Pour sa première couverture du Plane’R Fest, My Rock Revolution a découvert un festival à taille humaine où la qualité de l’organisation répond à une programmation particulièrement éclectique. Retour sur deux journées de concerts entre découvertes, confirmations et têtes d’affiche.
Le Plane’R Fest, une première découverte
Après plusieurs années à en entendre le plus grand bien, il était temps pour My Rock Revolution de découvrir le Plane’R Fest. Installé dans le cadre verdoyant du hameau de Montcul, à Colombier- Saugnieu, aux portes de Lyon, le festival s’est imposé au fil des éditions comme un rendez-vous incontournable de la scène metal française.
Si sa programmation 2026 avait déjà de quoi séduire sur le papier, l’expérience sur place s’est révélée tout aussi convaincante. Après l’effervescence d’une semaine passée au Hellfest, retrouver un festival à taille humaine a quelque chose de particulièrement appréciable.
Ici, tout est pensé pour le confort des festivaliers : un parking à quelques minutes de l’entrée, une circulation fluide sur le site, une proximité avec les artistes et les scènes, sans oublier une ambiance chaleureuse portée par des bénévoles passionnés.
Une autre manière de vivre un festival, plus intimiste, mais tout aussi authentique. Retour, avec My Rock Revolution, sur cette très belle édition 2026 du Plane’R Fest, qui confirme un peu plus qu’il faudra désormais compter sur lui parmi les rendez-vous incontournables de l’été.


Répartis sur deux journées, dix-huit artistes se sont succédé sur les deux scènes du Plane’R Fest. Un format particulièrement appréciable qui évite tout conflit de programmation : grâce à une alternance entre les scènes, il est possible d’assister à l’intégralité des concerts sans avoir à faire de choix frustrants.
Cerise sur le gâteau, l’organisation laisse même le temps de reprendre son souffle – ou de s’offrir une bière – entre deux prestations. Mais trêve de présentation. Il est temps de revenir sur les concerts qui ont rythmés cette édition 2026, en commençant par le groupe chargé d’ouvrir les hostilités.
Vendredi : un lancement réussi
18h30: GOATFATHER
Presque à domicile, Goatfather ne tarde pas à imposer son identité avec un stoner rock aussi massif que groovy. Porté par des guitares saturées de fuzz, une section rythmique solide et un groove sudiste particulièrement assumé, le quatuor rhodanien met rapidement le public dans sa poche et lance idéalement cette édition 2026 du Plane’R Fest.
À titre personnel, le groupe constitue l’une des plus belles découvertes du week-end. Sans jamais en faire trop, les musiciens déroulent leur set avec une aisance communicative et une efficacité redoutable. Une entrée en matière de très haut niveau qui donne immédiatement le ton et place la barre particulièrement haut pour les groupes qui suivront.
19h15: Heart Attack
Après une ouverture de festival particulièrement réussie, Heart Attack prend le relais sur la scène Terminal 2 avec une seule idée en tête : maintenir la pression. Les Niçois, récemment mis en lumière grâce à leur clip tourné en partie sur la Tour Eiffel, livrent un thrash metal direct, incisif et terriblement efficace.
Sourires aux lèvres et énergie débordante, ils embarquent sans difficulté un public déjà conquis, qui enchaîne les circle pits durant la majeure partie du concert. Le groupe ne relâche jamais l’intensité et conclut son set en beauté avec « Negative Sun », sublimé par l’apparition d’Audrey Dandeville, chanteuse de l’Opéra de Nice.
Une collaboration déjà remarquée lors de leur concert à l’opéra, qui apporte une dimension supplémentaire à cette fin de prestation. Une performance généreuse qui confirme la belle dynamique des Azuréens sur scène.
HEART ATTACK – Live at The Opera (Full Concert)
20h00: Queensrÿche
Changement d’ambiance avec les vétérans de Queensrÿche, qui investissent la scène Terminal 1 avec l’assurance de ceux qui écument les scènes du monde entier depuis plus de quarante ans. Si le lineup n’est plus celui de la grande époque – et les admirateurs de Geoff Tate, dont je fais partie, auront toujours une pointe de nostalgie – Todd La Torre livre une prestation vocale tout simplement irréprochable, faisant honneur à un répertoire aussi exigeant qu’emblématique.
Sans fioritures, les Américains déroulent un set parfaitement maîtrisé où s’enchaînent « Queen of the Reich », « I Don’t Believe in Love » ou encore « Eyes of a Stranger ». Chargé de son expérience de plus de 40 ans, le groupe ne laisse aucun temps mort et offre cinquante minutes de heavy metal de très haut niveau.
Une prestation élégante et efficace, qui rappelle pourquoi Queensrÿche demeure une référence incontournable du genre.
Queensrÿche – Live at Graspop 2026 (Complete Concert)
20h55: PSYKUP
Une autre découverte de cette édition avec Psykup, un groupe dont j’avais beaucoup entendu parler, notamment par l’intermédiaire du copain Bastien, sans jamais avoir eu l’occasion de le voir sur scène. Les Toulousains livrent une prestation parfaitement maîtrisée, mêlant avec aisance technicité, folie et second degré dans un univers qui ne ressemble à aucun autre.
Trop éloigné de mes goûts personnels, j’avoue rester un peu perplexe mais me dois de saluer une prestation telle que celle qu’ils nous ont proposée ce soir.
21h40: IMMINENCE
Au tour des Suédois d’Imminence d’investir la scène Terminal 1, baignée par la lumière dorée de la fin de journée. Attendu de pied ferme, le groupe déclenche dès les premières notes une véritable marée de slams, mettant les agents de sécurité à rude épreuve tout au long du concert.
Au centre de toutes les attentions, Eddie Berg impressionne par son aisance, alternant avec naturel entre chant et violon, ce dernier demeurant plus que jamais la signature sonore d’Imminence. Musicalement, difficile de trouver quoi que ce soit à redire. Le son est massif, l’exécution irréprochable et les compositions font mouche les unes après les autres.
Mention spéciale au passage où Harald Barrett se retrouve seul sur scène pour faire chanter sa guitare à l’archet, un moment assez rare qui m’aura marqué visuellement. Mais justement, c’est peut-être là que réside le principal regret. Avec une telle maîtrise, Imminence avait toutes les cartes en main pour livrer le concert du week-end.
Au final, la prestation manque cruellement de personnalité. Pas de véritable scénographie, très peu d’interactions avec le public et, surtout, un set écourté d’une dizaine de minutes malgré le créneau qui lui était accordé. Techniquement irréprochable, oui. Mémorable, beaucoup moins.
23h35: KANONENFIEBER
Profitant de la prestation de Revnoir, découverte deux semaines plus tôt au Hellfest, pour aller tester – évidemment dans un souci de rigueur journalistique – les stands de restauration du festival, il est enfin temps d’assister au concert que j’attendais le plus du week-end. Et encore, à côté de l’impatience de notre Greg national dans le pit, la mienne faisait presque figure de détail.
Les Allemands de Kanonenfieber prennent d’assaut la scène Terminal 1 avec la maîtrise qu’on leur connaît. Porté par l’incontournable Noise, le groupe déroule un set dantesque au sein d’une scénographie évolutive, plongeant le public au cœur des tranchées de la Première Guerre mondiale.
Entre un U-Boot en perdition, les paysages dévastés du No Man’s Land et une mise en scène d’une rare intelligence, chaque morceau devient un véritable tableau, sublimé par un jeu de lumières et d’artifices particulièrement bien réussi.
Difficile de trouver le moindre défaut à cette prestation. Aussi impressionnant visuellement que musicalement, Kanonenfieber livre sans doute LE temps fort du festival. Si un regret devait subsister, ce serait uniquement la durée du concert : on aurait volontiers signé pour une heure supplémentaire tant le spectacle s’est révélé captivant du début à la fin.
Kanonenfieber – Menschenmühle (Live-Musicvideo at Rockharz)
00h40: SIERRA VEINS
Acte de clôture de cette première journée, Sierra Veins investit la scène Terminal 2 avec un univers radicalement différent de tout ce qui l’a précédé. Dans une scénographie futuriste baignée de lumières vertes (merci au passage d’avoir rappelé à ces Lyonnais quelle est la véritable capitale du football français), l’artiste française entraîne le public dans un voyage où se croisent électro, darkwave et synthwave.
Une recette particulière mais capable d’être hypnotique sans pour autant faire tomber le public dans la monotonie. Une proposition singulière qui trouve parfaitement sa place au Plane’R Fest et conclut cette première journée sur une note aussi élégante qu’envoûtante.
Samedi : confirmations et temps forts
Après une courte nuit et le trajet retour, il est déjà temps de remettre le cap sur Colombier-Saugnieu. Les batteries sont rechargées… enfin, presque. Car cette deuxième journée s’annonce tout aussi dense que la première.
J’arrive sur le site un peu après 13 heures, suffisamment tôt pour passer un moment avec la formidable équipe des Licornes.
Vous les avez forcément croisées : ce sont ces costauds couverts de paillettes qui vous récupèrent avec le sourire, même lorsque vous décidez de slammer pour la soixante-treizième fois du week-end. De véritables héros de l’ombre. J’en profite également pour découvrir les autres stands de restauration ainsi que les différents exposants présents sur le festival.
Une nouvelle occasion d’apprécier l’aménagement particulièrement réussi du site, avec des espaces bien pensés permettant aussi bien de profiter des concerts que de s’accorder une pause à l’ombre, loin de l’agitation des scènes. Mais il est déjà temps de laisser parler les guitares. Les premiers riffs de cette deuxième journée résonnent, et ils ne vont pas tarder à attirer tout le monde devant les scènes.
15h50: After the Outbreak
Locaux de l’étape, les lyonnais d’After the Outbreak ont gagné leur ticket pour l’édition 2026 grâce au tremplin du festival (remporté face à Nocide, qui eux joueront le vendredi au SYLAK, à suivre!) Sous une chaleur déjà écrasante, le public venu nombreux se met en branle et soulève un nuage de poussière d’entrée de jeu. After the Outbreak délivrera un metalcore dans la veine de ce qui se fait actuellement: simple, efficace et surtout sans prise de risque.
16h40: IMPARFAIT
Changement de scène, mais aussi de registre avec Imparfait. Emmenée par Prisca, dont l’énergie ne faiblira pas une seconde, la formation française livre un set intense où metal moderne, influences hip-hop et gros riffs se répondent avec efficacité.
Le groupe occupe la scène avec assurance et transmet rapidement son enthousiasme à un public déjà bien réceptif. Si leur univers musical est à des années-lumière de ce que j’écoute habituellement, difficile de rester insensible à une prestation aussi généreuse.
Sans chercher à en faire trop, Imparfait déroule son concert avec conviction et confirme qu’il a largement sa place sur une affiche comme celle du Plane’R Fest. Une très belle découverte.
Imparfait – On crie encore (Live à Chauffer dans la Noirceur)
17h35: SMASH INTO PIECES
Les Suédois de Smash Into Pieces déroulent leur metal alternatif ultra-produit devant un public qui connaît manifestement son sujet. Les refrains sont repris en chœur et la fosse accompagne le groupe du début à la fin, portée par des morceaux calibrés pour le live.
Si l’ensemble est agréable à écouter, un point m’a tout de même laissé perplexe. À plusieurs reprises, la prestation donnait davantage l’impression d’un playback très appuyé — ou, à tout le moins, d’un recours massif aux bandes préenregistrées — tant certaines voix et certains instruments semblaient d’une régularité presque irréelle.
Cela n’a visiblement en rien entamé l’enthousiasme du public, qui a répondu présent jusqu’au dernier morceau. Et après tout, c’est bien lui qui aura eu le dernier mot.
18h45: CALVA LOUISE
L’une de mes plus belles découvertes du week-end. Avec un style impossible à enfermer dans une seule case, Calva Louise pioche aussi bien dans le metal alternatif que dans le punk, l’électro ou le hardcore pour construire une identité qui lui est propre. Le résultat est aussi déroutant que captivant. Au centre de cette tornade, Jess Allanic impressionne par sa polyvalence.
Vêtue d’une longue robe blanche qui n’est pas sans rappeler l’univers de SUN, la Franco-Vénézuélienne passe avec une facilité déconcertante du chant clair aux screams, tout en alternant guitare et claviers au fil du concert.
Entre deux morceaux, elle prend également le temps d’évoquer la situation humanitaire préoccupante au Venezuela, apportant une dimension plus personnelle à une prestation qui m’aura définitivement convaincu.
19h45: INSOMNIUM
L’un des concerts que j’attendais le plus de cette édition. Fort de près de trente ans de carrière, Insomnium s’avance sur la scène principale avec un seul absent de marque : Markus Vanhala, retenu en Finlande pour des raisons administratives, est remplacé au pied levé par Ville, qui assure la mission avec sérieux.
En revanche, difficile de comprendre le choix de programmation. Faire jouer l’un des piliers du death metal mélodique en plein après-midi, sous un soleil de plomb, prive forcément le public d’une partie de l’atmosphère qui fait toute la force des compositions du groupe. Malgré ce contexte peu favorable, Niilo Sevänen et ses acolytes livrent une prestation dantesque, portée par des morceaux qui font écho chez chacun.
Sans artifice et avec une simplicité qui leur ressemble, ils parviennent malgré tout à transporter le public loin de la canicule lyonnaise, jusque dans les forêts et les lacs du Grand Nord. Une nouvelle démonstration du savoir-faire d’un groupe qui traverse les années sans perdre une once de sa superbe, ni renier ses origines.
Insomnium – Shadowlife
21h55: WIND ROSE
Les Italiens, têtes d’affiche de cette édition 2026, arrivent avec une scénographie imposante. Avant même leur entrée sur scène, le public donne le ton en scandant un tonitruant « Caillou ! Caillou ! » tandis que des dizaines de pioches gonflables s’élèvent au-dessus de la fosse.
L’ambiance est déjà celle des grands soirs. Et le groupe ne mettra pas longtemps à justifier son créneau et sa renommée grandissante. Wind Rose possède cette qualité rare de savoir écrire des morceaux puissants, portés par des refrains que toute la foule reprend sans hésiter.
Derrière une esthétique volontairement décalée, qui pourrait facilement tomber dans le kitsch, les Italiens affichent une maîtrise scénique et une efficacité redoutables.
Les slammers se succèdent pendant tout le concert, les sourires sont partout dans le public et la communion est totale. Une prestation qui confirme que Wind Rose avait toute sa légitimité en clôture du Plane’R Fest 2026.
00h20: SHAÂRGHOT
Plus besoin de présenter la formation d’indus française, et son univers si particulier et si visuel. Si chaque prestation de Shaârghot peut s’apparenter à un chaos total, elle est pour le coup millimétrée et effectuée d’une main de maître. On ne sait pas vraiment où donner de la tête tellement chaque détail scénique et chaque action vaut le coup d’oeil.
Entre la mante religieuse géante, les effets pyrotechniques SUR les musiciens (oui oui, on parle bien de guitares lance-étincelles), et les prestations hyper énergiques d’Etienne et ses acolytes… Le tableau est absolument parfait pour clôturer ce week-end!
Le mot de la fin
Il est temps de plier les gaules et de reprendre la route vers de nouvelles aventures (ou le lavage auto car la bagnole n’a pas aimé la quantité astronomique de poussière sur le parking).
C’était une première pour moi, et c’est avec plaisir que je reviendrai couvrir cet évènement pour My Rock Revolution. Absolument tout y est, un lieu qui s’y prête à merveille, une armée de bénévoles tous bienveillants et heureux d’être ici, une programmation aux petits oignons, et un public venu en nombre.
Un grand merci à Elodie pour l’accréditation, à l’association LSDM pour l’organisation, et surtout un grand bravo à tous les acteurs qui permettent à ces évènements que nous attendons tant de voir le jour, de grandir et surtout de perdurer dans le temps. À l’année prochaine, et prochain rendez-vous, le SYLAK (ça va on reste un peu en Rhône-Alpes cette année).





























































































