Live report et photos : Laurent Robert
Merci à Laurent pour ce report complet du concert de Crazy Dolls and The Bollock à Lesparre, au CALM.
Un concert K-Music.
Crazy Dolls and The Bollocks : fifties, sixties et fureur rock’n’roll
Crazy Dolls and The Bollocks est un groupe de Rock’n’ Roll et rockabilly, ils se sont formés à Bordeaux en 2014. Les Crazy sont à l’origine un projet de Lynn (qui, physiquement fait penser à une Amy Winehouse survoltée je crois qu’elles font sensiblement la même taille et sont toutes les deux largement tatouées … la voix de Lynn étant beaucoup plus rock’n’roll, bien sûr, mais toute aussi chaude et charismatique) et Florian, guitariste bien connu sur les scènes de Nouvelle Aquitaine (Perry Gordon, Rawhide).
Ils sont accompagnés par une solide section rythmique composée de Arthur à la batterie, et Corentin (Matrass) à la basse. Un univers décalé et vintage, fait de compositions originales influencées par le cinéma fantastique, voir « horror creepy », et alliant tous les codes du rock’n’Roll et rockabilly, saupoudrés d’un peu de psychobilly ou du Punk.
Les Crazy Dolls trouvent leur inspiration auprès d’artistes comme JD Mcpherson, Imelda May, les Stray Cats, mais également chez les légendes des 50’s américaines, et notamment Johnny Cash. Johnny Cash dont ils tirent d’ailleurs leur devise : « Ne prends pas de leçons. Chante à ta façon ! ». Cela fait maintenant plus de 10 ans qu’ils arpentent les scènes et se sont fait une solide réputation. Ce soir c’est à l’occasion du concert du nouvel an de l’Office de Tourisme Médoc-Vignoble qu’ils se produisent à Lesparre, au CALM. Après avoir profité du vin d’honneur et des petits fours, 21h approchant, le top départ est donné pour 90mn de rock’n’roll !
Le concert commence en mode Ramones : One Two Three Four, Let’s go !. « Depressed Gale » et le furieux « Go Fast » s’enchaînent, et tout de suite la voix de Lynn, au ton chaud et cuivré, finit de parfaire cette belle mise en bouche qui ne laisse jamais le public indifférent. Puis « Lockdown Blues » arrive. Morceau mid tempo, bien plus posé. Corentin en profite pour placer un petit solo de basse bien senti.
Avec « Miss Carter » le tempo ralentit encore quelque peu et le groupe nous invite le temps de ce titre au fin fond d’un club enfumé du West Side Sound de Chicago. La voix de Lynn se veut envouteuse et envoûtante. Grave et chaleureuse. Florian en vient même à interpeller Miss Carter avec une voix rocailleuse, chaude et veloutée… « You’re Breaking, you’re Breaking, the masks are falling.. »..
Crazy Dolls and The Bollocks Live 2022
Moment hommage avec « Funnel of Love » de Wanda Jackson, sorti en 1960. La voix chaleureuse de Lynn contraste quelque peu la physionomie du titre original, sans pour autant le dénaturer, car Wanda avait plutôt une voix de tête. Wanda a quitté le show business, par la force des choses, mais ses titres vivent encore. S’ensuivent quatre titres du EP « Divine » sorti en 2018. Le bien nommé « Rockabilly Mind » rapide et rythmé, le morceau donnant son titre au disque, « Divine », dont vous pouvez découvrir le clip un peu partout sur la toile, et le très original « Goredeedoo ». Morceau où Florian en profite pour se mettre en avant (encore !) avec sa voix. Puis le plus posé « Country Lady » et son beau solo de guitare.
L’ambiance commence à se faire moins feutrée. Le « Saturday Night Fever » Médocain n’est pas loin ! Il y a du John Travolta en puissance à Lesparre ! Bon ok j’éxagère quelque peu… Mais mais… Lynn en profite pour mettre à contribution le public en les faisant taper dans les mains en rythme (ou presque pour certains, …). Mode ternaire en marche, blues oblige, avec « Dust My Broom », superbe reprise de Elmore James datant de 1972. Lynn nous a prévenu, le blues c’est son truc. Et… En fait oui, c’est VRAIMENT son truc. Superbe moment.
Puis on repart dans la discographie du groupe avec « Losing Game » (Divine, 2018) et « Colt Baby Dragon », tout premier titre du tout premier Ep du groupe, « Shoot ! » en 2015. La setlist s’étire, avec « Stateborro Blues » de Blind Willie McTell, titre datant de 1928 mais remis au goût du jour par les Allman Brothers Band, et « Back In The Wood ». Beau moment encore une fois avec une magnifique reprise de JD McPherson, le superbe « Lucky Penny » (2017).
Petit détour avec un morceau hommage à « Tartine ». Tartine est un chat. Tartine a son morceau rien qu’à elle. Tartine peut être fière. Tartine est contente. Et nous avec, tout le monde a le smile. S’ensuivent quelques hommages. Pour The Coasters avec « Down In Mexico » et Brian Setzer avec « Straycats Strut ». Un régal.
L’ambiance n’est pas vraiment rock’n’roll, mais plutôt bon enfant. Les gens, toutes générations confondues, dansent et tapent dans les mains. Que c’est bon toute cette énergie positive par les temps qui courent.
Et puis tout s’emballe franchement pour la fin du concert. Super « Monster of The Night » au final endiablé. Titre de clôture du EP « Divine ».
Votre serviteur a sa petite minute de gloire avec « Zombie Boy », qui lui est spécialement dédicacée (Coeur love paillettes sur vous les Dolls). Effectivement, cela fait 10 ans presque jour pour jour que je suis le groupe. J’avais fait ma toute première session photo des Dolls chez Mollat, le 23 Janvier 2016, à l’occasion de la sortie de « Shoot ! ». J’avoue aussi que j’affectionne particulièrement ce titre et son départ a cappella, ainsi que son long chorus de guitare.
Le groupe quitte la scène sans la quitter, mais devant l’insistance du public ils vont revenir interpréter deux nouveaux morceaux qui prennent aisément leur place dans l’univers des Dolls : « Night Ride » et « Devil Inside ». 90 minutes de bonheur pour commencer l’année, ça ne se refuse pas ! Et croyez-moi, si les Crazy Dolls & the Bollocks passent par chez vous, ne les ratez pas. Bonne soirée assurée.




















