SICKMIND – Babel Tower : la chronique

Les quatre musiciens du groupe bordelais SICKMIND photographiés en extérieur
🔥 Lecture rock’n’roll : 4 min chrono

Une Chronique de PK

SICKMIND – Babel Tower (2026)

  1. While Lights Are Still Shut (ft. Nicolas Alberny)
  2. The Chaos Beneath Our Feet (ft. Julien « Nutz » Deyres)
  3. Dark Code
  4. Dry Earth
  5. New God
  6. Shedding Skin
  7. Humanless
  8. Babel Tower
  9. Moving Limbs
  10. The Last Wandering

Décidément la scène bordelaise regorge de talents et aujourd’hui nous allons nous intéresser à Sickmind et leur album Babel Tower. Si l’envie vous prend de crier au plagiat du groupe Silicium à l’écoute de Dark Code, troisième morceau de cet opus, rassurez-vous ! Silicium et Sickmind sont une seule et même entité et les quatre talentueux musiciens ont tout simplement décidé de changer de nom quelque temps après leur reformation en 2022.

En dehors du titre précédemment cité, n’allez pas croire qu’ils nous aient fait pour autant une compilation de vieux titres et si l’album démarre sous la douceur d’arpèges de guitare, nous allons bien vite rentrer dans le vif du sujet avec un death groove qui n’est pas sans rappeler les parrains de la scène de Nouvelle-Aquitaine que sont Gojira. Sur ce titre nommé While lights are still shut, les guitares de Maxime sont complétées par celles de Nicolas Alberny (Gorod) pour mélanger groove et technicité avec un résultat du plus bel effet comme ouverture d’album…

Et puisque les gars de Gorod sont leurs amis, pourquoi ne pas inviter Julien « Nutz » Deyres au chant ? Oui, pourquoi se priver ? Aucune raison ! Julien est également présent pour amener sa folie vocale sur le deuxième titre The chaos beneath our feet qui contient également un de mes riffs préférés de cet album, un riff très old school qui aurait pu figurer sur un vieil album de Morbid Angel ou de Pestilence. Écoutez ce titre et vous comprendrez instantanément la comparaison !

Bon, rassurez-vous, ils ne nous font pas le coup d’inviter Benoît « Barby » Clauss (bassiste de Gorod pour ceux qui n’auraient pas la réf) sur le troisième morceau ! Non pas que cela aurait été gênant, mais Sickmind a son propre univers et si comme Gorod, ils font également partie de la grande forêt du death métal, leur sève n’est pas celle du même arbre. Non pas que la technique soit en reste chez Sickmind, bien au contraire, mais nous sommes par contre sur un registre un peu moins progressif, plus rythmique et même parfois plus inquiétant, comme sur Dry Earth qui ne ferait pas tache sur un des meilleurs albums de Behemoth.

SICKMIND – Dry Earth (clip officiel)

Sickmind - Dry Earth (Official Music Video)

Sickmind a su digérer habilement tout un tas d’influences pour les intégrer à son death métal et si nous reconnaissons parfois les sources, le rendu est toutefois très personnel et habile. En témoigne le titre New God pour lequel le groupe a sorti un magnifique clip et dans lequel la violence du métal sert à parler de vrais faits de société comme ici la mise en garde sur l’intelligence artificielle, ce nouveau dieu auquel les adeptes se confient et demandent conseil tous les jours. Belle métaphore, qui témoigne bien des esprits brillants qui composent Sickmind. Ils mettent tout leur talent et leur intelligence dans leurs morceaux et cela se ressent forcément.

Côté production, tout cela est fort bien mis en valeur avec un son en béton armé où la basse de Thomas n’est pas en reste, ce qui n’est pas toujours évident dans ce style. On profite donc du groove basse/batterie pendant que les guitares s’épanouissent avec précision. Niveau chant, pas de surprise, on a bien droit aux growls qu’on est en droit d’attendre de ce style, le tout exécuté avec puissance et conviction. Arthur met son âme dans l’interprétation de ses textes et je pense qu’en live, ce doit être un excellent frontman.

Sickmind band photo promo

Vous l’aurez compris, Babel Tower est un album qui tient la route et même plus que ça. Il rend hommage à ses aînés et pourra plaire aux amateurs de death old school, tout en étant complètement de son époque avec des éléments empruntant au tech death ou au death groove. Hormis The last Wandering qui fait davantage office d’outro que de réel morceau, le rythme est soutenu et tous les ingrédients sont réunis pour séduire les amateurs du genre. Sickmind est assurément un groupe à suivre et Babel Tower une belle réussite artistique qui présage du meilleur pour la suite !

À lire également : Avant cette chronique, nous avions présenté SICKMIND et annoncé la sortie de leur album Babel Tower. Retrouvez notre premier article consacré au groupe.