Monumental !!!
On pourrait aligner les superlatifs pour décrire le concert de Gojira à Bordeaux ce mardi 9 décembre.
Depuis le début de leur tournée 2025, dans chaque ville où est passé le groupe, les commentaires sont dithyrambiques et élogieux. On ne parle que de « claque », « de concert de l’année », « de monstres de la scène metal », « de show millimétré », des « dieux du metal » …
À l’Arkéa Arena, c’était presque un concert à la maison : un set de près d’1h45 sans le moindre temps mort, un light show vertigineux, un son massif et précis, une prestation scénique irréprochable et 4 musiciens (5 avec Greg Kubacki) au sommet de leur art. Plus de 9 000 personnes sont là pour fêter Gojira. Au programme : une soirée en trois actes avec Neckbreakker, Comeback Kid et un Gojira en mode démonstration.
NECKBREAKKER ouvre les hostilités
La soirée s’ouvre avec NECKBREAKKER, jeune formation de death metal venue du Danemark. Cinq musiciens qui déboulent sur scène avec une vraie fougue et une envie évidente de tout donner. Leur set est court mais très énergique, puissant, sans temps mort. Entre racines old school et ligne moderne, chaque morceau est pensé pour faire bouger les têtes. Rien qu’à voir les sourires accrochés à leurs visages, on comprend qu’ils savourent pleinement le fait de se retrouver sur cette tournée aux côtés de Gojira.
Dans la fosse, le public se laisse vite embarquer : ça headbangue dès les premiers titres et les nuques commencent déjà à chauffer. Signé chez Nuclear Blast Records, le groupe a sorti son premier album, Within The Viscera, en décembre 2024. Une très belle découverte et clairement un groupe à surveiller de près.
Line-Up :
Christoffer Kofoed – Chant
Joakim Kaspersen – Guitar
Johan Lundvig – Guitar
Sebastian Knoblauch – Basse
Anton ‘Hajn’ Bregendorf – Batterie
NECKBREAKKER – Face Splitting Madness (OFFICIAL MUSIC VIDEO)
COMEBACK KID : le détonateur hardcore
Place ensuite aux « vétérans » de COMEBACK KID (CBK), groupe de punk hardcore canadien originaire de Winnipeg. Signés aussi chez Nuclear Blast Records, ils prennent le relais de Neckbreakker pour un bon trois quarts d’heure de set sauvage, puissant et intense.
Avec plus de deux décennies de carrière, le groupe a de la bouteille et ça s’entend : un punk hardcore nerveux, direct, taillé pour la scène. Les cinq musiciens débordent d’énergie, bien emmenés par un Andrew Neufeld intenable au chant, qui arpente la scène en long, en large et en travers pour haranguer la foule. La fosse se densifie peu à peu et répond à ses sollicitations.
Un set qui prépare parfaitement le terrain pour Gojira et confirme, s’il en était besoin, que COMEBACK KID reste une valeur sûre du punk hardcore.
Line-Up :
Jeremy Hiebert – guitare
Andrew Neufeld – chant
Chase Brenneman – basse, chant
Stuart Ross – guitare
Loren Legare – batterie
GOJIRA : une décharge d’adrénaline pure à Bordeaux
21h passées, quand les lumières s’éteignent dans une Arkéa Aréna bien remplie avec plus de 9 000 spectateurs massés en fosse et en tribunes,… on sent tout de suite que la soirée va basculer dans une autre dimension.
Dans un noir quasi complet, un rideau de faisceaux verticaux s’élève lentement devant la scène, comme un mur de pluie lumineuse. Sur l’écran géant, une silhouette se met à bouger, puis se démultiplie, au rythme d’un martèlement de percussions. Quand la figure éclate en lumière, tout bascule : explosion sonore, flammes qui jaillissent, et Gojira entre en scène sur « Only Pain ».
D’emblée, le ton est donné : riffs tranchants, lumières stroboscopiques calées sur la double pédale, public déjà en fusion.
Particularité de cette tournée 2025 : Joe Duplantier, blessé à la main droite et récemment opéré, ne tient plus la guitare pendant l’essentiel du concert, seulement sur 2 titres à Bordeaux. Les parties de guitare sont assurées par Greg Kubacki (Car Bomb), venu renforcer le line-up sur l’ensemble des dates françaises.
Greg n’est pas cantonné au rôle discret de « session man » dans l’ombre. Installé juste à côté du kit surélevé de Mario, il tient la majorité des rythmiques à la six-cordes avec brio et talent. On le voit régulièrement à l’écran pendant le show, pleinement intégré au dispositif visuel du concert. Cette configuration en quintette fonctionne immédiatement. Joe peut se concentrer à 100 % sur son rôle de frontman, tandis que Greg assure le relais à la guitare sans jamais casser l’identité sonore de Gojira.
Libéré de son instrument, Joe occupe l’espace comme rarement : il traverse la scène, vient se coller au bord du pit, headbangue au pied de son frère, multiplie les échanges avec la fosse. Ses lignes de chant restent solides, entre growls massifs et passages plus mélodiques, malgré l’intensité physique du set.
Le son est de très bonne facture, massif mais précis, chaque riff perce le mix et la section rythmique frappe comme un rouleau compresseur. Mario Duplantier, fidèle à sa réputation, enchaîne blasts, contretemps et doubles pédales interminables avec une précision et une puissance impressionnantes. J’aime son jeu, c’est vraiment un batteur qui m’impressionne. Jean-Michel Labadie secoue la scène à chaque break, tandis que Christian Andreu et Greg Kubacki verrouillent les guitares sur une rythmique d’enfer.
La scénographie est impressionnante : batterie trônant au centre du dispositif scénique, arc de lumière à l’arrière, écrans latéraux, jets de flammes, geysers de fumée et confettis/serpentins… Sur « Flying Whales », deux baleines géantes surgissent au-dessus de la foule, offrant un moment suspendu avant le traditionnel déferlement dans la fosse.
Autre séquence forte : “Mea Culpa (Ah ! Ça ira !)”.
Joe lance : « l’année dernière nous avons eu l’immense honneur d’être invités par le Comité des Jeux Olympiques pour faire une performance pendant la cérémonie d’ouverture, … vous avez sûrement entendu parler de çà !!
Avant on jouait dans des clubs et tout d’un coup nous voilà propulsés dans de grandes salles comme celle-ci, … cela nous a fait un peu de pub !! La prochaine chanson parle de liberté, de révolution, de bain de sang, de décapitations, … elle se nomme Mea Culpa ».
Marina Viotti, déjà présente lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris débarque sur scène. Le contraste entre les growls de Joe Duplantier et la voix lyrique de Marina Viotti déclenche une ovation dans le public. Marina reviendra plus tard pour “The Chant”, transformant l’Arkéa Arena en une immense chorale, gradins et fosse confondus.
Entre deux salves de lights et de flammes, Joe prend le temps d’évoquer ses souvenirs bordelais, les premiers concerts devant quelques dizaines de personnes (au Jimmy, au Krakatoa,…) bien loin du dispositif scénique et de la salle quasi pleine de ce soir. On sent une vraie émotion à rejouer « à domicile », devant un public qui répond présent sur chaque titre.
La setlist balaie largement la discographie du groupe : classiques attendus, extraits de Fortitude, retour aux racines plus death metal, passages plus atmosphériques… Le tout sans baisse de régime. La tension monte encore sur la fin du set avec un final taillé pour marquer les esprits.
Au terme d’un show sans temps mort, “L’Enfant Sauvage” puis “Global Warming” éclairé par plusieurs milliers d’écran de smartphones viennent clore la soirée. Je profite des dernières minutes pour m’éclipser avant la sortie de masse, en laissant derrière moi une Aréna encore en fusion, portée par un Gojira qui ne relâche jamais la pression.
Une chose est sûre : en 2025, Gojira confirme son statut de formation majeure de la scène metal mondiale et prouve qu’il peut faire basculer une arena dans une communion totale entre le groupe et son public.
SILVER CORD SESSIONS / GOJIRA
Une tournée française hors norme
Quelques jours après le concert de Bordeaux, la tournée française de Gojira s’est achevée le 12 décembre. Sur ses réseaux, Mario Duplantier est revenu sur l’ampleur de ce qu’a vécu le groupe : plus de 100 000 billets vendus en France, une affluence record pour une tournée nationale et une production scénique jamais atteinte jusqu’ici pour Gojira, avec une équipe technique d’environ 80 personnes mobilisées et un dispositif visuel salué partout où le groupe est passé.
Il souligne aussi le caractère collectif de cette aventure : la présence de Greg Kubacki à la guitare, qui a permis de maintenir la tournée malgré la blessure de Joe, le travail de l’équipe en coulisses, ainsi que la contribution des groupes en ouverture, Comeback Kid et Neckbreakker, qu’il remercie publiquement.
Enfin, Mario adresse un message simple au public : sa gratitude pour cette tournée et pour la ferveur des salles françaises, remerciant celles et ceux qui sont venus en si grand nombre et affirmant combien ces concerts comptent pour le groupe. Ce chapitre 2025 se referme sur la promesse d’un nouvel album annoncé pour 2026, et sur le sentiment que cette tournée a fait franchir à Gojira un nouveau palier, artistique comme scénique.
Merci à Gérard Drouot Productions et Euterpe Promotion pour l’accréditation.
Live Report de Thierry Bouriat, photographe de concerts metal et de surf sur la côte atlantique, fondateur de My Rock Revolution.
Pour découvrir aussi mon travail de photographe surf sur les spots du Sud-Ouest Atlantique, rendez-vous sur thierrybouriat.com/surf.




























































