Festival Rose Chaos, une première édition réussie

FESTIVAL ROSE CHAOS – CHEZ NARCISSE- 24 et 25.04.2025
🔥 Lecture rock’n’roll : 10 min chrono

Les 24 et 25 avril 2025, la salle mythique de Chez Narcisse au Val d’Ajol accueillait la toute première édition du Festival Rose Chaos. Entre punk, électro-indus et garage rock, cette édition fondatrice aura marqué les esprits par sa chaleur humaine et son intensité musicale.

Un lieu emblématique et une 1ère édition très réussie dans le fief vosgien du punk rock.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Chez Narcisse est une salle mythique située au Val d’Ajol dans les Vosges. Ancien cinéma reconverti en salle de concert de 600 places, attenante à un café de village tenu par la même famille depuis 1892, ce lieu chaleureux est très prisé par les amateurs de punk rock et je ne connais pas un groupe qui ne rêve de venir s’y produire. Les concerts sont portés par l’association Rock Live qui organise aussi chaque mois de juillet le festival Le Pied Orange.

C’est la première édition du Festival Rose Chaos, né suite aux 3 jours de fête que nous avions partagés en avril dernier quand les Tagada Jones étaient venus fêter leurs 30 ans pendant 3 jours avec de nombreux groupes amis. Le public s’était déplacé de la France entière et a prouvé sa fidélité au lieu et aux groupes.

 Jour 1 – Une ouverture explosive
Sweet Mad

A peine le temps d’arriver et de saluer les têtes connues que la soirée commence. Il est 19h et ce sont les copains de Nancy, Sweet Mad , qui ouvrent le festival. Sweet Mad est un tout jeune groupe que j’ai vu le mois dernier lors de leur premier concert. Mais dans ce duo rock énergique on reconnaît Roxanne à la batterie et aux chœurs. Elle œuvre aussi dans le duo electro punk M.O.K.O. et je la croise souvent car elle s’occupe du son de nombreux groupes comme Knukkle Head, Laura Cox ou Black Bomb A pour ne citer qu’eux.

Je connais moins Aymeric qui s’occupe de la partie chant et guitare. Ils sont tous deux en noir et rouge, même la batterie et la guitare sont rouges. Le son est bien lourd et hypnotique, ils reconnaissent que leurs influences vont de QOTSA à Royal Blood ! Le set passe très vite et se termine par une superbe reprise des Beatles, Come Together, et New Bend, le titre phare de leur album sorti en mars et dont on a partagé le clip sur My Rock Revolution.

Train Fantôme

Je suis bien curieuse de découvrir Train Fantôme, ce collectif brouillant les frontières du trap et du metal que Thierry a shooté cet automne lors de l’event « Music Under Our Skin«  organisé par l’association Rock en Tête à Montendre en Charente. AVddxct le DJ domine la scène pour l’intro dans une ambiance de lights rouges et de strobs. Puis arrivent quatre très jeunes rappeurs au look de punks des années 80’ avec chaînes, clous et épingles à nourrice.

Leur chant est rappé et screamé avec des paroles (en français) engagées qui abordent différents thèmes anti transphobes/sexistes/racistes. La salle est bien remplie et le public adhère et chante avec eux. C’est du hight energy sur scène, ils courent partout, ils sont difficiles à cadrer ! Dès le deuxième titre avec le collègue photographe vosgien Steph on se fait arroser, heureusement ce n’est que de l’eau mais je préfère m’éloigner pour protéger mon matériel.

Black Bomb A

C’est avec grand plaisir que je retrouve la team de Black Bomb A que je commence à connaître à force de les croiser ! Ils sont ravis d’être là et montrent l’affiche de « Speech Of Freedom » (sorti en 2004) collée sur un mur de la salle, comme tant d’autres qui témoignent du passage des groupes. Le set passe très vite, ils enchainent comme à leur habitude, tout en faisant quand même des petites pauses pour remercier les gens d’être venus plutôt que de rester devant leurs écrans.

Je ne m’étends pas car j’ai déjà dit tout le bien que je pense d’eux dans mes précédents reports. Je monte dans l’ancienne cabine du projectionniste d’où j’ai une excellente vue sur toute la salle sans être trop bousculée ( Au Rock Your Brain Fest j’étais repartie avec un coquart à l’œil pendant leur set). Je les rejoins ensuite sur scène pour la photo avec le public. Backstage après le concert c’est chouette d’entendre un des jeunes rappeurs de Train Fantôme les féliciter en avouant qu’ils sont ses modèles, et Poun de répondre que de les voir lui a rappelé ses débuts. Rendez-vous le 29 novembre Chez Paulette les BBA !

Horskh

C’est la troisième fois que je les vois, et j’ai également aussi vu Bastien le chanteur avec Pogo, son autre formation. Cette fois j’ai pu discuter un peu avec lui dans la loge avant le set et en profiter pour lui demander si je peux aller près d’eux sur scène. Pas de pit photo Chez Narcisse donc c’est très compliqué de se positionner au milieu des pogos et du public surexcité et festif pour prendre des photos. En général je tiens un ou deux morceaux et après je m’éloigne car ce n’est plus tenable ! Surtout avec un groupe comme Horskh !

Bastien est déchainé sur scène, il bouge partout. Je trouve que Jordan qui alterne machines, guitare et percus prend plus l’espace que la dernière fois que je les ai vus. Il prend même le micro maintenant, les deux sont très complémentaires, accompagnés par un Sylvain magistral à la batterie, le visage peint en rouge sang. Le passage à trois percus est un des moments forts du set. Les trois ont un look très étudié, j’adore shooter des groupes avec une esthétique très visuelle. Les bisontains qui sont presque des voisins mais viennent pourtant pour la première fois ici font une forte impression. Je me demandais si une formation electro indus metal trouverait son public Chez Narcisse, et bien la preuve que oui, cette première soirée se termine dans un déluge de décibels, de pogos, de walls of death, baptême réussi pour Horskh !

Jour 2 – Du chaos à l’unisson
Komptoir Chaos

Ce sont des voisins vosgiens qui se produisent partout dans la région et au-delà et pourtant c’est la première fois que je les vois en live. Je connais déjà Seb le leader qui est bassiste dans Bad Nasty et Abel le guitariste qui vient de créer en Alsace l’asso « Marché Noir » pour y promouvoir le punk rock. Il m’a invitée à venir en octobre car il fera jouer les copains de Burninh Heads et de Guillotine, belle soirée en perspective.

Komptoir Chaos c’est du street punk bien énervé en français aux influences The Exploited et Ramones. Ça joue vite, ça joue fort, leur public avec les crêtes encore bien hérissées est là alors qu’il n’est que 17h et le ton de la deuxième journée est donné ! Hier la salle me paraissait déjà bien full mais ce soir c’est sold out et il va falloir pousser les murs !

Johnnie Carwash

Cela fait un moment que je vois leur nom circuler alors je suis impatiente de les voir. Je ne les connais pas du tout, n’ai jamais écouté leur album « No Friends No pain » sorti en 2024. Je préfère  découvrir les groupes en live. Et bien c’est une belle surprise. Leur garage rock teinté de punk pop dégage une bonne énergie positive. La chanteuse est plutôt réservée, en contraste avec le bassiste très exubérant et remuant dans son short salopette en jean. Gros gros son de basse qui fait trembler le sol. Ces trois-là forment un excellent groupe, tout en fraicheur et légèreté. Ils ont des échanges sympas et plein d’humour avec le public qui leur fait un accueil remarquable avec ballons et bâtons lumineux pour une jolie ambiance.

Not Scientists

Le temps d’aller manger la célèbre munstiflette et c’est parti pour Not Scientists ! Je les ai vus à Metz et au Punk Off de l’Arsenal Rock le mois dernier mais ce sera ma dernière avant la sortie de leur nouvel album à l’automne prochain. Quand on aime on ne compte pas, c’est un de mes groupes de cœur, musicalement et humainement. C’est le copain Gui de Champi aux lights alors je sais qu’il va me faciliter la tâche pour shooter. C’est leur première Chez Narcisse, même si Ed était là l’an passé car il officie aussi avec Opium Du Peuple.

Le set commence toujours par « Push » un de mes titres préférés. Cette fois encore ils vont dérouler leurs morceaux de punk rock indie aux accents new wave, des mélodies entêtantes et addictives que je connais par cœur. Oups je danse tellement que j’en oublie de faire des photos ! Je termine le set aux côtés de Bazile qui me fascine toujours autant par son jeu de batterie. C’est beaucoup trop court à mon goût, je voudrais que ce concert dure des heures !

Tagada Jones

Le temps d’attente paraît long dans la salle chauffée à blanc. Pour patienter le public commence à lancer ses gobelets dans le panier de basket fixé au mur. Même Job qui est un grand fan de basket arrive pour tenter sa chance depuis la scène. La salle est en délire, il est temps que cela commence car je vais mourir étouffée au premier rang. Je tiens un morceau, c’est trop dangereux pour moi et mon matériel.  C’est la seizième fois que les Tagada Jones se produisent ici, ils répètent que c’est leur deuxième maison et ont tissé des liens d’amitié avec la famille. Dès les premières notes c’est parti pour une déferlante de slammeurs et de paroles reprises en chœur.

Les Tagada Jones enchainent 19 titres de leur rock engagé aux paroles toujours d’actualité. Comme à chaque concert Niko annonce le très attendu « Mort aux cons » en hommage à Parabellum et « Vendredi 13 », titre touchant dédié aux victimes du Bataclan. Je finis le concert avec eux pour la photo souvenir qui est un peu ratée car depuis une demi-heure il y a une telle condensation dans la salle que j’ai de la buée à l’intérieur de mon objectif. Backstage Niko me dira plus tard que c’était un de leurs meilleurs concerts. Ils sont rincés mais très heureux et je sens que la soirée n’est pas finie même si je m’éclipse assez tôt ! Rendez-vous pris avec eux début juin au festival Le Jardin Du Michel près de chez moi.

Voilà, la première édition du Rose Chaos se termine. Un grand merci à Victor et à l’asso Rock Live pour l’accréditation et l’accueil. Je reviens toujours avec grand plaisir dans cette salle chaleureuse. Le public y est bienveillant, je reconnais plein de bonnes têtes de copains habitués des concerts. Contrairement aux grandes messes, ici il n’y a ni consignes ni restrictions pour moi et c’est un vrai bonheur. Les groupes sont heureux d’être là, on les croise dans la salle en train d’assister aux shows des autres artistes, ils sont abordables et discutent avec les gens. Vivement la deuxième édition !