Royal Republic à L’Autre Canal (Nancy)

Royal Republic – L'Autre Canal_2026
🔥 Lecture rock’n’roll : 7 min chrono

Royal Republic – L’Autre Canal –  par Guillaume | Photos Live : Marie

Quel plaisir d’enfin revoir Royal Republic ! Le groupe a d’ailleurs une revanche à prendre avec notre région : ils étaient programmés pour l’édition 2024 du Jardin Du Michel, qui avait dû être annulée pour cause d’intempéries … A voir la petite foule déjà réunie devant l’Autre Canal avant l’ouverture des portes, on constate d’emblée que les quatre Suédois ont désormais une fanbase solide dans notre pays. La barrière et la mezzanine de la Grande Salle sont directement prises d’assaut, et la salle se remplit doucement lorsqu’arrive sur scène le premier groupe de la soirée.

The Intersphere : une planante entrée en matière

The Intersphere est une formation allemande de rock alternatif. D’emblée, on remarque que les morceaux sont un peu plus longs que ce qu’on pourrait attendre de ce style de musique, et s’éloignent parfois du schéma classique couplet/refrain/couplet, ce qui leur donne un côté légèrement « progressif ». La section rythmique est solide, avec des patterns de batterie plutôt cools, et surtout une basse très présente : le bassiste alterne entre jeu au médiator et aux doigts sur sa 5 cordes, et nous offre quelques excursions mélodiques bien trouvées.

Les deux guitares sont aériennes et légères, et la voix me fait un peu penser à celle de Brandon Boyd (Incubus), très maîtrisée dans les aigus. Certains morceaux sont planants, voire un peu oniriques à la Magna Carta Cartel, d’autres plus rentre-dedans et énergiques (j’ai retenu le titre Relations in the Unseen, ainsi que le nouveau single Time to Deliver, tous deux très efficaces). Une belle découverte, qui donne envie d’aller explorer leur discographie, d’ailleurs déjà assez fournie.

Royal Republic : la tornade suédoise

A la fin du set, la Grande Salle est pleine à craquer. Les techniciens s’affairent à préparer la scène : le grand logo du groupe en forme d’éclair, des colonnes lumineuses de part et d’autre de la batterie … on comprend vite qu’on va en prendre plein les mirettes !

Les premiers rangs sont déjà chauds-bouillants et chantent sur la playlist d’attente : Don’t Stop Me Now  de Queen, I Love Rock n’ Roll  de Joan Jett … et la lumière s’éteint ! L’intro du dernier album en titre, digne d’un soap US des années 80, se met en route, et l’hystérie collective commence instantanément avec le surpuissant My House. Les quatre flamboyants Suédois arrivent tout sourire, tous vêtus de la même manière : veste noire style Perfecto, pantalon noir ajusté, et baskets blanches.

Adam, le chanteur, arbore sa super moustache (quelle joie, il l’avait rasée la dernière fois que je les ai vus au Luxembourg), un début de coupe mulet qui colle parfaitement à l’image décalée du groupe, et bien sûr un décolleté plongeant sur sa moquette pectorale ! D’emblée, les lights sont impressionnantes : elles sont présentes jusque dans le manche de la guitare d’Adam, illuminé par des dizaines de LED : le rendu est excellent, je n’avais jamais vu ça ! Jonas a troqué sa basse contre un keytar (c’est comme un clavier, mais qui se porte comme une guitare), ca groove à mort, Adam est déjà couvert de sueur avant la fin du premier morceau. Et ce n’est pas près de s’arranger, car le groupe enchaîne avec le riff mi-vénéneux, mi-enjôleur du morceau qui porte le nom du dernier album, LoveCop.

Ce titre résume à lui seul l’humour si particulier de Royal Republic : un flic de l’amour … on imagine une sorte de Michael Knight hyper testostéroné arrivant à fond de balle dans sa K2000, mais pas pour te passer les menottes : plutôt pour te proposer un date ! Adam enchaîne les œillades suggestives et les poses aguicheuses : en deux morceaux, le groupe a déjà retourné la salle …

La suite est tout aussi délirante, avec les classiques Getting Along et Baby, puis Boots (le morceau le plus dansant du dernier album), et la frénétique Stop Movin’, avec une super chorégraphie synchronisée de Jonas, Adam et Hannes (guitare).

Adam nous explique que, depuis sa création, le groupe n’a de cesse de désarçonner, que ce soit les labels, les tourneurs, les fans … ainsi qu’eux-mêmes ! Et c’est vrai qu’ils sont inclassables : longtemps comparés aux Hives à leurs débuts (même pays d’origine, concerts explosifs, frontman charismatique, …), ils ont su imposer leur patte indéfinissable en explorant à fond tous leurs délires d’album en album. Pour les deux derniers en date, on parle carrément de power-disco, et ca fonctionne tellement bien. Mais pour l’heure, ils nous offrent « ce qui se rapprochera le plus du heavy metal » pour ce soir avec Back from the Dead. Pas de répit pour la fosse, car c’est le hit absolu Full Steam Spacemachine qui suit, avec son final tonitruant : le batteur Per termine debout et clairement, je n’aurais pas aimé être à la place de ses cymbales, qui prennent méchamment cher !

Le premier interlude sera une version acoustique de Boomerang à quatre voix et une guitare folk (qu’Adam décrira comme arme sexuelle massive, utilisée dans les afters pour séduire la gent féminine), hyper classe avec des chœurs maîtrisés et un petit canon final.

Puis vient le moment des Blastbeaters, du nom de l’EP sorti cet automne où le groupe reprend des classiques du disco en version plus … musclée. Si vous ne les avez pas encore vus, les clips sont exceptionnels : les quatre lascars interprètent les membres d’un groupe fictif (les Blastbeaters justement), avec un look black metal et une attitude quelque peu rustre. Ce soir, nous aurons droit à  Stayin’ Alive (des Bee Gees) et Venus (de Shocking Blue).

Et c’est là qu’arrive LE pic du concert : Adam traverse la fosse pour aller s’installer sur une malle type flight-case (dont il loue la solidité pour supporter ses cent kilos depuis presque 2 ans) en plein milieu du public. Et c’est parti pour Ain’t Got Time … mais pas tout seul : il invite en effet une personne du public à le rejoindre sur la malle pour l’accompagner avec l’instrument le plus important du rock (avec le saxophone) selon le chanteur : la cowbell ! C’est une certaine Aurélie qui aura cette chance, sous les acclamations de la foule. Je la croiserai un peu plus tard au stand lorsqu’elle viendra chercher ladite cowbell, dédicacée par les quatre membres du groupe, après le concert ! Nul doute qu’elle se souviendra longtemps de cette soirée.

Puis Adam remonte sur scène et le groupe termine le set avec les hits Fireman & Dancer et, bien sûr, Tommy-Gun.

Pour le rappel, nous aurons droit à la sublime power ballad Lazerlove, exercice risqué mais parfaitement réussi par le groupe : c’est pour moi le meilleur morceau du dernier album. Changement d’ambiance juste après avec une reprise de … Metallica (ils nous avaient prévenus qu’ils aimaient désarçonner!) : la tonitruante Battery. C’est malheureusement presque la fin, on aimerait que ça dure encore des heures, mais Royal Republic nous quittera sur RATA-TATA, avec un freeze moment d’anthologie à la fin, pendant lequel les quatre musiciens se figent pendant de longues minutes (mention spéciale au batteur qui restera bras en l’air, comme ça doit être dur à tenir).

On savait que Royal Republic était un groupe monstrueux en live, mais franchement, depuis la dernière fois que je les ai vus, j’ai l’impression qu’ils ont encore monté en gamme. Comme Adam l’a dit avant de nous quitter, l’ère Lovecop touche à sa fin, et on a vraiment, VRAIMENT, hâte de voir la suite, et les nouveaux délires dans lesquels ils nous emporteront.

Royal Republic - Venus (Official Video)

Royal Republic – vidéo YouTube

Royal Republic - "Ain't Got Time" Fan Feature live from Nijmegen

Royal Republic – “Ain’t Got Time” (Fan Feature)

Royal Republic Setlist L'Autre Canal, Nancy, France, Lovecop Tour 2026