d’un groupe de cover d’AC/DC qui joue pour la fête de la musique. Nous avons bel et bien en face de nous des légendes du death qui nous jouent un set carré et technique et ne laisseront aucune minute de répit à l’auditoire avec un son à l’ancienne, comme on l’aime. Une belle preuve que certaines recettes sont éternelles. Le pit est complètement possédé, en même temps… comment ne pas
l’être? Sûrement l’une de mes plus grosses claques du week-end avec I Am Morbid.
KORPIKLAANI
Autre formation que l’on ne présente plus, les finlandais de Korpiklaani reviennent au SYLAK après quelques années d’absence. Un groupe toujours agréable à voir en live qui délivre à chaque fois un folk-metal festif aux relents éthyliques. Si la thématique globale se situe de l’autre côté d’un comptoir, l’effet escompté est là. Le pit se transforme en taverne nordique et alterne pogos, farandoles et se prend au jeu de scander les refrains des morceaux les plus connus du groupe. Certes c’est probablement le groupe de folk le plus kitsch et répétitif, oui on sait. Mais on s’en fout et je suis sûr de t’avoir vu faire une petite danse sur « A man with a plan » avec ta pinte de blonde à la main.
CANDLEMASS
On parlait de légendes? En voilà d’autres! Candlemass, l’un des groupes les plus influents du doom. Si les conditions photos ne sont pas optimales (ouais, le rouge, la fumée, ça fait jamais bon ménage), c’est un vrai plaisir d’entrer dans le pit et de voir une telle formation s’avancer. Et ils ne sont pas là pour trier les clous, le set démarre avec leur morceau le plus emblématique, le sombre « BEWITCHED ». D’entrée, le groupe tape dans le mille et rallie le public à sa cause. La rythmique lente, pesante et sombre est accentuée par ces lumières rouges tamisées, presque intimistes, comme une invitation à partager ce rituel sombre.
DISMEMBER
Quoi de mieux pour clôturer la soirée qu’un bon vieux death à l’ancienne? Les pionniers suédois de Dismember arrivent en conquérants sur scène, pas de doute, ils sont là pour en découdre en achevant ce qu’il reste des festivaliers après une telle journée. Les riffs acérés, lents et agressifs s’occupent des cervicales, tandis qu’à chaque blast-beat, les derniers guerriers règlent leurs comptes sur le champ de bataille. Un magnifique set, carré de A à Z, qui remplira sa mission, clôturer cette deuxième et avant dernière journée en beauté.
Déjà une deuxième journée de bouclée, les jambes commencent à être lourdes, les oreilles bourdonnent pour certains (et oui, il faut mettre des bouchons les amis). Peu de choses à reprocher à l’organisation qui a vraiment fait un effort cette année, notamment dans la gestion des PMR et c’est vraiment très appréciable de leur part. Une légère attente à prévoir pour rentrer sur le site à certaines heures, mais rien de méchant, on n’est pas au niveau du Hellfest … Les choix en terme de restauration sont nombreux et permettent de satisfaire tout le monde pour des prix qui restent plus que raisonnable. Évidemment mon frère à décidé de se nourrir uniquement de pâtes à la crème tout le week-end, l’année prochaine je pense que la gérante lui créera une file rien que pour lui… La circulation sur le site est fluide, il est possible de regarder les concerts d’à peu près partout, et ça, c’est un confort rare!
Merci le SYLAK pour cette deuxième journée, on se retrouve très vite pour le report de la troisième!
👉 Redécouvrir notre live report du Jour 1 du Sylak 2025 pour revivre le lancement explosif du festival !










































































