Le LAB, Thionville : dernier concert de l’année
Not Scientists + The Last Idiots + Melvyn – Le LAB, Thionville – 19/12/2025
Report texte : Guillaume
Photos live : Marie d’Emm
En ce vendredi soir, direction Thionville avec Marie pour ce qui sera mon dernier concert de l’année. Et cette date, je l’attends avec impatience, car ce sont les Not Scientists qui viennent faire une halte dans notre chère Lorraine, et leur dernier opus en date, Voices, est clairement dans mon top albums 2025. De plus, je garde un super souvenir de leur passage au festival des 100 ans de Paulette en septembre 2023.
C’est la première fois que je me rends au LAB. La salle fait partie d’un ensemble plus grand appelé le LED, issu de la réhabilitation des anciens bureaux d’Usinor. Elle est plutôt petite (la jauge est de 200 personnes), mais elle a tout d’une grande : l’agencement est sympa, et la scène est presque à hauteur du sol, ce qui promet une belle proximité avec les groupes.
La soirée est organisée par Le Collectif du Bruit, une asso thionvilloise dont le but est de faire vivre la scène indépendante et locale. Leur logo est marrant : une oreille de laquelle s’écoulent délicatement quelques gouttes de sang ! On est prévenus : nos tympans n’ont qu’à bien se tenir …
The Last Idiots : punk californien et reprises
C’est un groupe 100% du cru qui ouvre le bal : The Last Idiots, et le ton est donné d’emblée. Les quatre mecs ne sont pas là pour faire dans la dentelle, mais pour envoyer du lourd. Leurs influences lorgnent clairement du côté de la Californie : on est sur du punk à roulettes, tendance hardcore. D’ailleurs, nous aurons droit à une reprise du morceau Disconnected du groupe Face to Face. Autre reprise, plus insolite : Can’t Help Falling In Love, d’Elvis Presley, dans une version bien plus vitaminée que l’original. Ça joue vite, ça joue fort, les chœurs sont efficaces. Le président du Collectif, Brice, fait quelques incursions sur scène pour accompagner le groupe au micro, et le chanteur/guitariste Hervé descend de scène sur Sing With Me pour faire participer le public. En résumé, une bonne quinzaine de titres parfaite pour débuter la soirée !
The Last Idiots – vidéo YouTube
Melvyn : punk écorché, paroles en français
C’est ensuite au tour de Melvyn de monter sur la scène du LAB. Le trio messin propose un punk écorché et sincère, avec des paroles en français. Le son est brut, dépouillé, les compos sont tantôt énervées, tantôt plus touchantes, comme sur Idées Noires, dédié à un ami disparu du groupe. L’un des morceaux, 404 Raisons, fait référence à l’aventure messine du Château 404 (le sweat du bassiste est d’ailleurs à l’effigie de l’endroit en question), haut lieu de la culture alternative foisonnante et bouillonnante de la fin des années 2010/début 2020, malheureusement fermé aujourd’hui. Le chanteur Igor se casse la voix vers la fin du set, mais assure vaillamment les dernières chansons, aidé par Brice qui revient faire une petite incursion.
Melvyn – vidéo YouTube
Not Scientists, une tête d’affiche en or massif
Changement de plateau, les lumières s’éteignent, et arrive un petit medley de musiques de jeux vidéo se terminant par un « the world is ending » annonçant Endgame, le troisième single issu de l’album Voices. Les Not Scientists arrivent sur scène, et là, bam, c’est directement la grosse claque ! Le son est énorme, tout le monde est à fond, c’est parti pour un set de folie ! Pour bien enfoncer le clou, on enchaîne sur le nerveux Burnout, puis sur Like Gods We Feast et sa ligne de basse dantesque. Not Scientists, c’est un vrai groupe de scène, ils sont complètement dans leur élément : ces mecs, c’est les 4 Fantastiques du punk.
La section rythmique est en béton armé, entre la basse omniprésente de Tatane, clé de voûte de leur son post-punk fortement teinté d’éléments new wave, et la batterie du Bazile, qui est une vraie force tranquille derrière ses fûts.
Ça tape fort (la caisse claire en fera d’ailleurs les frais un peu plus tard, heureusement Ben des Pookies, présent dans le public, volera au secours de ses potes pour un remplacement express), mais son jeu est également très subtil et hyper précis, c’est bluffant sur certains morceaux comme Cul de Sac ou Maze. A la guitare, Fred est un alchimiste avec son pedalboard bien fourni : le son est riche, dense et varié, ce qui donne aux morceaux de Voices une couleur et un visage live qui leur vont comme un gant. Enfin, la voix d’Ed est une sorte de madeleine de Proust pour moi, ayant été biberonné à Uncommonmenfrommars depuis l’adolescence. Autant dire que je suis sur un petit nuage …
Pour ce concert, les lumières sont brillamment assurées par Gui de Champi, dont on soulignera l’abnégation : par amitié pour le groupe, il a accepté de rater le match de Lens diffusé ce soir … tout en gardant tout de même un œil sur le score de temps à autre ! Dans la salle, certaines personnes ont fait le déplacement d’assez loin, notamment quelques spectateurs allemands, preuve que la réputation de Not Scientists dépasse nos frontières.
Côté setlist, la part belle est bien entendu faite au dernier album en date : sur les douze morceaux qu’il comporte, dix seront joués ce soir. Et leurs refrains fédérateurs font mouche, ils sont taillés pour être repris en choeur ! Mention spéciale à Caught in a Web (mon préféré, son côté électro est trop bien reproduit sur scène) et à Hurricane et ses entraînants« Wohohoho ». Les autres albums ne seront pas oubliés pour autant : concernant Staring At The Sun, nous aurons la reprise des UK Subs (%8×5) et Rattlesnake avec son inquiétant sample d’introduction.
Et pour Golden Staples, la palme du titre le plus dansant de la soirée est bien sûr attribuée à Paper Crown, et celle du plus acclamé à Perfect World et son riff dévastateur. Hervé de The Last Idiots montera d’ailleurs sur scène pour chanter le refrain avec le groupe. Le morceau final du set sera celui qui conclut l’album : The Architect. Mais heureusement, nous aurons droit à un rappel de trois titres : Fasten Your Seatbelts (issu de l’EP Staring At The Moon, sorti début 2024), Phone et le traditionnel Leave Stickers On Our Graves, la petite bombe du premier album, pour cette fois vraiment quitter la scène du LAB.
Not Scientists – vidéo YouTube
La soirée fut donc aux petits oignons : deux premières parties de qualité, une tête d’affiche en or massif, dans une salle très accueillante, le tout bien ficelé par une sympathique asso qui semble dynamique (j’ai vu des flyers pour Guerilla Poubelle fin janvier prochain au même endroit). Et cerise sur le gâteau : les Not Scientists sont hyper sympathiques et abordables après le set, ce qui est toujours très plaisant quand on est spectateur.
A retrouver nos autres reports ici




















