Bilbao Kung-Fu : Le Challenger Rock 2025

Bilbao Kung-FU "Où est passée l'innocence ?
🔥 Lecture rock’n’roll : 6 min chrono

BILBAO KUNG-FU

« Où est passée l’Innocence ? »

LE CÈPE Records / KAA Production
Genre : Rock alternatif français
Sortie le 23 Mai 2025

Chronique : Roland GERMAIN

Line-Up :

Matéo GRANGER : Batterie & Chant
Rémi TOURNEUR : Basse & Choeurs
Natty GRANGER : Guitare & Chant

Maximum Tour Music
Bérénice DupréPapier Musique
© Crédit photo : Jean-Baptiste Laporte-Fray

BILBAO KUNG-FU : ma RÉVÉLATION Rock français de l’année

Enooooorme coup de coeur :

Je découvre BILBAO KUNG-FU pour la première fois le mois dernier complètement par hasard. On m’envoie l’album (sorti chez LE CÈPE Records et KAA Production en mai 2025) pour une chronique.
Je n’ai jamais entendu parler de ces bordelais avant, je ne suis donc pas au courant qu’ils ont déjà sorti « L’Arc-en-Ciel » en 2021 et « Déséquilibre » en 2023. C’est dire à quelle surprise je m’expose dès les premières phrases de « Où est passée l’Innocence ? »

L’aventure commence par un Beat de Twist, un refrain scandé par des voix déconcertantes, une guitare lead qui se met à l’unisson de la phrase principale, une basse saturée à la NOMEANSNO s’ajoute à l’ensemble, et la guitare et la voix se mettent à entonner une espèce de comptine psychédélique en forme de couplet. On reprend le cycle jusqu’au refrain final en nous ayant gratifié au passage d’un solo délirant et dissonant.
1mn46 de « Boule de neige » et j’ai déjà pris une claque.

Déjà, c’est quoi, cette voix de ouf ?!!!

Je pars me renseigner pour voir qui est cette fille ou ce gamin à la voix haut-perchée super originale, pour découvrir que c’est le batteur ! Matéo a une technique vocale vraiment parfaite, un Twang d’une justesse qui n’a pas fini de me surprendre tout au long des chansons, qui rappelle particulièrement ce que Poun est capable de faire sur les voix mélodiques du refrain de « Bulletproof » de BLACK BOMB A.


Dans les années 70, on se faisait souvent avoir à la première écoute en pensant que le chanteur de PAVLOV’S DOG était une nouvelle Janis JOPLIN ; de même, Mike PATTON, sur « The real Thing », pouvait passer pour un jeune ado tant sa sonorité était étrange.

La voix de Matéo est de cet acabit, inattendue et totalement maîtrisée, qui m’arrachera de nombreux « oh la vache !!!» lors de mes écoutes répétées de « Boule de neige », «J’ai brûlé la voiture de mes parents », « Nouveau Jour » ou « L’eau n’a jamais eu aussi bon goût ».

Celle du guitariste Natty, plus intimiste et naturelle, n’est pas moins efficace, capable d’évoquer TELEPHONE (le refrain de « Je dois m’en aller », les couplets de « Cette nuit ») , de parodier INDOCHINE (« Vacances d’été »), d’imiter un chanteur yéyé (« Je reviens ») ou de distiller douceur et émotion dignes d’Hubert MOUNIER ou Manuel ETIENNE (« Moody ce soir », « Le silence »)

Et la dinguerie dans tout ça, c’est que le duo enchaîne des chœurs magnifiques autant que doux-dingues avec finesse et intelligence, le bassiste Rémy venant poser une 3ème voix aux moments opportuns.

Et la musique dans tout ça ?

Cet Ovni de la Pop fait certes la part belle aux voix, mais l’instrumentation n’est pas en reste : les compositions sont courtes, semblent simples et fluides mais sont bourrées d’arrangements délicieux, de breaks ciselés, de changements de son de guitare et d’ambiances, de Grooves Basse-Batterie savamment mis en place et nuancés, et de leads de guitares aux mélodies faites pour hanter, aux harmonies soignées, amusantes, et bénéficiant d’un son aux petits oignons que ne renierait aucun guitariste de Hard-Rock.

Chaque écoute révèle un Rock alternatif qui ne se refuse rien, à la limite de la Fusion tant il voyage entre les époques et les styles avec aisance, aux textes tour à tour drôles, énigmatiques, nostalgiques, intimistes et mélancoliques.

L’écriture est tellement irréprochable qu’on a l’impression de le connaître par cœur au bout de quelques écoutes, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher de le remettre déjà une cinquantaine de fois. Ah oui, car j’ai oublié de le préciser, mais en + des moultes qualités pré-citées, ce disque me met automatiquement de bonne humeur. Chuis pas dans la merde : un coup de mou ? Hop ! BILBAO KUNG-FU (et ça rime, en +, raaaaaaaah !!! j’en peux plus!).

Pochette de l’album Où est passée l’innocence

TRACKLIST :

01. Boule de neige
02. Je reviens
03. J’ai brûlé la voiture de mes parents
04. Je dois m’en aller
05. Moody ce soir
06. Nouveau Jour
07. Le silence
08. L’eau n’a jamais eu aussi bon goût
09. Vacances d’été
10.  Eveil
11. Cette nuit
12. Incitation
13. Dep
14. Un autre été

Bref :

J’avais déjà trouvé mes disques de l’année dans la section Metal, mais ça faisait 6 ans que j’attendais un disque pareil en Rock/Pop français chanté en français.

Le dit objet mêlant sans vergogne les qualités d’un AFFAIRE LOUIS TRIO et d’un TELEPHONE ou des regrettés ANAKINE, la folie communicative d’un RAOUL PETITE, le Groove et l’étrangeté d’un RITA MITSOUKO, la bonne humeur des SATELLITES, l’énergie du Punk, le Mix parfait entre douceur façon Chanson et arrangements Post-Punk d’un Manuel ETIENNE, et la beauté violente des guitares du Hard-Rock, il était tout destiné à me séduire au + haut point.

Ah, et j’oubliais, ces enfoirés ont même réussi à caler une minute de pur Hardcore dévastateur (« Incitation ») entre deux ballades intimistes !!!

Et je vous jure, on ne se connaît pas, mais ils n’ont pas arrêté de toucher au but : cet album était fait pour moi !

On verra bien ce que la production Pop de l’année me réserve, mais pour l’instant, dans la sélection Rock français, « Où est passée l’Innocence ? » a gagné la Palme d’Or 2025 dans mon ptit cœur d’artichaut.

Me reste à découvrir les 2 EPs précédents pour parfaire un voyage qui s’annonce savoureux. Merci et félicitations pour ce disque, je suis votre nouveau fan et je vous souhaite un avenir florissant, du fond du cœur.