Hellfest 2025 Jour 3 l’appel du Temple

Le Hellfest en feu
🔥 Lecture rock’n’roll : 11 min chrono

Hellfest 2025, Samedi : Bienvenue au Temple
« Une journée parfaite pour les amateurs de metal noir »

Après déjà deux jours du rude bataille dans les plaines de Clisson, dont la dernière qui aura mis ces dames à l’honneur (lien live report vendredi), voici venu ce troisième et avant dernier jour de l’édition 2025 du Hellfest. Il est 10h30, et si l’on voit déjà des hordes de t-shirts « scorpions » ou encore « Judas Priest » se ruer en direction des barrières pour avoir la certitude de voir leurs idoles de près. C’est une toute autre programmation qui a retenu mon attention. Ceux qui me connaissent le savent, mon style de prédilection est un peu éloigné des strass et autres paillettes qui défileront à tour de rôle sur les scènes principales.

À quelques exceptions près, plongez avec moi dans une journée dédiée au sombre et à l’occulte, au style le plus décrié de ces 30 dernières années, mais qui est l’un des seuls à avoir gardé son ADN, le metal noir!

« Un départ plus heavy que black »

Bon, évidemment, j’ai commencé mon intro sur l’éloge du black et les deux premiers groupes que je vais shooter n’ont absolument rien à voir, mais comme dirait un grand philosophe « je m’en tape », si t’es encore en train de lire ce report, c’est que t’es plus intéressé par mes conneries et ma douce plume que par les réels Instagram venus t’expliquer « pourquoi il fallait absolument voir Linkin Park » ou bien que « la dernière collection de bijoux de Tartempion joaillerie est sortie #collaboration commerciale ».

ADX

Si il y a quelques années j’avais réussi à trainer ma pote Camille (Ouais, la coreuse là), devant SOR-TI-LEEEEEEEEGE, j’étais fort obligé d’aller voir ADX cette année. Un des groupes français phares de la scène heavy/thrash du début 80, qui après quelques splits et re-formations, vient ouvrir la MainStage en cette journée de samedi. Alors, oui, le son n’était pas forcément le meilleur du week-end, mais c’était loin d’être catastrophique. Sur scène, les musiciens en veulent, sont heureux d’être là, et on ressent une vraie communion (assez caractéristiques des concerts de ces groupes pionniers) avec les fans de la première heure qui avaient répondu présents.

ADX - LES CHAROGNARDS (clip officiel)

LUCIE SUE

Bon, on n’est toujours pas exactement dans le metal extrême, mais, on supporte la scène locale, la dame elle est de Bayonne… South West connection, tu connais. Premier passage à la Mecque du metal pour Lucie Sue qui vient défendre ses dernières sorties (liens) devant un public déjà nombreux pour un créneau aussi matinal. Une puissance pure et brute se dégage de ce set, qui sera électrique de A à Z. Set qui aura sans aucun doute marqué les esprits de ceux présents, que ce soit de part la qualité de la prestation, où de l’énergie qui s’en est dégagée.

Lucie Sue Feat. Satchel (Steel Panther) - Ride The Wired Wild Tiger (official video)

Bon, à peine midi. Il est déjà l’heure de mon deuxième petit déjeuner. Il faut avouer que l’un des vrais points forts du Hellfest, c’est cette diversité de choix dans la nourriture (les bonnes adresses se passent vite de bouche à oreille, si vous souhaitez essayer certaines, évitez d’y aller entre midi et 15h).

Witch Club Satan

Allez! Premier groupe de black de la journée pour moi. Et quel groupe! Un trio norvégien 100% féminin, qui vient nous délivrer un black metal aux sonorités anciennes. Vrai, sans artifice, une prestation d’une violence rare, aussi bien sur le plan sonore que scénique. Un vrai plaisir d’enfin voir le groupe sur scène, qui tient tous ses engagements. Que ce soit Nikoline, Johanna ou Victoria, chacune d’entre elles est complètement possédée, et Temple se transforme en un véritable rituel mêlant satanisme et féminisme. Une vraie claque distribuée à l’audience par Witch Club Satan, complètement conquises par le trio scandinave.

Witch Club Satan - You Wildflower (Official Music Video)

Witch Club Satan – You Wildflower (Official Music Video)

Audrey Horne

Premier dilemme de la journée, avec WTS. J’avais réellement envie de faire les deux sets en entier, mais je n’ai malheureusement pas encore le don d’ubiquité. J’ai néanmoins pu profiter de la foule encore assez éparse sur le site pour battre mon record sur 400m, et aller shooter Audrey Horne depuis le pit. Un groupe que je suis depuis quelques années maintenant, les norvégiens pratiquent un soft rock simple, catchy mais ô combien efficace.
Les refrains sont repris en choeur par le public qui arrive petit à petit, comme happé par la fête qui se déroule sur la MainStage. Je ne peux que témoigner de la fin du set, mais c’était un réel plaisir de pouvoir enfin les voir sur scène.

AUDREY HORNE - Devil's Bell (Official Video) | Napalm Records

ROSS THE BOSS

Ross the Boss, bon. Si le nom ne vous dit rien, c’est l’ancien guitariste de Manowar (vrais gens du metal) avec qui il y avait eu un drama pas possible.
Sur scène, c’est cool, c’est du Manowar, en moins kitsch. Si nombre de morceaux du groupes sont repris, certaines compositions sont jouées et c’est vraiment intéressant. Pour le coup, si l’accent est mis sur le jeu de guitare de Ross (The boss), le reste des musiciens présents sur scène n’est absolument pas en dessous sur le plan technique. Une belle prestation, même si c’était bizarre d’entendre le légendaire « Other Bands play… » sans Manowar sur scène.

ROSS THE BOSS - By Blood Sworn (2018) // Official Music Video // AFM Records

Tryglav

Retour sous Temple pour cette fois ci un solo project croate, Tryglav, emmené par nulle autre que Boris Behara. Accompagné d’un batteur et d’un bassiste pour les live sessions, il vient nous défendre son univers de black metal mélodique et agressif. J’ai beaucoup aimé l’univers et la prestation de Tryglav. Une touche de modernité agréable à l’oreille, sans usage d’artifice. Une belle découverte, confirmée en live!

I Played at Europe’s BIGGEST Metal Festival! HELLFEST 2025 Vlog

Beyond the Black

On est reparti en direction des scènes principales pour assister au concert de Beyond The Black (BTB! Private joke), un groupe de metal symphonique allemand, emmené par la charismatique Jennifer Haben. Musicalement, c’est propre, bien fait, même si ça n’a rien de très original. J’ai par contre beaucoup apprécié ces refrains lents repris en choeur par la foule. Si la scénographie est assez épurée, j’ai trouvée l’utilisation des écrans assez intéressante et la colorimétrie très agréable. Une recette efficace qui aura conquis le public de la MainStage, et la fan-base du groupe venue nombreuse aux barrières.

Beyond the black - In the shadows / Hallelujah @ Hellfest 2025

Spectral Wound

Sûrement LE groupe que j’attendais le plus du week-end. Spectral Wound c’est ma découverte de ces cinq dernières années. Je trouve chaque album absolument excellent, avec un son très caractéristique. De Terra Nullius à Songs of Blood and Mire, et surtout A Diabolic Thirst, je considère chacune de leurs sorties comme des références du domaine. Autant vous dire, que j’avais beaucoup d’exigences sur cette prestation, et je n’aurai pas grand chose à dire à part « Mais quelle branlée » (peut être saupoudré de quelques superlatifs qui ne partagent pas les valeurs de la République. La prestation était vraiment fantastique, je perds mon objectivité mais une vrai émotion de voir ce groupe, que j’écoute en permanence, sur scène pour la première fois. Je trouverai le set un peu trop court, mais très honnêtement, la prestation était parfaite.

Frigid and Spellbound

Grima

Un autre groupe que j’attendais venus tout droit du fin fond de la Sibérie et vêtus de leurs emblématiques accoutrements (des masques de bois, des capes noires), les russes de Grima s’avancent sur la scène de Temple pour délivrer leur black metal atmosphériques aux teintes folk et pagan à la tente presque comble. Une prestation envoutante et glaciale, où l’accent est mis sur la noirceur de l’album « Nightside » (lien) paru en 2025. La voix, tantôt stridente, tantôt chuchotante voir même incantatoire, donne l’impression d’avoir face à nous et un un rituel invoquant un esprit où une divinité des contrées reculées de la Sibérie. Un univers vraiment particulier dans lequel il peut être difficile de rentrer, mais absolument fantastique vécu de l’intérieur.

Grima - live at Hellfest 2025 - ARTE Concert

Deafheaven

On reste sous Temple pour un groupe que j’ai découvert il y a assez peu. Les californiens de Deafheaven viennent présenter leur post-black aux notes de shoegaze devant une tente qui n’est pas comble étonnamment. Leur réputation n’est pourtant plus à faire et au vu du créneau sur lequel ils jouent, nous avons devant nous l’une des têtes d’affiches de la scène. C’est donc devant un public assez calme que Deafheaven se présente à nous. Emmenés par un frontman charismatique en la personne de George Clarke (lien), les natifs de San Francisco n’auront de cesse une heure durant de se donner à fond sur scène.

Deafheaven - Magnolia (Official Music Video)

ABBATH DOOM OCCULTA

Toujours un plaisir de voir Abbath sur scène, même si les conditions photos sont à chaque fois chaotiques. Le show en lui même est vraiment plaisant. Une véritable atmosphère émane de la scène. Coté setlist, on retrouve évidemment ses classiques avec Immortal, le son dans l’ensemble est plutôt bon, et puis, ne faisons pas les fines-bouches, ça reste du black! La batterie frénétique vient renforcer le côté brutal de la prestation qui aura séduit le public de la Temple.

Abbath "Doom Occulta" - live at Hellfest 2025 - ARTE Concert

Blood Fire Death (Tribute to Bathory)

Fin de soirée, la fatigue se fait ressentir. Néanmoins, les véritables aficionados du metal noir sont toujours là pour un concert hommage à l’un des pères fondateurs du genre. Le vénéré Quorthon, mastermind de Bathory, projet légendaire et avant-gardiste ayant inspiré et influencé nombre de groupes de la seconde vague à se lancer. Question line-up, comment dire… Se dresse face à nous avec Blood Fire Death, des légendes. On parle d’Erik (Watain) et Gaahl (Ex Gorgoroth/Gaahl’s Wyrd) au chant. On parle de Faust (qui aura défrayé la chronique avant le Hellfest pour son passé quelque peu tumultueux) derrière les fûts.

On parle d’Ivar Bjørnson (Enslaved) et Blasphemer (Ex-Mayhem) à la guitare. On parle d’Apollyon (Aura Noir) à la basse, appuyé en cours de set par Frederick Melander, le premier bassiste session de Bathory. Dans une atmosphère sombre, théâtrale et ô combien puissante, cette formation de légende a livré un set absolument parfait, reprenant les classiques du regretté Quorthon. La foule qui reprend en choeur chaque refrain, chaque cri, témoigne de l’influence que Bathory a eu sur la scène black. Je pourrais continuer encore longtemps sur mon éloge, mais vous l’aurez compris, on vient d’assister au plus beau concert du week-end et sûrement l’un des meilleurs de ma vie, pour cela, merci. (Ouais, j’ai versé ma larme sur One Rode to Asa Bay).

Blood Fire Death - A Tribute to Quorthon, Beyond the Gates 2024
Blood Fire Death – A Tribute to Quorthon and the music of BATHORY – Beyond the Gates 2024


C’est sur cette note absolument démentielle que s’achève ce troisième jour de Hellfest.
Une journée longue et mouvementée, sous une chaleur de plomb, mais qu’est ce que ça valait le coup de souffrir… Retour au camp de base, où ma quechua m’attend sagement pour quelques heures de repos avant de remettre le couvert, pour un dernier baroud d’honneur, avec la dernière journée qui arrive très bientôt sur My Rock Revolution.

On retrouve ici les journées 12