Motocultor Festival 2026 – Jour 3 à Carhaix

Motocultor Festival 2026 Jour 3 à Carhaix
🔥 Lecture rock’n’roll : 21 min chrono

Motocultor Festival 2026 : troisième journée à Carhaix

Troisième jour à Kerampuilh et, pour la première fois depuis le début du festival, la chaleur desserre un peu son étau. Le soleil reste bien présent sur Carhaix et les températures oscillent encore autour de 27 à 30 °C dans l’après-midi, mais le contraste avec les deux premières journées est sensible. Après les près de 37 °C du jeudi, photographes, équipes et festivaliers peuvent enfin évoluer dans des conditions un peu moins éprouvantes.

La poussière n’a pas disparu pour autant, et deux jours passés à parcourir le site commencent forcément à compter. En soirée, le léger vent qui traverse Kerampuilh fera même nettement retomber la température, apportant une fraîcheur presque inattendue après les journées précédentes.

Musicalement, ce samedi propose l’une des programmations les plus équilibrées du week-end, avec du death metal, du progressif, du symphonique, de l’industriel, du grindcore ou encore du power metal. Thierry et Clément couvriront quinze groupes, avec plusieurs parcours parallèles et trois concerts photographiés par tous les deux.

À 13 h 30, Aorlhac lance notre troisième journée sur la Supositor Stage. Thierry rejoindra de son côté la Dave Mustage un peu plus tard pour Ashen.

Aorlhac

13 h 30 – 14 h 10 | Supositor Stage | Clément

On commence la journée avec Aorlhac, formation française que j’attendais particulièrement sur cette édition 2026. Dès le début de la journée, le metal noir reprend rapidement ses droits sur la plaine de Kerampuilh. Originaires d’Auvergne, les Français développent depuis près de vingt ans un black metal mélodique profondément ancré dans leur région et son histoire. Dans cette ambiance froide et austère assez caractéristique, Aorlhac délivrera un set devant une poignée d’aficionados conquis du début à la fin. Sur scène, le groupe privilégie clairement la musique aux artifices et déroule son set avec une efficacité qui fait rapidement oublier « l’heure matinale ». Une excellente entrée en matière en ce samedi qui s’annonce particulièrement chargé.

Ashen

14 h 15 – 14 h 55 | Dave Mustage | Thierry

Groupe parisien formé en 2021, Ashen évolue à la croisée du metalcore et du rock moderne. Après avoir brillé à l’édition 2025 du Hellfest, le groupe arrive au Motocultor avec son premier album Chimera, sorti le 12 septembre 2025. L’aventure se poursuit cet automne avec la troisième partie du Chimera Tour, qui conduira Ashen sur une série de dates en France, en Belgique et en Suisse entre septembre et décembre 2026.

Sur la Dave Mustage, Ashen maîtrise parfaitement son espace et livre un set énergique, porté par une vraie cohésion collective. Au chant, Clem confirme ses qualités vocales en passant avec aisance du chant clair aux parties screamées. À ses côtés, Niels et Antoine  se montrent particulièrement efficaces aux guitares, tandis que Nathan apporte du poids à la basse et vient régulièrement renforcer les refrains au chant.

Derrière les fûts, Tristan apporte beaucoup de puissance et de précision à l’ensemble. Le groupe bouge, occupe la scène et communique rapidement son énergie à un public qui répond présent.

La reprise de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana apporte un moment immédiatement fédérateur au milieu du set. Une prestation solide et parfaitement maîtrisée qui confirme la progression d’Ashen sur les grandes scènes.

Chimera Tour 2026 Ashen _ MRR

Monde de Merde

14 h 15 – 14 h 55 | Bruce Dickinscène | Clément

La curiosité me fait me déplacer pour une formation que je ne connais pas. Le nom annonce déjà la couleur : ici, on ne vient manifestement pas pour disserter sur la poésie contemporaine. Entre punk, metal et humour bien gras, le groupe Monde de Merde balance un son direct et décomplexé. Pas d’artifice ni même de mise en scène, les morceaux vont droit au but et le public n’a pas besoin de beaucoup d’explications pour comprendre ce qu’il doit faire.

Rectal Smegma

15 h 00 – 15 h 40 | Supositor Stage | Thierry + Clément

Formé en 2003 aux Pays-Bas, Rectal Smegma pratique un goregrind nourri de grindcore et de death metal, où l’humour et l’autodérision font depuis toujours partie intégrante de l’identité du groupe. Les Néerlandais défendent notamment To Serve and Protect, leur sixième album studio, sorti en 2025.

Sur scène, le niveau de délicatesse descend encore d’un étage. La brutalité musicale s’accompagne d’un humour complètement barré qui ne fait clairement pas dans la dentelle, et l’ensemble donne rapidement le ton de ce qui va suivre.

Au chant, Yannic Ophorst, membre fondateur du groupe et tatoué de la tête aux pieds, multiplie les échanges avec le public. Sur scène, les tenues participent largement au décalage général, tandis que dans la fosse, l’ambiance tourne rapidement au joyeux chaos. Ballons gonflables et licorne flottent au-dessus des têtes, les corps suivent le même chemin et la poussière se soulève à mesure que le public s’agite.

Les morceaux sont courts, rapides et suffisamment sales pour donner envie de vérifier si les objets volants non identifiés qui traversent le pit ont été achetés pour l’occasion ou récupérés quelque part sur le camping. Ici, pas de grande démonstration technique destinée à impressionner les amateurs de prog : le but est de jouer vite, fort et de mettre la fosse en mouvement. Et c’est un coup au but.

Un set sans aucune finesse revendiquée, qui ravira les amateurs du genre et fera probablement déguerpir les quelques touristes venus voir de plus près ce qui se passe sur la Supositor Stage.

Sidilarsen

15 h 45 – 16 h 30 | Dave Mustage | Thierry + Clément

Appelé quelques jours seulement avant le festival pour remplacer Ill Niño, Sidilarsen retrouve la Dave Mustage avec plus de vingt-cinq ans d’expérience derrière lui. Leur dernier album, Que la lumière soit, paru en avril 2024, reste au cœur d’un répertoire où se mêlent guitares lourdes, électronique et refrains immédiatement fédérateurs.

Après le chaos assumé de Rectal Smegma, le programme revient à quelque chose de nettement plus structuré avec Sidilarsen. Leur musique prend une dimension supplémentaire sur scène, où les éléments électroniques viennent épaissir les morceaux sans prendre le dessus sur les guitares. Le groupe possède surtout suffisamment de bouteille pour savoir comment faire vivre un set de festival.

Et cela se voit rapidement. Le concert est vivant, énergique et très bien mené, avec des musiciens qui occupent largement la scène et maintiennent une vraie dynamique collective. Le public répond sans attendre et reprend volontiers les paroles, renforçant cette impression de communion que Sidilarsen sait installer avec beaucoup d’efficacité.

Les prises de parole engagées font naturellement partie du concert, au même titre que les morceaux les plus fédérateurs. Le set mêle titres récents et morceaux plus anciens dans une formule parfaitement maîtrisée.

Une prestation solide et généreuse, portée par l’énergie collective du groupe et par un public particulièrement réceptif.

Cancer

16 h 35 – 17 h 20 | Supositor Stage | Thierry

Formé à Telford en 1987, Cancer appartient à la première génération du death metal britannique. Malgré plusieurs séparations et reformations, John Walker est resté le fil conducteur du groupe, au chant et à la guitare, mais aussi comme principal compositeur. Sa voix agressive et ses riffs massifs, souvent à la frontière du death et du thrash metal, constituent toujours une grande partie de l’identité de Cancer.

En 2025, la formation a publié Inverted World, son septième album studio, trente-cinq ans après To the Gory End. Autour de John Walker, le groupe se présente aujourd’hui avec Daniel Maganto à la basse, Alberto García à la guitare et Ramón Mur derrière les fûts pour les concerts.

Sur la Supositor Stage, Cancer reste fidèle à un death metal old school direct et sans artifices. Les riffs sont acérés et puissants, tandis que la basse et la batterie installent une assise rythmique particulièrement solide. Ramón Mur se montre très efficace derrière son kit et donne beaucoup de poids à l’ensemble.

Au centre, John Walker ne cherche pas les effets de scène inutiles. Le guitariste-chanteur conduit le set avec sobriété, laissant avant tout parler les morceaux et cette écriture immédiatement identifiable. Une prestation compacte, lourde et parfaitement en place, qui montre qu’après près de quarante ans d’existence, Cancer conserve intacte l’efficacité de son death metal.

Orden Ogan

17 h 25 – 18 h 10 | Dave Mustage | Thierry

Formé en 1996 à Arnsberg, Orden Ogan fait partie des valeurs sûres du power metal allemand. Le groupe compte aujourd’hui sept albums studio, le dernier en date étant The Order of Fear, sorti en 2024. Autour de Sebastian « Seeb » Levermann au chant, on retrouve Niels Löffler et Patrick Sperling aux guitares, Steven Wussow à la basse et Dirk Meyer-Berhorn à la batterie

Je connaissais encore assez peu Orden Ogan avant ce Motocultor, mais la prestation va rapidement me convaincre. Le heavy/power metal du groupe est particulièrement bien construit, avec des refrains fédérateurs, des mélodies immédiatement efficaces et suffisamment de puissance pour ne jamais tomber dans une approche trop lisse.

La scénographie participe largement à l’impact du concert. Décor de demeure inquiétante, personnages macabres et tenue imposante de Seeb Levermann installent immédiatement l’univers du groupe. Mais c’est surtout l’énergie collective qui retient l’attention. Les deux guitaristes occupent largement la scène, multiplient les échanges et les poses, tandis que Steven Wussow se montre particulièrement mobile à la basse et n’hésite pas à haranguer la foule.

Levermann se révèle également très solide au chant et entretient constamment le contact avec le public. Sur « The Order of Fear », le refrain devient même un jeu avec la fosse, qui reprend successivement « Fear » puis « Beer », dans une ambiance franchement festive.

Ce passage au Motocultor aura en tout cas suffi à éveiller ma curiosité : Orden Ogan est désormais un groupe que j’aurai plaisir à retrouver sur scène.

Grave

18 h 15 – 19 h 05 | Supositor Stage | Clément

QUELLE CLAQUE ! Direction la Suède avec Grave, et forcément, l’ambiance change encore de catégorie. Les vétérans du death metal ont derrière eux plus de trois décennies de carrière et une discographie qui sent bon les caves humides et les amplis poussés beaucoup trop fort. Pas question ici de moderniser artificiellement la formule : les riffs restent lourds, les tempos alternent entre accélérations brutales et passages plus pesants, et le chant conserve cette rugosité typique du death suédois. Grave vient surtout rappeler qu’il n’y a pas besoin d’abuser d’artifices et de samples pour jouer de la musique, et que, comme le bœuf, le death est encore meilleur quand il est cru.

Múr

18 h 15 – 19 h 05 | Massey Ferguscène | Thierry

Formé en 2018 à Reykjavík, Múr fait partie de cette nouvelle génération islandaise capable de brouiller les frontières entre metal progressif, post-metal et atmosphères beaucoup plus sombres. Le groupe s’est fait remarquer en remportant le Wacken Metal Battle Iceland en 2022, avant de terminer quatrième de la finale internationale. Son premier album, simplement intitulé Múr, est sorti le 22 novembre 2024.

Sur la Massey Ferguscène, ce qui frappe d’abord, c’est la jeunesse apparente des cinq musiciens, rapidement éclipsée par une étonnante maturité scénique. Múr donne immédiatement l’impression d’un groupe déjà très sûr de son univers et techniquement particulièrement solide.

Au centre, Kári Haraldsson capte naturellement le regard avec son keytar et une présence presque cérémonielle. Sa voix constitue l’un des grands points forts du concert : un chant clair très pur et aérien qui peut basculer vers des growls beaucoup plus rugueux, accentuant les contrastes qui traversent les compositions.

Autour de lui, les deux guitaristes se montrent plus statiques, concentrés sur leurs parties, tandis que Guðmundur Hermann apporte davantage de mouvement à la basse. La batterie d’Árni Jökull Guðbjartsson contribue fortement à la densité de l’ensemble. Les arrangements passent ainsi de séquences atmosphériques à des développements beaucoup plus massifs sans perdre leur cohérence.

Les lumières principalement bleues et violettes, associées à une fumée abondante, renforcent cette atmosphère froide et enveloppante. Elles rendent en revanche le travail photographique nettement plus délicat.

Une vraie découverte. Derrière leur apparente jeunesse, Múr affiche déjà une personnalité musicale très affirmée et une maîtrise scénique qui donne clairement envie de suivre la suite de leur parcours.

Múr – "Heimsslit" live, Eurosonic Festival | 2026 | Rockpalast

MÚR – HEIMSSLIT – LIVE AT EUROSONIC FESTIVAL 2026 | ROCKPALAST

Leprous

19 h 10 – 20 h 00 | Dave Mustage | Thierry

Avec Leprous, le niveau monte encore d’un cran. Les Norvégiens font partie de ces groupes dont la maîtrise technique ne prend jamais le pas sur l’émotion, et cette prestation au Motocultor va une nouvelle fois le démontrer.

Au centre, Einar Solberg livre une prestation vocale remarquable. Sa voix conserve cette précision impressionnante, capable de passer de lignes particulièrement délicates à des envolées beaucoup plus puissantes sans jamais perdre en justesse. Derrière lui, Baard Kolstad martèle ses fûts avec cette combinaison de puissance, de précision et de technicité qui fait depuis longtemps partie des grandes forces du groupe.

Tor Oddmund Suhrke, Robin Ognedal et Simen Børven sont eux aussi particulièrement performants. Cette année, un sixième musicien complète la formation sur scène : Harrison White, qui accompagne Leprous aux claviers. Sa présence libère davantage Tor et Simen de certaines parties de claviers et, à mes yeux, le groupe y gagne en dynamique scénique. Les musiciens occupent davantage l’espace et les déplacements sont beaucoup plus nombreux.

Après avoir photographié Leprous à quatre reprises, Robin Ognedal me semble notamment avoir franchi un cap dans son aisance sur scène. Plus discret lors de précédents concerts, le guitariste apparaît ici beaucoup plus mobile et expressif, tout en conservant cette précision qui caractérise son jeu.

La sélection des morceaux est particulièrement bien adaptée au format festival.
« Silently Walking Alone » ouvre le concert avant « Nighttime Disguise », « From the Flame », « Below » et « The Price ». La seconde partie se montre encore plus intense avec « Like a Sunken Ship « , « Slave » et « Atonement « , avant que l’outro de « The Sky Is Red » ne vienne conclure le set dans cette montée instrumentale devenue l’un des grands moments des concerts du groupe.

Le public est conquis très rapidement et répond avec une attention remarquable aux changements d’intensité. Comme pour Soen la veille, je reste devant Leprous du premier au dernier morceau. Cinquante minutes qui passent très vite et confirment une nouvelle fois la stature scénique d’un groupe arrivé à un niveau de maîtrise impressionnant.

Leprous Setlist Motocultor Festival 2026
LEPROUS - "Atonement / The Sky Is Red (Outro) (Live In Tilburg 2025)" / Official Video

LEPROUS – ATONEMENT / THE SKY IS RED (OUTRO) – LIVE IN TILBURG 2025

Les 3 Fromages

19 h 10 – 20 h 00 | Bruce Dickinscène | Clément

Après Grave, difficile de faire plus grand écart que Les 3 Fromages. Le groupe breton mélange rock, punk et humour avec cette capacité à transformer à peu près n’importe quel sujet en chanson potentiellement débile. Et c’est précisément là que réside le concept : prendre le concert suffisamment au sérieux pour que la musique fonctionne, mais jamais assez pour oublier de raconter des conneries. Le public connaît visiblement la recette et répond présent, entre chants collectifs et sourires largement affichés. Véritable moment de partage intergénérationnel, il est toujours plaisant de voir des enfants accrochés à la barrière hurler en yaourt les paroles de chanson dont ils comprendront réellement le sens dans quelques années. Au delà du côté comique de la musique, il faut rendre aux bretons ce qui est aux bretons (pas le Mont Saint-Michel), et concéder que sur scène ça joue!

Anaal Nathrakh

20 h 05 – 20 h 55 | Supositor Stage | Clément

Et justement, on repart très loin de la déconne avec Anaal Nathrakh, groupe que j’attendais de pied ferme depuis leur passage au Hellfest il y a 3 ans. La formation britannique développe depuis la fin des années 90 une vision particulièrement radicale de l’extrême, quelque part entre black metal, grindcore, death et éléments industriels. Sur scène, cette accumulation devient une véritable épreuve pour les tympans : les morceaux passent sans prévenir de la vitesse pure à des passages beaucoup plus massifs, avec les hurlements du chanteur en guise de fil conducteur. La musique est volontairement excessive dans pratiquement tous ses aspects, et c’est précisément ce qui fait son intérêt, véritable bande sonore de l’apocalypse. Un set qui, comme à leur habitude, marque par le contraste flagrant entre la violence de la musique, et la décontraction du chanteur qui communique entre les morceaux avec la foule « On a du merch, si vous voulez l’acheter c’est cool, ou nous ramener des bières », « ah, il faut que j’arrête de parler on va être en retard ». L’un des meilleurs concerts du week-end à n’en pas douter.

Eisbrecher

21 h 00 – 22 h 00 | Dave Mustage | Clément

Changement d’ambiance avec Eisbrecher. Les Allemands débarquent avec leur metal industriel fortement marqué par les influences électroniques et cette esthétique froide caractéristique de la Neue Deutsche Härte.

Alexx Wesselsky occupe évidemment le devant de la scène et apporte au groupe cette présence particulièrement théâtrale qui colle parfaitement à leur musique. Grand chapeau, veste militaire et attitude volontiers débridée : le chanteur sait parfaitement comment capter l’attention. Quelques mots en français suffisent aussi à établir immédiatement le contact avec le public.

Les riffs sont massifs, les rythmiques mécaniques et les refrains suffisamment immédiats pour embarquer rapidement la foule. L’électronique apporte cette dimension dansante qui distingue Eisbrecher d’une approche purement metal, tandis que le groupe déroule son set avec une efficacité redoutable.

Le moment le plus fédérateur arrive lorsque retentit La Marseillaise, reprise en chœur par le public. Pendant quelques instants, la Dave Mustage prend presque des allures de tribune de stade.

Nevermore

22 h 15 – 23 h 05 | Supositor Stage | Thierry

Le retour de Nevermore constituait forcément l’un des rendez-vous que j’attendais le plus de ce Motocultor, notamment pour retrouver Jeff Loomis, guitariste que j’apprécie particulièrement. Après quinze années d’absence scénique, le groupe a repris vie autour de Jeff Loomis et du batteur Van Williams, accompagnés désormais de Berzan Önen au chant, Jack Cattoi à la guitare et Semir Özerkan à la basse. Cette nouvelle formation a été officialisée en février 2026, neuf ans après la disparition de Warrel Dane.

Dès les premiers morceaux, la dimension technique de Nevermore s’impose. Jeff Loomis reste évidemment l’un des grands points d’attraction du concert : précision, vélocité, riffs complexes et solos d’une grande fluidité. Mais la réussite de cette nouvelle incarnation tient aussi au travail de Jack Cattoi, avec lequel il forme un tandem de guitares particulièrement impressionnant.

Au chant, Berzan Önen doit relever un défi considérable tant la personnalité vocale de Warrel Dane reste associée à l’identité de Nevermore. Sans chercher à effacer cet héritage, il s’approprie le répertoire avec puissance et présence, multipliant les déplacements pendant que les instrumentistes restent davantage concentrés sur leur jeu.

La setlist puise largement dans deux albums majeurs du groupe. Dead Heart in a Dead World fournit à lui seul cinq titres avec « Inside Four Walls », « Engines of Hate », « The Heart Collector », « Narcosynthesis » et « The River Dragon Has Come ». This Godless Endeavor est représenté par « My Acid Words », « Born » et son morceau-titre. « Beyond Within » et « Enemies of Reality » complètent ce parcours particulièrement dense dans le catalogue du groupe.

Un retour largement à la hauteur de mes attentes, porté par une virtuosité instrumentale impressionnante et par une formation qui ne donne pas le sentiment de simplement rejouer le passé. Nevermore semble avoir réellement ouvert un nouveau chapitre.

Et ce chapitre va se poursuivre : le groupe travaille actuellement sur de nouveaux morceaux et reviendra en Europe au printemps 2027, avec une date unique en France à l’Élysée Montmartre le 16 mai. C’est ici que je placerais naturellement ton lien interne vers la News Express MRR consacrée à cette tournée.

Nevermore Setlist Motocultor Festival 2026

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NEVERMORE – 2026

Within Temptation

23 h 00 – 00 h 10 | Dave Mustage | Thierry + Clément

On monte encore d’un cran en termes de dimension scénique avec Within Temptation. Pour son entrée, Sharon den Adel apparaît masquée, avant de révéler son visage et de prendre possession d’une scène construite à la mesure du statut désormais acquis par la formation néerlandaise.

Depuis trente ans, Within Temptation n’a cessé de faire évoluer son univers. Metal symphonique, rock, éléments électroniques et orchestrations beaucoup plus amples se croisent aujourd’hui dans un répertoire capable de puiser aussi bien dans les premiers albums que dans Bleed Out. Le groupe célèbre justement ses 30 ans en 2026 et travaille déjà sur son prochain album, annoncé comme une nouvelle évolution de son identité musicale.

Sur scène, les orchestrations prennent naturellement une autre ampleur, mais Sharon reste le véritable centre de gravité du concert. Sa voix, son interprétation, son charisme et sa présence scénique portent largement la prestation. Elle occupe constamment l’espace, multiplie les déplacements et les interactions avec le public, allant jusqu’à s’offrir un véritable jump en pleine chanson. Le public répond immédiatement et accompagne avec enthousiasme les morceaux les plus connus.

Autour d’elle, le groupe ne se contente pas d’assurer l’accompagnement. Ruud Jolie se montre particulièrement expressif à la guitare, tandis que l’ensemble conserve cette précision qui permet à Within Temptation de donner beaucoup d’ampleur aux morceaux sans perdre leur lisibilité. La production visuelle, les fumées et les changements de couleurs participent pleinement au spectacle.

La setlist traverse largement les différentes périodes du groupe : « We Go to War », « Bleed Out », « Faster », « The Reckoning », « The Howling », « Stand My Ground », « In the Middle of the Night », « Wireless », « Paradise (What About Us?) », « What Have You Done », « Ice Queen » et « Mother Earth » figurent notamment au programme.

Cette date possède aussi une saveur particulière : Ruud Jolie expliquait avant le concert que le Motocultor était le seul festival français de Within Temptation durant l’été 2026, soulignant l’importance de conserver ce lien avec un public français fidèle au groupe depuis près de trois décennies.

Une prestation maîtrisée et surtout portée par une Sharon den Adel particulièrement inspirée, capable de faire de cette fin de soirée l’un des grands rendez-vous du samedi.

Within Temptation Setlist Motocultor Festival, Europe 2026
Within Temptation - Faster (Live at Rock am Ring 2026)

WITHIN TEMPTATION – FASTER – LIVE AT ROCK AM RING 2026

Omnium Gatherum

00 h 25– 01 h 25 | Supositor Stage | Clément

Pour refermer cette troisième journée, direction la Finlande avec Omnium Gatherum. Le groupe propose un death metal mélodique où les riffs agressifs côtoient des lignes de guitare beaucoup plus travaillées et des passages atmosphériques. Une formule qui permet aux Finlandais de conserver une vraie brutalité tout en laissant suffisamment de place aux mélodies. Après une journée passée à naviguer entre black metal, grindcore, punk, industriel et metal symphonique, leur approche constitue finalement une conclusion assez logique à ce joyeux bordel. De quoi terminer cette troisième et avant dernière journée du Motocultor sur une note à la fois mélodique et musclée.


Avec Omnium Gatherum, notre couverture de cette troisième journée touche à sa fin, alors que Kerampuilh a encore quelques heures de musique devant lui : Perturbator et Nanowar Of Steel prolongeront la nuit jusqu’à 2 h 30.

Ce samedi aura tenu les promesses d’une programmation particulièrement équilibrée et nous aura offert plusieurs des grands moments de cette édition 2026.

Place désormais au dimanche et à une dernière journée qui s’annonce elle aussi passionnante, avec notamment Fit For An Autopsy, Kim Dracula, Witch Club Satan, Airbourne, Judas Priest, Sacred Reich et Arch Enemy.

Le Motocultor 2026 n’a pas encore livré toutes ses cartes.