Laurie Wright de retour en Gironde
« It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ’n’ Roll) » chantait Bon Scott en 1976. Nul doute que Laurie Wright s’est inspiré de ce titre pour parfaire sa route vers les sommets. Après un premier passage au Deus Ex Machina en Novembre 2024, Laurie Wright est de retour en terre Girondine. Laurie Wright. Comment dire. Vous avez tous entendu parler de Miles Kane ? Jake Bugg ? Carl Barât et Pete Doherty ? Et, à moindre échelle, Declan Mc Kenna ? Laurie Wright est, pour le moment, plus confidentiel. Mais croyez moi, ça ne va pas durer.
Laurie Wright, une trajectoire ascendante
Ayant commencé la guitare à 14 ans dans son South West Midlands natal, petite région du centre de l’Angleterre (Pour situer : Birmingham, Wolverhampton et Coventry, au sud de Manchester et Liverpool), Laurie est parti à 19 ans s’installer à Londres car « tout se passe là bas avant tout ». En 2020, il commence à jouer dans les bars de Camden (Forcément). Puis, après s’être fait repéré, et juste après la sortie du deuxième album en 2024, le public lui offre un concert sold out au Camden Underworld. Dans la salle, Pete Doherty lui propose alors la première partie de certains concerts de The Libertines. Puis il enchainera avec la tournée de The Rifles. La machine était lancée. Mais il a travaillé dur pour en arriver là et perfectionner ses talents d’auteur-compositeur. Il compte maintenant plusieurs centaines de chansons à son actif, développant un sens de la mélodie imparable. Écoutez « Who’s Laughing Now ? », non jouée ce soir, à mon plus grand désarroi, vous m’en direz des nouvelles. Il a également gravé quelques unes de ses pépites, non pas dans le marbre, mais dans le vinyle, avec trois albums à son actif. Un chaque année depuis 2023, tous en auto production, dont le troisième, le bien nommé « Power of 3 » est sorti en 2025. Début 2026, après avoir électrisé les scènes Britanniques, Laurie et son groupe ont entamé une tournée européenne à guichets fermés, avec 7 dates en tête d’affiche dans notre beau pays (Une huitième le 8 avril à Lille en première partie des Wampas). Ce soir c’est à Sortie 13, à Pessac, juste à côté de Bordeaux, qu’il fait étape.
Yoko ? Oh No ! lance la soirée
En première partie nous avons le plaisir d’avoir les locaux de Yoko ? Oh No ! (Pas la peine de te faire un cours d’histoire du rock, hein, tu as la réf), bien connus du milieu rock Bordelais car ils trainent leurs guêtres sur les scènes de la région depuis 2018. La dernière fois que j’ai vu les Yoko, c’était en festival, l’été dernier, et c’était très très bien. Depuis le groupe est passé de trio à quatuor avec l’ajout d’une deuxième guitare, tenue par Natty des Bilbao Kung Fu, qui, ce soir, arbore d’ailleurs un superbe tee shirt au nom de son premier groupe. Les Yoko ? Oh No ! sont ici pour nous présenter leur dernier méfait, le superbe « Merde In France », sorti fin novembre 2025 chez « Les Disques du Paradis ». Leur set, composé de 15 titres, couvre l’ensemble de leur discographie, composée de deux EP sortis en 2024 et donc 2025, et d’un album sorti en 2021, « Tattoos and Chlamydias ». Leur punk rock assaisonné à la sauce Beatles/Clash ne peut que vous happer. Leur énergie doublée d’un second degré plus que certain est ultra communicative.
Yoko ? Oh No ! – Wonderwall Player
Un set énergique et communicatif
Les 4 titres du dernier EP sont joués, bien entendu, dont le magnifique et entrainant Wonderwall Player qui a été clippé il y a quelques semaines. De l’énergie à revendre. De la bonne humeur, que du plaisir. Hâte de revoir le trio…Quatuor, pardon, sur scène, car c’est assez addictif.
Laurie Wright, une présence scénique totale
Changement de plateau rapide, et voilà Laurie Wright qui débarque sur scène derrière de rondes lunettes de soleil. Dernière date de sa tournée française en tête d’affiche, il ne fallut pas très longtemps pour que le public réagisse dès l’entame du 1er morceau : « My Rock and Roll ». Harmonica, basse omniprésente, riffs énergiques et batterie lourde et millimétrée, Laurie mouline le manche de sa Télécaster comme un damné qui joue sa vie et très, très rapidement, se met à transpirer à grosses gouttes. Peter Doherty disait de lui « Laurie Wright est un performer né ». Et il a raison. Laurie ne s’éternise pas en balbutiements, et de son entrée sur scène jusqu’à la fin de la soirée il s’époumone et rudoit sa guitare, monte sur son ampli., s’essaye au grand écart. Une vraie bête de scène. Depuis ce jour là, Rod Stewart (Excusez du peu) et Liam Gallagher l’ont également adoubé. Il y a d’ailleurs parfois des concerts dans des petites salles qui valent en qualité 100 concerts dans une Arena, et ce soir là, nous y sommes. C’est maintenant ! C’est là que ça se passe. Toute la discographie y passe, de « All Bad ? » à « Easy Street » en passant par « Bambi Legs » ou encore « It Was All Part Of The Plan », dont le clip a pas mal tourné sur les webzine Anglais. Entre deux titres Laurie vante les mérites du vin rouge et du fromage français. C’est sur que ça doit le changer du cheddar…. Il quitte rapidement la veste blanche qui le fait transpirer comme un goret (Je n’ai rien contre les gorets, ne nous méprenons pas), pour arborer un petit polo rouge…. Bordeaux. Très souvent il prend le temps de présenter les morceaux, et raconte parfois une petite anecdote. Ne me demandez pas d’en relater une, son accent à couper au couteau m’a dissuadé d’essayer de comprendre quoi que ce soit.
Laurie Wright – It Was All Part Of The Plan
Un final intense et fédérateur
Durant un set de presque deux heures, la partie principale du concert (avant les rappels) s’est terminée par un nouveau morceau : « Drowning In a Sea Of Maybes » et par le titre « Shit Show », tiré du tout premier album. Il ne fera d’ailleurs des pauses que pour s’accorder tout en papotant avec le public. Et puis la machine repart de plus belle… Il agresse du bras sa guitare avec une précision d’horloger Suisse, prend la pose, et, du haut de ses 1m65, dégage un charisme qui emporte tout le monde. Lui et ses trois complices nous ont gratifié d’une salve de rock à la sauce « revival sixties » plus que plaisante. Quel bonheur de voir tous ces sourires !
Entre héritage et identité propre
Plus largement, ce qui marque lorsqu’on écoute la musique de Laurie Wright, c’est que ça ne file pas tout droit comme à la mode Ramones. Les titres sont travaillés, et font mouche à chaque fois. Mention spéciale à « Boodaloo » addictif à souhait. Avec une voix collant bien au style du titre. Du coup nous avons, d’un côté, la puissance emblématique du rock anglais, mais aussi des touches mélodiques incroyables où l’on retrouve forcément les influences de groupes des années 60 comme The Kinks, Dr Feelgood ou encore The Small Faces. Et bien sur les Beatles (La mélodie, toujours la mélodie). D’ailleurs en fin de set nous avons droit à une reprise de « Twist And Shout » en rappel. Le groupe nous donne rendez vous au merchandising, et les musiciens, Laurie compris, devisent sereinement (De façon beaucoup plus intelligible que auparavant sur scène) avec le public présent qui vient largement les féliciter.
Au final Laurie Wright a su se faire sa place entre toutes les stars qui l’ont précédé sur le chemin du British rock’n’roll, et a su se servir de toutes ses diverses influences avec un certain doigté pour avoir son propre son, sa propre entité. Être « Lui », tout simplement. Surtout en live où il se révèle être une nouvelle bête de scène rock n’roll pur jus comme le rock anglais sait si bien en produire. Et ne vous inquiétez pas, je pense que nous allons très très très vite revoir Laurie Wright dans l’hexagone. Le festival Relâche organisé par Allez Les Filles tous les étés ne serait il pas dans les starting blocks ?
I Hope so. See you later on the road Laurie.
Une salle que nous connaissons bien sur My Rock Revolution, comme en témoigne notre live report de Patrick Rondat à Sortie 13 publié récemment.
👉 https://www.myrockrevolution.com/patrick-rondat-sortie-13-escape-from-shadows/












































