Superbus n’est pas de retour pour faire de la figuration — le groupe pop-rock emblématique revient avec l’énergie brute de ses débuts et un nouvel album qui claque : OK KO. Leur style reste fidèle à l’ADN qui les a révélés — guitares, bat-teries, refrains accrocheurs — tout en se réinventant aujourd’hui. Une dynamique que le groupe est venu défendre sur scène, à Nancy, sur la scène de L’Autre Canal.
Entre rage et vertige
Nous étions une armée ouvre la soirée sans préambule, comme une déflagration. Pas d’installation progressive, tout est déjà là, brut, immédiat. Et pourtant, derrière l’impact, quelque chose se glisse. Plus fragile. Plus insaisissable. Sur scène, Léo Nivot ne se contente pas de déclamer, il murmure autant qu’il scande, laissant filtrer une poésie à fleur de peau, presque intime, comme un journal qu’on n’aurait jamais dû lire à voix haute. A ses côtés, Rémi Le Taillandier tisse un décor sonore mouvant, entre textures abrasives et nappes plus aériennes, où la tension laisse parfois la place à une forme de vertige. Il y a dans leur musique quelque chose de profondément générationnel, une lucidité désarmée, un mélange de désillusion et de rêves persistants, cette manière de dire le monde sans filtre, mais avec une douceur presque brisée. Ça cogne, oui, mais ça chuchote aussi. Ça heurte autant que ça effleure. Le duo avance ainsi, entre fracas et murmure, entre rage contenue et poésie fragile, transformant le vécu en matière vibrante. Une ouverture qui ne cherche pas seulement à marquer, mais à toucher, au plus près.
Nous Étions Une Armée – Heureux comme un Roi
La salle en fusion, le cœur en arrière.
En pleine tournée autour de OK KO, Superbus reprend la main et transforme instantanément la salle en capsule temporelle. Véritable madeleine de Proust pour toute une génération, le groupe retrouve son public avec une énergie intacte. Jennifer Ayache et ses fidèles acolytes ravivent l’esprit des années 2000, nous replongeant à l’époque des baladeurs, des mèches gominées et des cravates emo. L’énergie est communicative, presque débordante.
Un public déchaîné reprend chaque titre à tue-tête, comme une bande d’ados en furie retrouvant ses premiers frissons musicaux. Mais au-delà de cette ferveur, un véritable lien se tisse. Jennifer Ayache n’hésite pas à faire participer la salle, multipliant les échanges et les appels au public, installant une proximité sincère. Il y a là un vrai partage, palpable, presque intime, entre le groupe et ses fans. Puis, contre toute attente, tout s’arrête net. Le temps suspend son souffle lorsque Jennifer lance un mannequin challenge à une salle comble pour cette date sold-out.
Défi relevé avec une précision presque iréelle. En un battement d’aile, le groupe nous transporte dans ce passé vibrant, non pas avec « Butterfly », pourtant incontournable, mais surtout grâce à « Stereo Song », issu de leur dernier album, qui déclenche une vague de nostalgie. Le titre s’accompagne d’images et de vidéos retraçant toute la carrière du groupe sur grand écran, renforçant encore ce lien entre passé et présent.
Superbus – Stereo Song



































