Dernier acte d’un Motocultor 2025 déjà monumental, ce dimanche s’ouvre sous un soleil radieux et une ferveur intacte. Malgré la fatigue accumulée après trois journées denses, la foule est compacte dès midi, plus nombreuse encore que les jours précédents. Les allées vibrent d’impatience : chacun veut profiter jusqu’à la dernière note de cette édition record.
Au programme, une affiche éclectique mêlant les fureurs du deathcore (Angelmaker, Thrown), la puissance du heavy (Blind Guardian), la solennité martiale de Kanonenfieber et la conclusion apocalyptique de Machine Head.
Un dimanche historique à 17 000 personnes
Quatrième et dernière journée du Motocultor 2025. Le site de Carhaix affiche complet avec une foule compacte estimée à 17000 personnes, venues vivre ce dimanche placé sous le signe de la diversité et de la puissance. Du deathcore à la mélodie symphonique, des riffs thrash aux envolées épiques, les scènes se succèdent sans répit… retour sur un final mémorable.
Angelmaker – Dave Mustage | 13h15 – Thierry
Place au deathcore canadien avec Angelmaker, et dès les premières secondes, la Dave Mustage se transforme en champ de bataille. Double frontmen (Casey Tyson-Pearce et Ian Bearer), alternance de growls gutturaux et de screams incisifs : le groupe ne laisse aucun répit. L’exécution est chirurgicale, la cohésion impressionnante. La setlist s’appuie sur plusieurs albums du groupe « Dissentient » (février 2015), « AngelMaker » (mai 2019), « Sanctum » (mars 2022) avec des titres comme Godless, Hollow Heart, Gutless, Leech … ou Relinquished single de l’abum « This Used To Be Heaven » qui sortira le 20 novembre prochain. Les breakdowns s’enchaînent, d’une brutalité millimétrée, déclenchant des pits d’une intensité rare. Angelmaker confirme ici sa réputation d’ogive scénique.
Party Cannon – Supositor Stage | 14h00 – Thierry
Impossible de ne pas sourire face à Party Cannon. Les Écossais transforment la Supositor Stage en « joyeux bordel » : ballons, orques et matelas gonflables, … Tout est réuni pour un moment aussi délirant qu’efficace. Sous des airs de parodie, le groupe maîtrise son death metal slammy avec une précision redoutable. Party Cannon rappelle qu’on peut faire rire tout en jouant sérieusement. Daryl « Frogman » Boyce (chant) en véritable showman n’hésitera pas à descendre de scène et venir hurler sur les barrières avec le public.
Un set totalement débridé, à la fois burlesque et fédérateur qui restera parmi les bons moments de la journée.
PARTY CANNON – Thirst Trap (Official Video)
Thrown – Dave Mustage | 15h00 – Thierry
Le metalcore suédois est à l’honneur avec Thrown, nouvelle sensation de la scène moderne. Le set est puissant : riffs acérés, rythmiques massives et un frontman Marcus Lundqvist qui ne s’économise pas, court partout et reste toujours au contact du public. Le groupe passe en revue les titres de leur EP, Extended Pain sorti en 2022 et de leur unique album Excessive Guilt (2024). La fosse s’embrase rapidement, le pit est en folie et les slammeurs s’en donnent à coeur joie. L’énergie brute du groupe, mêlée à une production moderne, confirme la montée en puissance d’une formation taillée pour les grandes scènes européennes.
THROWN – backfire (OFFICIAL VIDEO)
Locomuerte – Supositor Stage | 15h30 – Thierry
« Muchas gracias la Bretagne !!! Montrez-nous comment on fait un putain de mosh pit à la bretonne !!! ». Un set carré, puissant, l’ambiance est surchauffée et Locomuerte fait preuve d’une énergie explosive. Le set est une orgie de gros son et d’adrénaline, mais aussi d’échanges avec le public car Nico et El Termito communiquent constamment avec lui. C’est également très fun, pogo, wall of death et nuage de poussière à gogo…
Le Thrash Punk Crossover Chicano Mosh Power du 91 a encore frappé !!
King Buffalo – Bruce Dickinson | 16h20 – Thierry
Changement radical d’univers. King Buffalo plonge la Bruce Dickinson Stage dans une atmosphère planante et introspective. Le trio originaire de Rochester (New York) et composé du chanteur/guitariste Sean McVay, du bassiste Dan Reynolds et du batteur Scott Donaldson se définit comme un groupe de « heavy psych ».
Les longues boucles instrumentales se tissent patiemment entre psychédélisme et lourdeur stoner, enveloppées de rythmes progressifs et de déferlements d’énergie.
Une prestation immersive et enveloppante, où chaque note semble suspendue dans le temps. Une parenthèse sensorielle bienvenue avant la déferlante du soir.
King Buffalo – Live at Burning Man (Concert Film)
Landmvrks – Dave Mustage | 19h45 – Thierry
La formation marseillaise continue son irrésistible ascension. Landmvrks joue devant une foule compacte et conquise. La communion avec le public est totale dès les premières minutes du set. C’est une déferlante de gros sons, de riffs qui nous submerge. Il pleut dès le début du concert des « slammers » par dizaines qui, portés à bout de bras vers la scène, donnent beaucoup de travail à la sécurité… puis un énorme wall of death fait trembler la Dave Mustage. Florent Salfati impressionne par la justesse de sa voix et par sa présence scénique. Maîtrise technique et instrumentale tout est là, Landmvrks allie intensité, émotion et précision dans un set d’une efficacité redoutable, un show millimétré, cadencé, sans temps mort. « Creature », « Death », « Sulfur », « Lost in a Wave” … font exploser littéralement la fosse. L’un des grands moments de la journée.
Blind Guardian – Dave Mustage | 21h55 – Thierry
Blind Guardian, institution du power metal allemand nous offre un set de qualité (même si je m’attendais à mieux). Hansi Kürsch est, on le sait tous, un vocaliste exceptionnel avec une voix puissante mais je l’ai parfois trouvé en retrait et à la peine sur certain passage. Le show est sobre mais efficace, d’ailleurs le groupe côté scénique pourrait en faire un « petit peu plus » et semble s’économiser. Il n’en reste pas moins que l’on assiste à un très bon concert, techniquement irréprochable dans l’interprétation, les classiques s’enchaînent et les paroles sont reprises en choeur par le public notamment sur Nightfall”, “The Bard’s Song”, Valhalla et son final, … Un grand du metal européen !!
Machine Head – Dave Mustage | 00h05 – Thierry
Le rideau tombe dans un fracas monumental. Machine Head signe un final dantesque, une véritable célébration du metal moderne. Robb Flynn, en maître de cérémonie, alterne classiques intemporels et morceaux récents avec une intensité implacable. « Imperium », Ten Ton Hammer », “Is There Anybody Out There?”, “Davidian”, “Halo” … la Dave Mustage explose sous les riffs et les chœurs. Un concert plein de rage, de maîtrise et d’émotion… et beaucoup de pyrotechnie.
Une conclusion parfaite pour un festival qui aura tenu toutes ses promesses.
Conclusion
Ce dimanche restera gravé comme un jour historique pour le Motocultor : 17 000 personnes rassemblées à Carhaix, un record d’affluence et une ambiance exceptionnelle. Le site, vaste et bien organisé, a fait l’unanimité avec ses nombreuses zones de confort — points d’eau, zones d’ombre, sanitaires en nombre suffisant et espace restauration abrité.
L’équipe du festival peut être fière : 62 500 festivaliers sur quatre jours, dont 80 groupes étrangers, une organisation fluide et un esprit toujours aussi fédérateur.
Le Motocultor confirme son rang de 4ᵉ plus grand festival breton et 2ᵉ événement metal de France.
Les organisateurs regardent déjà vers l’avenir : édition 2026 du 13 au 16 août, avec une affiche déjà impressionnante — Within Temptation, Slaughter To Prevail, Emperor, Airbourne, Godsmack, Mass Hysteria…
Rendez-vous à Carhaix l’an prochain pour une nouvelle messe metal qui s’annonce tout aussi mémorable.






























































































































